‹ Les martyres de la ChariteChapitre 30 sur 38 · MADAME LA COMTESSE SERURIER · texte numérisé non relu

MADAME LA COMTESSE SERURIER

La famille Pellerin de Lastelle dont la comtesse Sérurier était issue, est d'origine bretonne.

La vie de cette femme à l'esprit fin et délicat s'est tout entière passée dans un cercle intime. Cette vie fut exempte d'événements retentissants.

M** Sérurier aimait peu le monde ; mais elle se plaisait aux réunions choisies qui groupaient autour d'elle ses amis éprouvés et quelques intelligences* d'élite.

Elle consacrait ses loisirs à la charité.

Le comte Sérurier avait été le fondateur ou l'un des membres actifs de plusieurs œuvres importantes.

Durant la vie de son mari, M mc Sérurier avait été sa collaboratrice empressée; après sa mort, elle continua la mission qui avait fait le principal intérêt de cette belle existence.

Loin de regretter que le comte Sérurier eût sacrifié, dans son immense bienfaisance, une large part de sa fortune et ne lui eût pas laissé une situation plus brillante, elle distribuait aux pauvres tout ce qu'elle pouvait retrancher des besoins que lui imposaient sa naissance et le nom qu'elle portait.

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Mais, ainsi que cela s'est produit dans des cas nombreux, M me de Sessevalle avait aspiré la fumée brûlante qui avait détruit les voies respiratoires.

Ses poumons étaient brûlés.

Peut-on imaginer torture plus horrible!

La suppliciée succomba après trois jours de cruelles souffrances.

M mc de Sessevalle était née Hambourg,

Elle était âgée de soixante-neuf an?.

M 1 " MARIE-THÉRÈSE SMON

pas un instant perdu connaissance.

Ce n'est qu'après sa mort que son mari, dont on ne peut entreprendre de dire le désespoir, connut toute l'étendue du bien qu'elle avait accompli.

M"' de Suze était née à Mur-de-Barrez.

C'est là qu'elle reposera pour sa glorieuse éternité.

Voici ce qu'on lit dans la Croix du Cantal :

Mur-de-barrez. — Mercredi, église comble aux obsèques de H me de Suze, une des victimes du Bazar de la Charité. Noblesse, bourgeoisie, peuple, s'étaient donné rendez-vous autour du cercueil de cette femme de bien, qui laisse au Mur-de-Barrez un vide si profond et si douloureux dont les pauvres et les œuvres ne tarderont pas & se ressentir.

Les cordons du poêle étaient tenus par les fabriciens, et le drap porté par les plus honorables dames de la ville.

beaux enfants, cinq garçons et deux filles.

M"" de Valence était douée d'une grande bonté; sa charité était inépuisable.

Elle n'était pas de celles qui pensaient avoir fait tout leur devoir, avoir satisfait à la loi divine lorsqu'elles ont donné l'aumône que leur fortune leur permet de distribuer.

Cette aumône, elle la donnait avec son cœur.

Elle y joignait la pitié qui console, le conseil qui réconforte.

Mère admirable, M"* de Valence se consacrait

rejointe aux pieds du Tout-Puissant pour y jouir de Téternelle gloire. -""■"!

: Là pauvre petite martyre avait Seize ans. -'-j .

L'aînée Antoinette, .de trois ans plus âgée, était réservée à de plus longues souffrances.

. Elle s'est éteinte le 14 niai, après une agrafe cruelle. .:

. Qpe de larmes o*t4iMt coùterjces intéressantes victimes! -. : ..,â, j .

Inclinons-nous^ devanlïardjorijfcur de l'époux, du père esseulé et surtout de Triplé comblée d'ans: et qui, en un jour, a tu s'entent .toute la joie de sa Vieillesse. ! ^V

. Eh Bourgogne, on aimaii^^ 1^ et M ttea de Va-: lence, on y connaissait h^jjl^pbsité, on y appréciait leurs vertus. ,'■■/■""■ . "'* £3.-. '% .-,:•.

Là aussi, elles seïorit pteuréé& i '"

Là aussi, on conservera le souvenir de celles sur la tombe desquelles on pourrait écrire :

M mc de Valence, quarante-neuf ans,

Antoinette de Valence, dix-neuf ans,

Marguerite de Valence, seize ans,

Brûlées pour leurs pauvres dans l'incendie du Bazar de la Charité.

Veut-on une preuve de plus de l'affection, de l'estime que M œo et M 110 * de Valence savaient inspirer?

Voici ce qu'on lit dans la Croix :

« M mo de Valence de Minardière, qui avait péri dans l'effroyable catastrophe, a été suivie de près, comme on sait, par ses deux jeunes filles.

« Une humble femme qui avait élevé M"" de Valence, et « qui ne vivait plus depuis le 4 mai, » a été foudroyée par l'apoplexie à Buxy {Saône-et- Loire), en apprenant que l'état de la troisième victime, M"* Antoinette de Valence, était déses-

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