‹ Les Martyrs de la Libre PenseeChapitre 28 sur 44 · n naquit à Taurisano, près de Naples, en · texte numérisé non relu

n naquit à Taurisano, près de Naples, en

2. Voici ce titre dans toute son étendue et dans toute sa pompe :

AmpiuthEATRUM iETERNiE pROVIDBNTIiE DIVINO-MAGICUM, CHRISTIANO-PHY- !^ICUM, NECNON ASTROLOGO-CATHOLICUM^ ADYERSUS YETERES PHILOSOPHOS,

VTHEos, EPiGUREOS, PERiPATETicos ET STOïcos, ttuciore JuUo-Cœsare Vonino, philosopha, theologo, ac juris utriusque doctore, Lug- <iwm, 1615. Le livre est dédié à Son Excellence don Francisco 'ie Castro, duc de Taurisano, ambassadeur d'Espagne auprès du Saint-Siège.

3. Sous ce titre : Julii'Caf saris Vanini, Neapoletani, theologi, phihsophi et juris utriiisque doctoris, De admirandis natur^e regin^b

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(triste aveu pour un philosophe) qu'il a écrit dans le précédent beaucoup de choses auxquelles il n'ajoute pas la moindre foi. Cosi va il mondo^ dit-il lestement. Dans cet ouvrage, il étale un matérialisme pratique, une indécence et une forfanterie vraiment intolérables. Et ce même homme, dans sa prison, affecte une si grande piété que ses geôliers disent de lui qu'on leur a donné un saint à garder.

Voilà ce qu'il faut reconnaître ; mais il faut reconnaître aussi que la sentence qui le condamna à être brûlé pour ses opinions philosophiques n'en fut pas moins exécrable, et il est juste d'ajouter que, une fois la condamnation prononcée et en face du supplice, Vanini montra le plus grand courage.

Je ne cherche pas si l'accusation d'athéisme dirigée contre lui était fondée. On sait comment il y répondit. Ayant aperçu un brin de paille à ses pieds, il le ramassa ; puis le montrant à ses juges « : Ce brin de paille, dit-il, me force à croire qu'il y a un Dieu ; » et il développa l'argument qu'il en tirait avec une si grande éloquence qu'il séduisit un instant le tribunal. Yanini était-il sincère en parlant ainsi, ou voulait-il seulement sauver sa vie ? J'admets qu'il eût en effet professé l'athéisme qu'on lui imputait ; le

DCiEQuv MORTALiux ARCA5is^ UM çuatuor^ Parîs, 1616. -* Ce second ouvrage est dédié à un homme de guerre et de plaisir, Bassompierre, « dont on ne s'attendait pas, dit M. Ck)usin {Fragments de philosophie cartésienne, p, 45), à trouver le nom en tète d'un ouvrage de philosophie. »

supplice infligé à ce jeune homme pour une erreur de doctrine reste toujours une chose abominable. U fut Tœuvre du fanatisme aveugle et cruel qui régnait à Toulouse, « ville catholique par excellence, » comme dit M. Cousin \ où Tinquisition avait établi son siège, et dont le parlement n'était pas moins fanatique que le clergé. Vanini, qui, comme Bruno, avait visité presque tous les pays de FEurope où la philosophie était cultivée, l'Allemagne, la Hollande, la Belgique, l'Angleterre, Genève, et qui avait séjourné quelque temps en France, à Lyon et à Paris, commit l'imprudence de venir se fixer dans cette ville. Dénoncé comme athée, il fut arrêté, traduit devant le parlement, et condamné uniquement pour cause d'athéisme. Ainsi Vanini périt à trente ans, victime de cet odieux fanatisme qui avait alors à Toulouse un de ses plus ardents foyers, et qui n'y devait pas mourir avec lui.

J'ai déjà dit que si, avant sa condamnation, Yanini fit ce qu'il put pour sauver sa vie, une fois cette condamnation prononcée, il montra un véritable courage. U ne demanda pas sa grâce, et il marcha au supplice avec résolution. C'est un honneur qu'on a'a pas manqué de chercher à lui ravir, mais qu'il est impossible de lui refuser, à en juger par le récit même des témoins qui le lui ont contesté *. Le Mer-

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