LA 0*°* COURET DE VILLENEUVE
Tous ceux qui approchèrent cette aimable femme sont unanimes dans leurs regrets. — Ils rendent C elle ce témoignage que jamais elle ne connut ni n'inspira un sentiment d'inimitié, que jamais une parole mauvaise ne sortit de ses lèpres.
En est-il beaucoup dont on pourrait faire un semblable éloge? «
La comtesse de Villeneuve était née Mathilde Waller; elle avait épousé le comte Couret de Villeneuve. De ce mariage sont nés six enfants.
Avec la bonté infinie, la générosité de cœur qui la caractérisaient, M mo de Villeneuve rendait son intérieur charmant autant à son mari qu'à ses enfants. Épouse aussi tendre que mère affectionnée, elle donnait à tous son plus entier dévouement.
Chacun pouvait croire qu'il avait tout d'ellemême.
Autour de son foyer, elle groupait des amis qui appréciaient le charme de cette intimité, qui rendaient justice à ce que son âme contenait de qualités exquises.
Au moment où s'ouvrait la vente, au Bazar de la Charité, M. de Villeneuve était absent.
MADAME CUMLLIER
M** Curiïïîer. Me Carrière, était âgée de quarante aa*s; ette était la s*rur de M* DïUave avec laquelle efte était Tenue an Bazar de la Charité et qui par-
Femme du médecin-vétérinaire, habitant un quartier pauvre et populeux. M"* Cuvillier s'y était fait aimer autant que respecter.
Autour d'elle. eOe répandait de larges aumônes; elle rendait de nombreux services, ce qui est plus difficile que de donner et est certes de beaucoup plus rare.
Au Raxar de la Charité, elle vendait pour l'Œuvre agricole de Saint-Francois-Xavier.
Avec elle, vendaient ou achetaient sa sœur M* ! Diilave et leur amie. M** Gosse. Elle avait amené avec elle sa petite tille âgée de quatre ans.
La ehère mignonne se faisait une fête de cette après-midi qu'on lui avait promise comme une récompense.
On ne s'était pas trompé.
La récompense c'était Jésus-Christ qui aime les «•nfants qui devait la lui donner.
Préservée des souillures de la vie. elle allait, toute pure, retourner vers son Créateur.
En effet aucune des personnes que nous venons de nommer ne devait sortir de la fournaise avide d'une proie chrétienne.
M. Cuvillier, privé en ce cruel jour de sa femme, de sa fille, ne peut encore concevoir que la consolation soit possible.
Espérons que Dieu lui apparaîtra comme Tunique source du courage, de la résignation.
Lorsque l'incendie envahit la salle, elle causa î avec son amie, M mo Carruêl de Saint-Martin.
La femme de chambre de cette dernière fit des efforts infructueux pour sauver sa maîtresse.
En même temps elle entendit M*' de Damas que la terreur avait immobilisée, pousser Un grand cri et la vit tomber la face contre terre.
Son corps fût l'un des plus complètement carbonisés. M"° de Damas avait soixante-huit ans.
Selon sa constante habitude, elle avait, le matin même, ainsi qu'elle le faisait tous les jours, entendu la messe et reçu la communion.
MADAME DILLAYE