MADAME GERMAIN
Les personnes qui dirigent les œuvres de charité savent seules quelle ingéniosité il faut déployer pour augmenter les ressources nécessaires à leur fonctionnement.
C'est cette ingéniosité qui devait conduire Madame Germain au seuil de l'éternité.
M -0 Germain, née Desmazières, était veuve; elle consacrait ses loisirs à un grand nombre d'œuvres dont elle s'occupait avec une généreuse activité.
L'orphelinat de Clichy, dirigé par les Sœurs de la Charité, était l'une de celles auxquelles elle s'était spécialement donnée.
Dernièrement une loterie avait été organisée au profit de cette œuvre qui avait aussi obtenu un comptoir au Bazar de la Charité.
M"* Germain avait été priée d'en être l'une des vendeuses.
Cependant plusieurs de ses amies avaient accepté la même tâche.
Dans un sentiment de délicatesse qu'on appréciera, M"" Germain avait voulu leur laisser tout l'honneur d'une fructueuse recette.
Pour ne pas leur faire concurrence, elle n'avait pas envoyé de lettres de vente.
Cependant, elle n'entendait pas que ses pauvres orphelins souffrissent de son abstention.
. Elle avait imaginé, de vendre des billets de loterie.
A cet effet, elle arriva de bonne heure à son comptoir, situé non loin de la porte.
Lorsque la catastrophe se produisit, dans la foule qui se précipitait vers la sortie, M™ Germain tomba.
La frayeur occasionnait-elle une congestion, la malheureuse frit-elle ensuite atteinte par une des poutreB en fer de la toiture qui s'abattaient avec fracas? C'est ce qu'on ne peut dire.
Toujours est-il que seB brûlures étaient insignifiantes.
En revanche, elle portait une horrible blessure au milieu du corps.
Elle laisse deux fils dont le désespoir est bien concevable.
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