MADAME CHAPUIS
Les peuples heureux n'ont pas d'histoire. Il en est de même pour de nombreux ménages étroitement unis, qui traversent la vie sans d'autres épreuves que celles que Dieu nous ménage, afin de nous rappeler que la terre ne confine pas avec le paradis.
C'est ce que nous pourrions dire de M mo Chapuis.
Son mari est l'un des plus honorables commerçants de Bercy. Elle élevait judicieusement ses enfants, deux charmantes fillettes, qu'elle adorait.
Très considérée sur la paroisse Saint-Roch, elle s'y occupait de toutes les œuvres paroissiales.
L'été, elle habitait Draveil, où ses habitudes de bienfaisance la suivaient.
Cette paisible existence devait être tranchée de la façon la plus tragique, et s'éteindre dans les convulsions d'un supplice sans nom.
M me Chapuis avait été si complètement brûlée, qu'on ne put la reconnaître qu'à un bracelet et à une chaîne de cou à laquelle étaient attachées ses médailles.
Elle avait quarante-trois ans.
Elle laisse deux filles, âgées Tune de neuf, ans, l'autre de trois.
LES MAHTYIŒS