‹ Les marquilliers laïcs de Notre-Dame de ParisChapitre 108 sur 226 · Pièce justif · texte numérisé non relu

Pièce justif

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de la marguillerie avait tout simplement fait retour à la censive du Chapitre, et c'est dans celle-ci que Berty, Tisserand et Platon ont placé les maisons de la Pucelle d^argent, des Connins^ de VEcrevisse^ de la Crosse^ du Boissel et de la Bannyere qui correspondent vraisemblablement à celles du censier^

Une septième maison dépendant de la marguillerie était située dans la région outre Petit-Pont, intra miiros; elle s'élevait, non pas dans la rue Saint-Jacques même, mais dans la rue des Noyers, très ancienne voie qui venait finir perpendiculairement dans la grande rue en face des Mathurins. Cet immeuble, tenant d'un côié à la maison à l'enseigne de la Grand Couronne et de l'autre à la maison à l'enseigne de la Croix de fer ^ ou mieux peut-être de la Croix de fust^ était sans doute, si l'on consulte l'histoire de la censive du Chapitre, une dépendance de la Grand Couronne entre la rue des Carmes et la rue Saint- Jean de Beauvais^.

Les marguilliers avaient sur ladite maison une rente de 10 deniers, improprement appelée cens par le censier, car ce revenu avait été acquis au profit de la marguillerie à l'aide d'une somme de loo sous léguée par l'évêque Renaud de Corbeil, mort en 1268, pour la sonnerie de son obit. Le fait est rappelé dans l'obituaire de Notre-Dame au 6 juin, et là le revenu y est plus exactement appelé « augmentatus census », crois de cens ou surcens.

Alors que le souvenir des fonds de terre sur les maisons de la rue Saint-Jacques demeurait encore au xvi^ siècle, celui de la rente sur la maison de la rue des Noyers avait complètement disparu : l'aveu de iSyS ne le mentionne pas. On trouvera l'explication du fait si l'on considère le caractère très différent de ces deux revenus. Le droit de fonds de terre, même tombé de fait en désuétude, avait pour lui la tradition persistante du régime foncier féodal. Le surcens n'était qu'une rente constituée; les événements, la ruine de l'immeuble, une mauvaise gestion des biens suflfisaient à le faire tomber dans l'oubli, après que la prescription d'un long cycle d'années l'avait juridiquement aboli.

1. Berty, Tisserand et Platon, Topographie historique du Vieux-Paris, Région centrale de l'Université, p. 23i.

2. Il n'y a pas place entre la Grand Couronne et la Croix de fust pour un immeuble indépendant, mais la Grand Couronne présentait déjà au

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Fief des Tombes.

Origine et limites. — Le fief des Tombes, sis hors la porte Saint-Jacques, est l'élément le plus important, le plus stable et peut-être aussi le plus ancien de la seigneurie foncière attachée à la marguillerie laïque de Notre-Dame.

Deux chartes de 1259 mentionnent deux places vides, outre la porte Saint-Jacques, le long du chemin conduisant à Notre- Dame-des-Champs, sises en la censive des marguilliers et chargées chacune envers eux de 5 sous de cens. Ces deux pièces appartenaient à un certain Robert de Saint-Jacques, dit le Couturier, et à Thomas du Pressoir; elles étaient contiguës et tenaient, d'autre part, à des édifices d'inégale importance, la pièce de Robert tenait à la masure d'Alice la Coiffière, celle de Thomas du Pressoir, à la grange de Jean des Champs ^ Sur la place vide formée par la réunion des deux pièces, Guillaume de Sens, libraire, qui les avait acquises en 1259, édifia une grange, la grange des Sept-Voies, qu'il vendit en 1270 à l'évêque de Paris, à charge pour lui de payer les dix sous de cens pour fonds de terre ^. Les deux terrains non construits avaient été acquis 6 livres en 1259; ils étaient revendus, onze ans plus tard, avec les édifices, 16 livres.

Ainsi, dès le troisième quart du xiii^ siècle, des terrains vagues ou en culture situés sur la rive gauche, immédiatement sous les murs de clôture, se transforment en propriété bâtie, et de ce fait triplent presque de valeur.

Au début du xiv^ siècle, au témoignage du censier de la marguillerie, sept immeubles d'un côté et quatre de l'autre s'élevaient dans la grande rue de Notre-Dame-des-Champs, en allant de la porte Saint-Jacques^ jusqu'à la fausse porte Notre-Dame-des-Champs; une dernière maison s'élevait hors et tenant à ladite fausse porte, soit en tout douze édifices. Les maisons sises en bordure sur le côté gauche de la grande rue

début du XIV' siècle une partie portant l'enseigne de la Petite Couronne (Berty, Tisserand et Platon, op. cit., p. 346).

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