‹ Les martyres de la ChariteChapitre 22 sur 38 · MADAME LAFITTE DE CAXSON · texte numérisé non relu

MADAME LAFITTE DE CAXSON

Marie-Adélaïde Roubaud de Cournand naquit à Odessa, le 9 novembre 1844.

Elle vint de bonne heure en France et fut élevée à la Visitation, d'abord h Troyes, ensuite à Paris.

Son caractère droit et franc lui concilia l'affection de ses pieuses institutrices.

Elle fit d'ailleurs d'excellentes études et obtint ses brevets de capacité.

Douée d'une voix superbe, parfaite musicienne, elle acquit un réel talent

Au mois de février 1869, elle épousa M. Lafitte de Canson.

Elle fut une épouse accomplie, elle se dévoua aux siens sans compter ni ses soins ni sa fatigue. Sa piété sereine exerçait sur eux une heureuse influence.

Elle s'oubliait elle-même, elle ne savait que penser aux autres.

Elle était douce et compatissante aux humbles, aimable et gracieuse dans ses relations mondaines.

Elle commandait l'affection.

Elle s'occupait beaucoup d'œuvres; particulière-

MADAME DE LANEYRIE

M M de Laneyrie était une fort aimable personne ne demandant pas mieux qne de rendre service, que de répandre l'anmAne.

A Boorg-la-Reine, où elle était très comme, sa mort cruelle a Tirement impressionné anssi bien ses nombreuses relations que les indigents auxquels elle venait en aide.

Cette jolie rillégiatme de Bonrg-la-fieine a vraiment été trop éprouvée.

H*" dé Laneyrie était l'amie de M~™ Gosse, DiDaye et Cavalier. Avec elles, elk vint an Bazar de la Charité.

La gaieté les atrompa gnait

Cette jonrnée si bien commencée se termina dans la donlenr et feffiroL

Le soir, bien des larmes forent répandons * kur

■■• de Laneyrie mit qurante^euaq ait*.

Son mri, honorable magistraL est vk*~pr*«i-

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Elle ignorait ce qu'est une salle de spectacle... Et elle avait trente-neuf ans? Jamais elle n'acceptait aucune invitation qui pot la retenir, pendant la soirée, loin de son foyer.

Elle était pour son mari une aide, un conseil.

C'était pour une courte visite qu'elle s'était rendue mardi au comptoir de sa paroisse Saint- Honoré-d'Eylau.

Dieu lui avait réservé la couronne des martyrs.

Que va devenir le gynécée privé d'une épouse si tendre, d'une mère si dévouée?

MADEMOISELLE LOURMONT

Cette jeune fille avait vingt-huit ans, elle était fille unique.

Quoique ses parents vécussent d'une vie modeste, M 11 * Lourmont faisait en faveur des pauvres tout ce que lui permettait sa situation ; elle secondait de tout son pouvoir ses amies qui, plus brillantes qu'elle, n'avaient pas plus de mérite.

M 1 " de Florès lui avait demandé de venir l'assister au buffet qui est Tune des meilleures ressources de beaucoup d' œuvres représentées au Bazar de la Charité.

M 119 Lourmont s'était empressée au rendez- vous, heureuse de participer à la fête qui devait se changer en un funèbre convoi.

L'incendie la laissa méconnaissable.

Ce n'est que le lendemain qu'on pût la reconnaître — la deviner se rait plus vrai — à la marque de quelques lambeaux de vêtements.

Ses parents ont perdu Tunique espoir de leurs derniers ans.

Ils pleurent.

Ce n'est que plus tard que Dieu leur accordera la résignation.

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