‹ Les Martyrs de la Libre PenseeChapitre 19 sur 44 · Voy. plus haut la QOte des p. 147 et suiv · texte numérisé non relu

Voy. plus haut la QOte des p. 147 et suiv

Calvin, parti étranger à la fois et théocratique, devenait chaque jour plus ardente.

Est-ce cet état de choses qui détermina Servet à venir à Genève ? Venait-il s'unir au parti des libertins pour faire avec eux la guerre à Calvin? On l'a supposé ; mais le contraire est parfaitement certain. La meilleure preuve qu'on en puisse donner, c'est le témoignage même de Calvin. Celui-ci n'aurait pas manqué d'accuser Servet d'être venu à Genève tout exprès pour s'entendre avec ses ennemis, si cette accusation avait eu le moindre fondement. Or non seulement Calvin n'énonce ou n'insinue rien de pareil, mais il dit au contraire que Servet fut conduit à Genève par sa mauvaise étoile * . Et ailleurs ^ : « Peut-être qu'il n'avait d'autres desseins que de passer par cette ville, car on ne sait pas encore pourquoi il y est venu ; il y a été reconnu, et j'ai cru qu'on devait l'arrêter '. »

Il ne voulait certainement, en mettant le pied dans Genève, que la traverser pour gagner l'Italie; et, comme je l'ai dit dans la dernière leçon, dès son

1. Malis auspicits appulsum. — Epis t. ad Sulcerum, 9 septembre 1553.

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