MADEMOISELLE BOUCHER DE SAINT-ANGE
La générale Cncvals el sa sœur, M' 1 * Bouclier de Saint-Ange, quoique bonnes el charitables, ne faisaient partie d'aucune œuvre. C'était en visiteuses qu'elles étaient venues au Bazar de la Citante.
Nous ne leur devons pas moins un souvenir attendri.
Ces deux femmes ne s'étaient jamais quittées; ensemble elles vivaient, ensemble elles venaient apporter leur aumône à l'une de leurs amies.
Cet acte charitable devait être récompensé par la mort des martyres.
Unies jusqu'à leur dernier soupir, elles parurent ensemble, rachetées par le baplome de sang, aux pieds du Tout-Puissant qui, dans son infinie bonté — du moins nous l'espérons — no les si'-parera pas pour son heureuse éternité.
MADAME CHOUIPPE
A l'heure où les compétitions sociales sèmetit partout des ferments de haine, n'est-ce pas un utile enseignement que de s'arrêter quelques instants sur les véritables miracles que peuvent accomplir l'esprit de justice et la charité chrétienne?
La vie de M** Chouippe nous offre un exemple qu'il est bon de méditer.
M* Chouippe était née Blanche Grossier ; elle était la femme d'un grand industriel, M. Chouippe qui, dans son usine de peausserie, occupe plus de trois cents ouvriers, hommes et femmes.
M* Chouippe aidait son mari dans son industrie : elle tenait la caisse de la maison et ce n'était pas une sinécure. Elle avait appris à sa fille aînée à l'assister dans ce travail aride.
Elle avait pour ses ouvriers, pour ses ouvrières surtout. la plus grande sollicitude. Ceux-ci trouvaient en elle une aide efficace, un conseil judicieux: elle «.voulait leur* plaintes, elle secourait leur :u:sèrv. Vussî avaient-ils pour elle une resvtv.ueuso &;;ou.
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En revanche on a vu couler bien des larmes a la suite de la catastrophe, où M 1 " Chouippe trouva la mort.
N'est-ce pas faire un bel éloge de celle qui a mérité de si touchants regrets?
Elle habitait la paroisse si pauvre de Saint -Modard ; elle y était de toutes les œuvres.
Au Bazar de la Charité, elle était simplement acheleuse; elle y était venue pour quelques instants seulement.
C'était justement à l'heure où l'incendie se déclarait.
Affreusement brûlée, la pauvre femme fut transportée chez elle; on l'avait reconnue à un détail de toilette.
Elle avait quarante-cinq ans.
Elle laisse quatre enfants, deux fils et deux lilles, dont l'aînée a vingt et un ans, le dernier dix ans.
H. Chouippe est en proie à un sombre désespoir.
C'est l'âme même de son foyer qui s'est envolée.
C'est tout son bonheur qui s'est effondré.