I. Arch. nat., S
lyS LES MARGUILLIERS LAÏCS [^QO]
session utile d'emplacements assez vastes, désignés dans la procédure par l'expression « six places •» pour les maisons du Mont-Saint-Éloi, et par celle de « deux places » pour les maisons des moines de Coucy. Ils en rétrocédèrent des fragments par baux à rente comportant condition de bâtir. Le 7 mars 1384 (n. st.), Henry Werry, Jean le Charpentier, Jean Buchet et Girard du Cloistre baillent, à charge de i5 sous de chefcens ou fonds de terre, à Jean Durand, tombier, et Alice, sa femme, une place vide où jadis il y avait maisons, « pieça démolies et abatues pour faire les fossez et fortifications de la ville de Paris », appartenant aux marguilliers en vertu d'un décret du Châtelet, et sises outre la porte Saint-Jacques, près l'églisedes Jacobins, joignant l'hôtel de l'évêque de Paris, contenant 6 toises de large, « sur la chaucée par laquelle on va droit à Notre-Dame-des-Champs », tenant d'un côté audit hôtel et d'autre « à une haye qui est sur la terre foncière desdits marguilliers et fait ladite haye clôture entre eux et l'évêque » ; les preneurs s'engagent « à édiffierde nouvel à leurs propres couz et despens en la dite place, maisons et habitacions, et ycelles soustenir à touzjours perpétuellement » pour garantir le paiement du cens^ Cinq ans plus tard, le 3o mars iBSg (n. st.), un bail analogue, comportant 20 sous de cens, est consenti par les marguilliers Henry Werry, Jean le Charpentier, Jean Buchet et Jacquet Triboul à Michel de Ballon, paveur de grès à Paris, et à Cassine, sa femme, pour une place vide contiguë à la précédente du côté de Saint-Marcel 2.
Les marguilliers éprouvèrent sans doute quelque difficulté à placer ces terrains vagues et à trouver des acheteurs sérieux-^ En 1400 ou 1401, ils avaient dû saisir sur Pierre Le Vasseur, garennier, et Gobert Bouton, une maison outre la porte Saint- Jacques, tenant à celle de Michel de Ballon et chargée comme celle-ci de 20 s. p. de cens''. En 1430 seulement, le 3o avril, Henry du Vielz-Moustier, premier marguillier, et ses collègues
3. Des lettres de Henri VI du 7 mai 1424 avaient renouvelé le privilège de criée des bourgeois, elles visaient les maisons non louées à cause des charges, ou en ruine à cause des guerres (Félibien, t. III, p. 548, 55o).
4. Sentence du chambrier laïc de Notre-Dame validant la saisie, analysée dans les états de titres de i58i et i585.
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Lambert Cathelin, Antoine de Neelle et Jacquet le Maire cédaient, moyennant une redevance de 12 sous de fonds de terre, à un certain Germain Bon Ouvrier, serrurier d'étain, une place vide « où jadis avoit maison et jardin en la grande rue Notre-Dame-des-Champs, au coin de la rue, vers la porte Saint-Jacques, devant et à l'opposite du clos de vigne des Jacobins, tenant aux fossés en allant vers Saint-Marcel et aboutissant au clos de mur de Gillet Thierry », à charge de construction jusqu'à concurrence de 12 livres. Germain Bon Ouvrier, en dépit de son nom, ne fit pas fortune, car quinze ans plus tard, son bien était hypothéqué pour 20 s. p. de rente rachetable au prix de 8 1. 8 s. envers Guillaume Hemonet, notaire; pour se libérer, il vendit sa maison le 9 février 1447 (n. st.), moyennant 10 écus d'or, à Pierre Morin, marchand boucher. Ce fut l'origine des boucheries du faubourg Saint- Jacques, qui étaient encore chargées de 12 sous de cens à la fin du xviii« siècle, soit exactement la redevance portée au bail de 1430^
Environ cinquante ans plus tard, quatre maisons s'élèvent sur les. terrains attribués aux marguilliers par l'arrêt de i382, dont une neuve à l'angle des deux rues appartenait à Volo^ Bruyère, boucher, également propriétaire d'un immeuble sur l'autre côté du faubourg, cette maison neuve était grevée de rentes qui donnèrent lieu à une transaction le 4 mars 1474 (n. st.); vendue à rente par la succession Bruyère, le 7 mars 1478, elle tenait d'une part àDenisot Jehan et d'autre à Jean Chevalier, et était chargée de 10 sous de cens. Denisot Jehan, alias Denis Jouan, boucher, était propriétaire de deux maisons, l'une à l'enseigne du Cigne, l'autre à celle de Saint- Christophe, du côté de Saint-Marcel, à charge de 5 sous de cens. La maison de Jean Chevalier, tisserand de toile, se trouvait sur le faubourg Saint-Jacques, car elle-même tenait d'autre part à la grange des Sept-Voies.
1. Les deux actes de 1430 et de 1447 sont dans le carton S 853. Germain Bon Ouvrier émigra sur une place vide que lui concéda la ville à condition de bâtir entre les portes Bordelles et Saint-Jacques, mais il en fut empêché par les religieux de Sainte-Geneviève (KK 407, 408 et 410).
2. On serait tenté de corriger ce prénom Volo en Noël, mais la forme Volo se retrouve un si grand nombre de fois dans des documents variés que la correction serait très osée.
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Au xvi^ siècle, sur ce même emplacement, jadis occupé par les quatre maisons du censier de i3ii-i3i6 et visées par l'arrêt de i382, s'élèvent : i» quelques échoppes, correspondant à une des maisons de Denis Jouan, du côté de Saint-Marceau ; 2° une grande maison d'angle qui appartint successivement à Jacquin Jacquinet, cordier, puis à Guillaume de Recouvrance; après la mort de Guillaume de Recouvrance, cette maison fut morcelée entre ses héritiers, et les immeubles changèrent souvent d'enseignes; 3° une maison où se trouvaient six étaux de bouchers loués à divers parla Sainte-Chapelle; 401a maison de VÉcude Milan; 5» celle de la Truie qui file; 6^ celle du Cerf ou du Mont- Saint-Michel; 70 et, enfin, celle des Maillets. Ces immeubles représentaient un cens total de 69 s. 6 d. vers i53o-i533 et de 57 s. 5 d. d'après l'aveu de 1573. La perte était minime si l'on considère le cens primitif de 66 s. p. 2 d. t. dû par les quatre maisons existant au début du xiv^ siècle et si l'on tient compte de la reprise de fief exercée par le roi pour les fortifications.
Le lotissement du clos l'Évêque, de même que l'expropriation et ses suites, ne laissa pas que d'influer sur le montant des cens correspondant aux terrains divisés. Les deux pièces réunies au milieu du xiii^ siècle entre les mains de Guillaume de Sens et cédées par lui à l'évêque, en 1270, étaient chargées chacune de 5 sous de cens, soit au total 10 sous. Un acte de i3o9, dont malheureusement nous n'avons plus qu'une trop brève analyse, visait cette redevance de 10 sous*. Peu d'années après, elle n'est plus que de 7 sous, somme qui est portée au censier de i3ii-i3i6^. A l'aveu de 1466, c'est encore la même somme de 7 sous qui est indiquée. Du clos de vigne, il n'est pas question dans ces documents autrement qu'à titre d'indication topographique.
Les marguilliers prétendaient cependant à la censive sur ce clos et ils l'inscrivirent pour 41 s. 4 d. dans l'état de leurs revenus, dressé vers i53o-i533, quelques années avant le lotissement. Celui-ci effectué, la situation, au point de vue du cens, fut la suivante : le Mortier d'or et la Rose^ 7 s. 6 d.; la maison voisine, la Queue de Renard ou le Petit monde, 7 s.; tout ou