Requête de 1790. Pièce justif
2. Voy. dans le Livre des serments de Notre-Dame (LL 79) les procèsverbaux d'un certain nombre de ces réceptions dont il serait intéressant de dresser la nomenclature, à l'instar de ce qu'a fait M. l'abbé Ghartraire pour la métropole de Sens, d'après trois manuscrits, dont l'un, connu sous le nom de Pontifical de Metz, est d'origine parisienne (Ghartraire, Carhil. du chapitre de Sens, p. 175 et suiv., et Bull, de la Soc. archéol. de Sens, t. XXIII, p. 122 et suiv.).
3. Tout chanoine nouvellement nommé devait au Trésor de Notre-Dame le prix d'une chape fixé uniformément à 24 florins d'or jusqu'en i363 et à partir de cette date à i5 florins (Guérard, t. III, p. 43i); voy. encore sur cette redevance de i5 florins d'or pour une chape de soie un acte de 1390 (L 464, n° 89). Les extraits de comptes de la chevecerie et de la fabrique compris dans le registre LL 270 contiennent de nombreuses recettes de cette nature.
recevaient souvent de leurs amis quelque présent de circonstance : corporalier, chasuble ou autre objet de culte. Les marguilliers prétendaient assimiler ces présents aux offrandes faites à l'église et se les approprier dès lors que ce n'était ni or, ni argent, ni cire, toutes choses réservées à l'évêque ou à la fabrique. Deux incidents, dont le détail nous est connu, montrent à quel point cette coutume était vexatoire pour ceux qui la subissaient.
En i535,à un dimanche des octaves de la Saint-Martin d'hiver, soit le 14, soit le 21 novembre, Jean Moreau, chanoine de Saint-Denis-du-Pas, était venu dire sa première messe à Notre- Dame. A cette occasion, on lui avait donné un corporalier de satin cramoisi brodé aux armes de la Passion. C'était là un souvenir que le nouvel intronisé devait évidemment tenir à garder en dépit du droit des marguilliers. Il leur adressa une humble requête qui les attendrit; ils consentirent à laisser au jeune prêtre son corporalier, dont personnellement ces quatre bourgeois, un d'eux était procureur au Parlement et un autre médecin, n'avaient évidemment que faire; toutefois, ils eurent bien soin de faire dresser sans délai, dès le 26 novembre, pardevant notaire, une reconnaissance de non-préjudice'.
Même aventure arriva à Pierre Letier, chanoine diacre de Saint-Jean-le-Rond, lorsqu'il vint dire sa première messe, le 8 mai i558, au grand autel de la cathédrale. Ses amis lui avaient offert une chasuble de damas rouge et un corporalier de velours violet. Averti par un autre chanoine de Saint-Jeanle-Rond, Pierre Crochet, du sort qui était réservé à ces ornements, il dépêcha ledit Crochet aux marguilliers. Ceux-ci montrèrent à la fois la même condescendance et la même prudence qu'envers le chanoine de Saint-Denis-du-Pas, ils laissèrent à Letier sa chasuble et son corporalier, mais il dut leur passer déclaration de non préjudice pour ce qui n'avait été accordé que par « bon amour, dilection et affection » et remis qu'avec « protestation ». La déclaration tarda toutefois plus longtemps à venir qu'avec Moreau, car l'offrande remontait au dimanche 8 mai i558 et l'acte ne fut passé que plus de treize mois après, le mardi 20 juin iSSg"^. On voit parla à quel point les
1. Lettres de non-préjudice du 26 novembre i535. Pièce justif,