Théâtre des Antiquité:^ de Paris^ p
3. Les refontes isolées entraînaient toujours une difficulté pour accorder une cloche neuve avec d'autres déjà usagées; voy., à ce sujet, la délibération du chapitre du 20 avril 143 1 concernant l'accord de Marie avec Jacqueline^ et les très intéressantes remarques techniques présentées dans un rapport d'experts du 5 septembre 1729 au sujet de la réception de Guillaumey qui, avec trois autres, formait ce qu'on appelait alors les quatre coins (L 538, n" 3i). Cf. encore la délibération capitulaire des 27 et 28 juin, 2 août i553. Pièces justif.
4. Le parrain fut la ville de Paris, représentée par le prévôt des marchands Henri de Fourcy et par les échevins, et la marraine la duchesse de Gréqui, femme du gouverneur de la ville; le baptême eut lieu le r"" décembre 1684 (voy. procès-verbal de la cérémonie, L 538, n" 25).
5. Sur cet ouvrage, anonyme, et les auteurs auxquels il convient de l'attribuer, voy. Marcel Aubert, Un guide de Notre-Dame illustré par Gabriel de Saint-Aubin, dans Société d'iconographie parisienne, 1910.
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i56i avec Laurent Le Roy, fondeur à Paris ^ Ces quatre cloches furent reçues le 23 octobre de la même année par les deux fondeurs experts au nom du chapitre, Guillaume Hureau et Jean Alexandre^. Elles portaient, dit Gilbert, les initiales HD entrelacées de Henri II et Diane de Poitiers. Gueffier et Montjoye s'exagèrent donc l'antiquité des six Babillardes du clocher lorsqu'ils les représentent comme tellement anciennes qu'il est imposssible de « sçavoirle temps où elles ont été fondues». Ce même auteur nous donne le nom de ces cloches et vante leur harmonie, c'étaient : Anne dite la Bahelle^ Barbe dite la Muette^ Magdelaine dite Matiphas^ Catherine dite V Extrême-Onction^ la cloche du chapitre et la cloche d'appel du sonneur. Cette dernière doit s'identifier avec la Pugnèse^ qui existait dès le xiii^ siècle. La cloche Magdelaine dite Matiphas rappelait le nom de l'évêque Simon Matifas de Bussy, mort en 1804. Mais sans doute, comme toutes les autres cloches, avait-elle été une ou plusieurs fois refondue tout en conservant son nom primitif. Ce respect de l'appellation d'origine fut en effet une règle dont le chapitre de Paris se départit rarement^, ainsi qu'on pourra s'en convaincre par les notes dans lesquelles nous avons groupé quelques renseignements concernant les destinées de chacune des cloches les plus importantes.
Le décret du 25 juin 1791 ordonna la fonte des cloches des églises supprimées et celui du 14 avril 1792 prescrivit dans le même but la réduction du nombre des cloches existant dans les églises conservées à titre d'églises paroissiales, de succursales ou d'oratoires nationaux^*. Des arrêtés du Corps municipal ordonnèrent le 25 et le 26 mai une suppression de cloches dans l'église métropolitaine et paroissiale de Paris. Quatre-vingts membres de la section de Notre-Dame signèrent une protestation qui donna lieu, le 14 juin, de la part du citoyen J.-B.
1. L 538, n" 16. — Cf. Délibération capitulaire du i" octobre i56i (pièce justif.) qui donne le poids de chacune d'elles.
3. Des délibérations de principe furent prises à cet égard (28 juin i552, 3 juillet 1641).
4. Voy. C. Bloch, Commission de recherche et de publication dés documents relatifs à la vie économique de la Révolution. La monnaie et le papier-monnaie, instruction, recueil de textes et notes (Paris, 1912, in-S^j
Oudet, à des observations imprimées ^ La section elle-même décida le i6 et le 19 juin d'en délibérer, et, au lendemain des événements du 20 juin, elle ne craignit pas de faire opposition aux arrêtés municipaux et un exploit d'huissier notifia ladite opposition le 25 juin au sieur Gilbert, concierge des tours, clochers et cloches de l'église métropolitaine, afin qu'il interdise l'entrée des tours à ceux qui voudraient enlever ou briser les cloches et pour qu'il prévienne sans délai le président de la section de toute tentative qui serait faite dans ce sens^.
Ce formalisme juridique ne pouvait sauver les cloches de Notre-Dame. Le sonneur Gilbert assista à leur destruction. Marie^ le second bourdon^, cassée en 1792, et les huit cloches de la tour nord furent « métamorphosées en un numéraire sale et incommode ». Seul le gros bourdon, Jacqueline dite Emmanuel^ survécut à l'ancienne sonnerie, mais les Parisiens ne l'entendirent plus qu'en 1802'*.
En i856, la sonnerie de la tour nord fut restaurée par l'établissement de quatre cloches^, et une cloche prise à Sébastopol vint dans la tour sud faire pendant à Emmanuel^ à la place occupée jadis ^QlV Marie, Ce trophée de guerre de Napoléon III reçut le nom de Sébastopol^ il a été rendu au gouvernement russe en 1913^.
Entretien des cloches. — Au xiii« siècle, c'était à qui, de l'évêque et du Chapitre, ne supporterait pas les dépenses nécessitées par l'entretien des cloches. Le Chapitre prétendait que l'évêque devait fournir pour toute cloche neuve mise en place dans la tour ou dans le petit clocher les cordes, les treuils, bé-
1. Il y est fait allusion dans la pièce citée à la note suivante.
2. Récit et extrait des délibérations de l'assemblée générale de la section de Notre-Dame en ce qui concerne les cloches. Paris, veuve Hérissant, 1792, in-8°, II p. (Bibl. nat., Lb^o 2011).