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MADEMOISELLE LOUISE GERONDEAU
M" Louise Gérondeau était la zélée collaboratrice d'une œuvre qui est certainement Tune des plus ingénieuses qui se puisse rencontrer.
Nous n'apprendrons à personne que M mo la baronne Reille, charitable à l'excès, est en môme temps douée d'une grande activité et d'une intelligence de choix.
Sachant ce que coûtent les œuvres, elle n'a qu'un souci : augmenter leurs ressources.
A cette fin, elle s'est faite commerçante, elle devint chimiste !
N'est-ce pas une pensée charmante?
Elle fonda la parfumerie Sainte-Geneviève où elle débite les parfums qu'elle prépare elle-môme.
Elle y joignit de la papeterie, de la maroquinerie et affecta à ses œuvres le produit intégral de son commerce.
Au Bazar de la Charité, elle avait derrière le buffet un petit magasin, où pouvaient venir s'approvisionner les vendeuses dont les comptoirs s'étaient trouvés dégarnis par suite de l'affiuence des acheteurs.
M IIe Louise Gérondeau était la comptable de M "• la baronne Reille.
une dizaine de fenêtres par où la foule eût pu s'échapper. Pas une n'a été utilisée ! C'est en revenant sur mes pas pour ouvrir une de ces fenêtres que j'ai dû me blesser à la main. Mais, à ce moment, il était déjà trop tard : la fumée et les flammes gagnaient J'ai dû fuir à mon tour. Pendant ce temps, la foule, refluant vers les portes d'entrée, venait s'écraser contre les « tambours » qui faisaient obstacle... C'est dans ces deux horribles coins que nous trouvions, un quart d'heure après, en deux tas, cent cadavres amoncelés. Même pour ceux qui ont connu les pires drames de la guerre, c'est un spectacle d'une horreur inoubliable. »
Il est évident que ces malheureuses victimes ont été asphyxiées par la fumée brûlante en cherchant vainement à se diriger vers la porte.
H™ la marquise Costa de Beauregard a dû user d'une énergie sans pareille pour se dégager de la foule. Elle parvint à sortir non sans avoir reçu de cruelles blessures.
La pauvre M mo Gohin fut moins heureuse.
Elle partagea le sort des nombreuses victimes qui étaient venues mourir dans le voisinage du comptoir.
Elle laisse une fille de quatorze ans, une de dix et un fils qui n'a pas encore atteint sa cinquième année.
La mort moissonne sans merci.
Combien elle est cruelle surtout lorsqu'elle ravit au foyer familial une épouse, une mère tendrement aimée!
faire sortir ses associations paroissiales de l'état embryonnaire où elles sont jusqu'ici restées.
Dieu en avait décidé autrement. M™ Gosse s'était rendue avec ses filles au Bazar de la Charité, appelée par sa sollicitude pour l'Œuvre agricole de Saint- François-Xavier.
Aucune des trois ne put échapper à. l'affreux sinistre. M™' Gosse avait cinquante ans, H" Angèle vingt ans, sa sœur Zoé huit ans et demi.
La mort implacable n'avait pas plus épargné la jeunesse en Heurs, que la maturité aux fruits savoureux.
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Très pieuse, M mo Gosse avait fait la communion le dimanche précédent.
Sa famille la pleure.
Les œuvres de Bourg-la-Reine porteront longtemps son deuil.
M m * Gosse était née Dagneau.
MADAME HAUDUCŒUR M»* Madeleine HAUDUCŒUR
Femme d'un commerçant du Marais, M mo Hauducœur était du temps, bien oublié aujourd'hui, où Ton élevait ses enfants selon les préceptes de l'Évangile.
Ce temps paraît si lointain qu'on le croirait enseveli dans la longue suite des âges.
Il revivait chez M mo Hauducœur.
Les trois enfants qui avaient été donnés à cette mère chrétienne avaient été élevés par elle dans la crainte de Dieu, dans le respect de leurs parents.
Un des devoirs qu'elle leur avait enseignés, était le devoir envers les pauvres et les œuvres paroissiales.
Elle faisait, avec sa lille, partie de toutes les œuvres pour la paroisse Saint-Charles.
Elle s'en occupait activement et faisait la visite des pauvres.
L'Œuvre des Patronages pour les apprenties et jeunes ouvrières, dont M me la baronne de Ladoucette est la présidente générale, était l'une de celles qui l'attachaient le plus.