‹ Les marquilliers laïcs de Notre-Dame de ParisChapitre 111 sur 226 · CA · texte numérisé non relu

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la modification notable apportée dans la consistance des plus importants d'entre eux résultent de deux faits précis, les empiétements nécessités par l'élargissement des fortifications et le lotissement d'un vaste clos.

Élargissement des fortifications, — Sous Charles V, un nouveau mur d'enceinte, édifié au nord de Paris, recula les limites de la ville fixées au temps de Philippe- Auguste; la muraille méridionale, au contraire, continua de servir d'enceinte à la ville, mais elle fut l'objet de travaux importants dont quelques fragments de comptes publiés jadis par M. R. de Lasteyrie permettent de fixer la date et de déterminer la nature. En iSSy et surtout en i366, les murailles furent réparées, les fossés élargis et recreusés, le système de défense des portes complété par des ouvrages en avant, afin de le mettre en rapport avec les progrès réalisés par Tart de la guerre ^ Pour exécuter ces travaux, il fallut empiéter sur les terrains placés immédiatement en dehors des murs et des portes.

Le fief des Tombes commençait précisément à la porte Saint- Jacques et offrait, en cet endroit, plusieurs grandes maisons. On les abattit.

Les seigneurs possédant là un droit de cens, les propriétaires jouissant des droits utiles sur le sol et sur les immeubles furentils indemnisés ? Y eut-il, avant œuvre, expropriation pour cause d'utilité publique ainsi que nous l'entendons de nos jours? Lorsque Philippe le Bel agrandit le Palais dans les dernières années du xiii^ siècle et au début du xiv^, il y eut bien expropriation avec indemnités compensatrices sous forme de rentes sur le Trésor, allouées aux personnes dépossédées^. Fit-on de

1. R. de Lasteyrie, Fragments de comptes relatifs aux travaux de Paris en i366, dans les Mémoires de la Société de l'histoire de Paris et de l'Ile-de-France, t. IV (1877), p. 270 et suiv. Cf. Sauvai, t. III, p. 124-126, et Bonnardot, Dissertations archéologiques sur les anciennes enceintes de Paris, p. 52 et 268-273. — En i368, Charles V ordonna aux religieux de Saint-Germain-des-Prés de fortifier leur église et d'enclore l'abbaye de murailles. Dom Du Bourg, V Abbaye de Saint-Germain-des-Prés au XIV° siècle, dans les Mémoires de la Société de l'histoire de Paris, t. XXVII, p. 102.

2. Borrelli de Serres, V Agrandissement du palais de la cité sous Philippe le Bel (Paris, 191 1, in-8», extr. des Mémoires de la Société de l'histoire de Paris); Clairin, les Agrandissements du Palais sous Philippe le Bel (Paris, igiS, in-8").

même sous Charles V? Le dépouillement des registres du Trésor des chartes que nous avons fait pour cette période ne permet pas de répondre affirmativement. Du moins faut-il observer que l'état des finances royales était loin d'être au début du règne de Charles V ce qu'il était au milieu de celui de Philippe le Bel, qu'on ne peut non plus assimiler l'œuvre d'agrandissement du Palais du roi poursuivie à loisir, par étapes et dans la mesure des ressources dont on disposait, avec l'entreprise infiniment plus considérable de la réfection des fortifications de la rive gauche et de la construction, dans un vaste périmètre, de la nouvelle enceinte de la rive droite, travaux exécutés hâtivement et sous l'empire de nécessités pressantes. Seules, à ce qu'il semble, quelques communautés puissantes obtinrent, et non sans peine, quelque dédommagement. Les travaux de i358 avaient ôté aux Jacobins leur cimetière, une partie du cloître, le dortoir et le réfectoire ; ils obtinrent du roi, en compensation, le 5 novembre i365, rétrocession de l'hôtel des religieux de Bourgmoyen, de Blois, net des cens et rentes dont il était grevé envers la ville ^ C'est seulement sous Charles VI, le 6 février 1412, que les religieux de Saint- Victor obtinrent la concession de la pêcherie des Fossés parce que précédemment on avait, sans leur autorisation et sans les indemniser, abattu des immeubles et pris des terres en culture dépendant de leur domaine pour la fortification de la ville et l'établissement des fossés 2. Nous ne saurions dire si la Grande Confrérie aux Bourgeois obtint quelque compensation pour l'emprise que nécessitèrent ces mêmes travaux sur leur fief du clos aux Bourgeois, aux abords de la porte Gibart ou d'Enfer^?

Quoi qu'il en soit du fait de l'indemnité, il fallut, pour les travaux de la porte Saint-Jacques et des fossés adjacents, démolir les quatre premières maisons du fief des Tombes qui s'élevaient sur le côté gauche du faubourg; une partie du sol fut employée aux œuvres de fortification et aux chemins qui les bordaient; une autre partie, non utilisée, ne fut pas distraite du fief, mais elle demeura en terrains vagues pendant une quinzaine d'années. Nous verrons plus loin ce qu'il en advint lorsque les

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