‹ Les marquilliers laïcs de Notre-Dame de ParisChapitre 55 sur 226 · Délibération capitulaire du 8 octobre iSgy. Pièce justif · texte numérisé non relu

Délibération capitulaire du 8 octobre iSgy. Pièce justif

2. « In factione campane Marie, fabrica tenetur clerico dicte fabrice in quadam pecunie summa plenius infra declarata. — Per finem compoti clericus fabrice tenebatur dicto officio in SSg 1., que summa fuit implicata in receptis compoti magnae campanae Mariae. » (Extrait du compte de la fabrique, 1378-1379, LL 270, fol. 184 ï" et v°.) — « A magistro Th. Tornatoris, pro uno milliario metalli de residuo campane dicte Marie, ad mandatum dominorum de capitulo, per clericum fabrice tradito, nomine Régis magistro Jo. Jouvente, campanario, pro implicando in campana de novo facta in ecclesia S. Dyonisii in Francia ... Pro reassedendo et in priori statu reformando columbas cum archis de claustro laceratis pro funditura campane dicte Marie. » {Idem, i37g-i38o, LL 270, fol. 19.)

78 LES MARGUILLIERS LAÏCS [iQO]

état des lieux où l'on avait brisé l'ancienne cloche et fondu la nouvelle, notamment des écoles de Saint-Denis-du-Pas, du cloître et du parvis.

Les opérations, commencées dans l'avant-dernière semaine de mars iSgô (n. st.), ne furent complètement achevées qu'à la minovembre. Un grand nombre de marchands, de gens de métier et de manœuvres y coopérèrent à des titres divers sous la direction de Thomas de l'Hay, charpentier juré de l'église, de Thomas de Claville, fondeur parisien, et de Thomas de Beauvais, serrurier. 12,284 livres de métal furent mises en œuvre, savoir 800 livres achetées du prieur de Saint-Martin-des-Champs et provenant sans doute de quelque vieille cloche de cette église, 793 livres achetées à un certain Renaud Morise, rue Saint-Martin, 221 livres d'étain achetées à l'épicier Jean Testart, rue Saint-Denis, 120 livres provenant d'une petite cloche du clocher de la cathédrale, 9,35o livres fournies par la cloche Marie elle-même et 1,000 livres provenant d'une autre cloche Marie « de residuo alterius campane dicte Marie » ; il faut sans doute entendre par là un résidu de la fonte de 1 378-1 379. Il resta cette fois encore 2,000 livres de métal bon et 60 livres de métal impur, et 60 livres d'étain, qu'on employa en partie pour la réparation des orgues et pour la soudure des verrières de la cathédrale. Le poids de la nouvelle cloche ressort ainsi à 10,164 livres. Le montant total de la dépense fut de 410 livres 16 sous 6 deniers obole parisis^

La cloche Marie ayant de nouveau été endommagée en 1397, ^^^ contestation s'éleva entre l'évêque et le chapitre au sujet de la réfection 2. Un expert fut désigné qui attribua l'accident à un défaut de fabrication. La responsabilité de l'évêque étant écartée, le chapitre s'inclina et consentit à faire les frais de

1. G. Fagniez, Compte de la refonte d'une cloche de Notre-Dame à Paris en i3g6, dans la Bibliothèque de l'École des chartes, t. XXXIII, p. 365 et suiv. Un court extrait du même compte a été également publié en 1887 par M. E. Coyecque dans les Nouvelles Archives de l'Art français, 3^ série, t. III, p. 88. Le document jadis coté L 5i5 est actuellement dans le carton L464 (n° 145). — Cf. le compte de fonte d'une cloche de la cathédrale de Sens (mars 1394) publié par Ch. Porée dans le Bulletin archéologique, 191 1, p. 275 et suiv.

2. Voy. délibérations des i3 décembre 1397, i" juillet 1398 (Pièces justif.) et l'accord entre l'évêque et le chapitre, 27 mars 1399 (n. st.), L464, n» i5o.

[iQl] DE NOTRE-DAME. yC)

la refonte. Il demanda de l'argent au roi, reçut aussi d'un des chanoines, Jean Hue, un don de loo francs ^ Dans l'assemblée capitulaire du i6 février 1402, on décida de descendre Marie; dans celle du 3 avril, on désigna le chanoine délégué à la refonte et dans celle du 22 novembre on alloua 5o francs d'or au fondeur sur les fonds de la fabrique^.

Au mois de janvier 1430, le chapitre fit visiter MaiHe par Robert Chauvin, charpentier de l'église, et par le fondeur qui s'occupait alors de la refonte de Jacqueline ^ probablement Guillaume Ciflet. Ces hommes de l'art constatèrent que les « hunes » par lesquelles la cloche était suspendue ne tenaient guère et que la chute de la cloche était à redouter. Sur ce rapport, le chapitre interdit de sonner Marie jusqu'à ce qu'elle ait été ou réparée ou refaite^ : ordre fut donné le 21 juillet 1430 de la descendre du beffroi^, mais le Chapitre, qui supportait alors les frais de refonte de Jacqueline, n'était guère en mesure d'assumer une nouvelle dépense considérable. Des quêtes furent organisées^ et quelques dons furent faits, Antoine de Lanco donna 10 francs^, J. Ysambert 5o nobles d'Angleterre, mais telle était la détresse du chapitre qu'il devait bientôt faire usage de ces deniers pour d'autres besoins plus pressants^. Il fallut renoncer à une réfection et se contenter d'une réparation, sous réserve d'examiner au préalable si cette simple remise en état permettait d'accorder Marie avec Jacqueline. Cela sans doute ne parut pas impossible et l'on persista dans le projet qu'on avait formé d'accoupler ces deux grosses cloches dans le beffroi neuf à la base duquel on les avait placées dès le 7 août 1 430. On affecta à la réparation de Marie 24 saluts en avril 1431^, puis en mai on revendit toute la « mitaille » qui avait été donnée par quelques braves gens en vue de la refonte^. On s'aper-

1. Délibérations capitulaires du 4 février 1400 et du 4 octobre 1402. Pièces justif.

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