‹ Les marquilliers laïcs de Notre-Dame de ParisChapitre 39 sur 226 · Lettres de non-préjudice du 20 juin 1569. Pièce justif · texte numérisé non relu

Lettres de non-préjudice du 20 juin 1569. Pièce justif

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marguilliers tenaient à affirmer leurs droits, même les plus minimes et les plus singuliers!

Sonnerie des cloches.

Les marguilliers devaient « annoncer à l'évêque les heures du jour », ce qui équivaut à dire qu'ils devaient sonner les cloches pour appeler aux offices. La charge de la sonnerie était tellement bien l'essentiel de leur fonction qu'une cloche symbolisait la marguillerie sur le sceau commun aux quatre marguilliers.

Avant que d'exposer en quoi consistait ce service, les émoluments qu'il comportait et les transformations qu'il subit avec le temps, nous devons présenter ici quelques notions sommaires sur l'histoire même des cloches. Nous nous abstiendrons toutefois d'entrer dans des détails techniques sur les opérations de fontes, réparations, accords et autres particularités campanaires; les archéologues trouveront dans les extraits des délibérations capitulaires que nous publions des renseignements dont le commentaire nous entraînerait trop loin de l'histoire de la marguillerie de Notre-Dame'.

Historique des cloches. — La plus ancienne mention des cloches de Notre-Dame se trouve dans un acte d'Eudes de Sully, en date de iigS, relatif à la fête des fous^. Avant 1248,

1. Parmi les ouvrages anciens relatifs aux cloches, nous signalerons particulièrement celui de Roujoux, curé de Fismes, Traité théorique et pratique des proportions harmoniques de la fonte des cloches (Paris, Noyon, 1765, in-S", vin-143 p., pL), qui fut publié dans le but de vulgariser auprès des fabriques et communautés religieuses les secrets des fondeurs. La bibliographie campanaire moderne est extrêmement riche, il nous suffira de citer les nombreux travaux de M. Berthelé, le recueil périodique Ephemeris campanographica^ fondé récemment par cet érudit, ses Archives campanaires de Picardie rédigées d'après les archives des Cavillier, et, au point de vue à la fois historique et technique, les Cloches et carillons de la cathédrale de Bayeux, par E. Anquetil, dans Société des sciences, arts et belles-lettres de Bayeux, XP vol., igio, p. 33-124, les Cloches et fondeurs de cloches, enquête campanaire dans l'Yonne, par Ch. Porée, dans le Bull, archéol. du Comité des travaux historiques, 191 1, p. 229 à 3oi, et les Church hells ofEngland de H. B. Walters (Londres, 1912, in-S", xx-400 p.).

2. « In vigilia festivitatis, ad vesperas, campane ordinate, sicut in dupplo simplici pulsabuntur. » Guérard, t. I, p. 74. Cf. V. Mortet, Notes historiques et archéologiques sur la cathédrale et le palais épiscopal de

date de sa mort, i'évêque Guillaume d'Auvergne fit don à la cathédrale d'une cloche portant son nom '. Le Livre des métiers mentionne vers 1268 le gros saint de Notre-Dame^. Un acte de 1283, dont M. Aubert a le premier signalé l'intérêt à cet égard ^, donne le nom de quatre cloches qui avaient besoin de réparations : la Pugnèse^ Chambellan^ Guillaume et Pasquier; il en existait au moins une autre qui était alors en bon état.

Un règlement de la sonnerie inséré dans les statuts des marguilliers vers i3ii-i3i6 distingue les cloches de la tour, au nombre de huit, savoir : quatre gros saints, deux moyens"* et deux moineaux, de celles du clocher, au nombre de six : la Pugnèse^ la cloche de tierce, deux petits saints pareils et deux échelettes. Une septième également citée à propos de la sonnerie du clocher, la Clopette^ était probablement une clochette à main, peut-être la cloche de bois dont parle Du Breul^.

Si ce règlement du début du xiv^ siècle ne donne pas les noms des huit cloches de la tour, nous pouvons cependant identifier quelques-unes d'entre elles. Pour Chambellan^ Guillaume et Pasquier^ déjà citées en i283, il n'y a pas de doute, car des documents de la fin du xiv^ siècle les mentionnent encore. Les noms de deux cloches, Gilbert et Louis ^ apparaissent pour la première fois dans un compte de i335-i336, mais y apparaissent à propos d'une réparation, c'est donc que ces cloches existaient avant cette date. Soit cinq cloches identifiées sur huit ; les noms des autres nous échappent. Pour l'une d'elles, on pourrait être tenté de proposer le nom de Marie^ mais cette restitution est très incertaine. Les documents, imparfaits il est

Paris. I : l'Age des tours et la sonnerie de Notre-Dame de Paris au XIII^ siècle et dans la première partie du XIV" (Paris, igoS, in-S").

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