Guérard, t. III, p
2. Acte passé sous le scel de l'official par « Johannes Galandi, perpetuus matricularius ecclesie Parisiensis procuratorque venerabilis viri et discret! magistri Radulphi de Roseto, canonici Parisiensis receptoris et administratoris temporalium reverendi in Christo patris acdomini S., Parisiensis episcopi )) (Guérard, t. III, p. loi).
3. L'identité des prénoms pourrait faire croire à l'identité des personnages lorsque les dates des unes et des autres sont assez rapprochées; mais il n'en est rien, un certain nombre de contrats nous font connaître les noms des quatre marguilliers en fonction en même temps, ce qui permet de distinguer les uns des autres des homonymes presque contemporains.
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Jean et Guillaume Marais, deux Moussinot, Simon et Nicolas Foënard, Louis Sulpice et Louis Dumontier, Charles-Marie et Charles Angar. A défaut d'actes de résignation ou de vente d'office, l'identité de domiciles décèle encore des liens ou des affinités que la différence des noms ne fait pas soupçonner : Huguier succède en lySy à Huet, tous deux habitaient rue des Cinq-Diamants; Robert, qui remplace en 1738 Desquinemare, habitait comme lui faubourg Saint-Antoine, près les Enfants- Trouvés; Jean Beschepoix, qui en 17 18 occupe la place d'Etienne Caron, était certainement allié à son prédécesseur, car sa femme était née Catherine Caron,
Ce n'étaient pas seulement des liens réels de parenté qui rattachaient les uns aux autres tous ceux qui faisaient partie de ce petit monde de la marguillerie, c'était aussi, pour beaucoup de ces officiers, la communauté ou l'analogie de leurs professions respectives.
A la fin du xvi^ et au xvii^ siècle, presque tous les marguilliers sont des procureurs au Parlement ou au Châtelet; à la fin du xvii'^ et dans la première moitié du xvni^ siècle, les charges sont surtout entre les mains de notaires apostoliques, de greffiers de rOfficialité ou de greffiers au Parlement; au milieu du xviii^ siècle, les marchands et bourgeois se font plus nombreux, et, parmi eux, on compte plusieurs maîtres de pension.
Ces situations, à coup sûr honorables, mais généralement modestes, ne contribuaient pas à relever le prestige de la marguillerie déjà singulièrement réduit. N'exerçant plus aucun rôle actif dans la cathédrale, n'y percevant du reste plus guère d'émoluments, du moins les marguilliers prétendirentils y conserver un rang convenable. Alors commencèrent les querelles de préséance.
Claude Alleaume, procureur en Parlement, qui fut marguillier de 1642 à 1661, se plaignit de l'archevêque, que Pierre Fournier, autre procureur en Parlement, ayant obtenu la charge de procureur du Chapitre, prétendait, au mépris des privilèges des marguilliers ^ aller à l'offerte avant eux et avoir le pas sur eux aux autres cérémonies. Des gens, qui ne connaissaient pas la haute distinction de l'office des marguilliers,
avaient osé les appeler « bedeaux » ^ et les confondre, eux qui étaient pourvus de (c charges de judicature et d'emplois au-dessus du commun », avec les huissiers et les sergents, avec les gens de métiers. Pour mettre fin à cette humiliation, les deux marguilliers en exercice en 1674, Guillaume Marais, greffier de rOfficialité, et Jean Roger, notaire apostolique et greffier des insinuations ecclésiastiques, demandèrent au Chapitre à ne plus quitter leurs stalles au chœur pour vaquer aux pratiques rituelles qui leur incombaient que précédés d'un huissier. Le Chapitre fit droit à cette requête le 5 février 1674^.
Au xviii^ siècle, le conflit se déroula entre les marguilliers laïcs et l'huissier de la juridiction du Chapitre. Déjà le bailli, le procureur fiscal, le greffier avaient obtenu le pas sur eux à titre de gradués, et voilà qu'au jour de Pâques le sieur Guichard, huissier de la juridiction, avait prétendu suivre immédiatement les officiers de judicature et passer devant les marguilliers.
L'huissier ne devait prendre rang qu'après les francs-sergents; il est vrai qu'au temps du sieur Barbe, prédécesseur de Guichard, l'huissier du Chapitre, ayant été pris parmi les huissiers priseurs au Châtelet, et, à ce titre, portant la robe, avait obtenu une place au chœur et rang avant les francs-sergents, mais pas avant les marguilliers, seigneurs censiers du fief des Tombes, seuls officiers astreints au serment. Le bailli, en soutenant les huissiers, faisait injure à la compagnie des avocats au Parlement, à laquelle appartenait l'un des marguilliers. L'huissier disait de son côté que les marguilliers laïcs n'avaient aucune autorité ni fonction de justice; institués pour vaquer aux soins de l'église et assurer les sonneries, « ils se sont, par succession de temps, affranchis de ces fonctions serviles, celles dont ils s'acquittent seulement à présent sont d'al-
1. Cette appellation, qui sonnait mal à l'oreille chatouilleuse des marguilliers, se trouve déjà dans la relation de la réception du légat à Notre-Dame en 1625 : à l'entrée du chœur, l'archevêque, vêtu de ses habits pontificaux, se tenait entouré d'un prêtre portant la crosse, d'un chanoine tenant la croix enrichie de pierreries, d'un autre chanoine tenant un livre couvert d'argent et des « bedeaux » portant baguettes (Félibien, t. V, p. 565).