‹ Les marquilliers laïcs de Notre-Dame de ParisChapitre 11 sur 226 · Arch. nat., Xi''4822, fol · texte numérisé non relu

Arch. nat., Xi''4822, fol

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et de nommer, et à l'attribution au titulaire d'un véritable droit de propriété sur sa charge : « Contraignent l'evesque à recevoir les permutacions », dit l'avoctt de 1481. Au xyiii^ siècle, sous forme de résignations par acte notarié, les marguilliers transmettaient l'office acheté par eux à qui s'en voulait rendre acquéreur^ Les lettres de collation délivrées par l'évéque n'étaient plus que l'homologation d'un contrat passé entre particuliers. Nous voyons même des pères, par crainte d'exposer leurs héritiers à des difficultés quant à la récupération de la somme dont ils avaient payé leur charge, demander et obtenir la survivance pour leur fils. Il y eut des marguilliers « in futura successione ))^. Une telle précaution n'avait-elle pas été prise, que vraisemblablement la succession intervenait dans la collation du marguillier appelé à remplacer le défunt; ainsi s'explique la présence d'un notaire^ comme témoin à l'octroi de lettres de provision accordées après décès du titulaire.

La vénalité de l'office n'était pas avouée publiquement. Nulle part les lettres de collation ne font état d'un prix de vente; elles visent directement, sans plus, les contrats privés passés au préalable devant un notaire. Ceux mêmes de ces contrats que nous avons retrouvés, et qu'il nous a été permis d'examiner chez le notaire parisien détenteur des minutes du tabellion de la cathédrale, ne sont pas moins discrets. Ce ne sont pas des actes de vente à proprement parler, ce sont des actes de résignation pure et simple entre les mains du collateur, mais le résignant a soin d'y désigner son successeur.

Un jour vint cependant où il fallut avouer qu'une charge de marguillier de Notre-Dame s'achetait. Ce jour fut celui où les

1. Résignation par Pierre de Combes devant les notaires Bouron et Jousse, le 12 juin 1708, visée dans les lettres de provision de son successeur Nicolas Foënard, bourgeois de Paris (L53i, n" 54). — Résignation par Jean Marays devant les notaires Desnots et Jousse, le i3 mars 1707, visée dans les lettres de provision de son successeur Laurent Feval (L53i, n° 53), etc.

2. Lettres de provision en faveur de Jean Marais, avocat au Parlement, comme futur successeur de Guillaume Marais (9 mars 1686) (L53i,n"49). — Lettres de provision en faveur de Simon Foënard comme futur successeur de Nicolas Foënard (29 avril 1711) (L53i, n° 55).

3. Louis Baudry, notaire au Châtelet, est mentionné comme témoin dans les lettres de provision de Pierre de Combes, greffier à la cour de l'archevêque, successeur de Pierre Le Roux, décédé (24 mai 1692) (L53i, n" 5o).

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marguilliers, après que la Constituante eut supprimé les biens du clergé, craignirent de voir, par la disparition de leur temporel, tarir les revenus d'un capital dont ils avaient fait les fonds. A ce jour, les quatre marguilliers imprimèrent ce que les notaires n'avaient pas consigné dans les contrats manuscrits, le prix dont chacun d'eux avait payé sa charge, six mille livres'. Ils en demandaient le remboursement.

Cette transformation profonde des conditions de recrutement des marguilliers s'explique par deux faits que nous mettrons en lumière dans les chapitres suivants : i^ la charge de marguillier n'impliquait plus aucune obligation de service réel à la cathédrale, elle était devenue purement honorifique; 2° la charge de marguillier comportait, après même qu'elle eut changé de caractère, une part des revenus d'un temporel assez considérable; elle était devenue un avantageux placement d'argent.

Foi et hommage. — Sitôt nommé, le marguillier, homme lige de l'évêque, devait, en présence de témoins, conformément aux usages du droit féodal, prêter à son seigneur serment de foi et hommage. Ce serment devait être renouvelé à chaque changement d'évêque^. Procès-verbal de la cérémonie était dressé et, dans les temps anciens, ce document prenait place dans le cartulaire de l'évêque. En outre, une mention spéciale, marquant l'accomplissement de la formalité de foi et hommage, était ajoutée sur le repli des lettres portant collation de l'office^.

Nous avons déjà signalé plus haut un texte relatif à l'hommage dû par le marguillier ancien, peut-être antérieurement à la constitution de la marguillerie, en 1204^; plusieurs procèsverbaux du xiii^ siècle nous sont parvenus : hommage prêté par le vieux marguillier André, en 1228, à l'occasion de l'avènement de l'évêque Guillaume d'Auvergne^; hommage prêté par

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