Loc, Ci/., p
2. Voy.rextrait du procès-verbal des archives du Capitoul, cité
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cure de France osa lui rendre cette justice. « Vanini, dit-il, mourut avec autant de constance, de patience et de volonté qu'aucun autre homme que l'on ait vu. Car, sortant de la Conciergerie comme joyeux et allègre, il prononça ces mots en italien : « Allons allègrement mourir en philosophe. » Et vers quel supplice marchait-il? Jugez-en par la sentence que je vais vous lire*, et qui fut exécutée à la lettre : « Sabmedy de febvrier M. V. C. IXX., en la grand'chambre, icelle avec la chambre criminelle assemblée, présents messieurs de Mazuyer, premier président, de BertieretSegla, aussi présidents, Assezat, Caulet, Catel, Melet, Barthélémy de Pins, Maussac, Olivier de Hautpoul, Bertrand, Prohenques de Noé, Chastenay, Vezian, Rabondy, Cadilhac.
« Veu par la court, les deux chambres assemblées, le procès faict d'icelles à la requeste du procureurgénéral du roy, à Pompée Ucilio, Néapolitain de nation, prisonnier à la Conciergerie, charges et informations contre lu y faictes, auditions, confrontements, objets par lui propousés contre les témoings à lui confrontés, taxe et dénonce sur ce faictes, dire et conclusion du procureur-général du roy contre le dict Ucilio ouy en la grand'chambre ; Il sera dict
par M. Cousin, et les passages des mémoires manuscrits de Malenfant et du récit de Gramond qu'il en rapproche (loc. cit., p. 89-91).
1. Je copie cet arrêt d'après M. Cousin, qui l'a publié pour la première fois {loc, cit. y p. 86).
que le procès est en estât pour estre jugé deffinitivement sans informer de la vérité des dicts objects^ et ce faisant, la cour a déclairé et déclaire le dict Ucilio ataint et convainscu des crimes d'atéisme, blasphèmes, impiétés et autres crismes résultant du procès, pour pugnition et réparation desquels a condamné et condamne icelui Ucilio à estre délivré es mains de l'exécuteur de la haute justice, lequel le traynera sur une claye, en chemise, ayant la hart au col, et pourtant sur les espaules ung cartel contenant ces mots : Atéiste et blasphémateur du nom de Dieu ; et le conduira devant la porte principale de l'église métropolitaine Sainct-Estienne, et estant illec à genoulx, teste et pieds nuds, tenant en ses mains une torche de cire ardant, demandera pardon à Dieu , au roy et à la justice desdicts blasphèmes ; après Tadmènera en la place du Salin, et, attaché à
ung poteau qui y sera planté, lui coupera la langue
et le stranglera ; et après sera son corps bruslé au buscher qui y sera appresté, et les cendres jetées au vent ; et a confisqué et confisque ses biens, distraict d'iceulx les frais de justice au proffict de ceux qui les ont expousés, la taicxe réservée. »
Cette horrible sentence reçut son exécution le 9 février 1619.
Joignons enfin à cette triste liste que nous parcourons aujourd'hui un nom glorieux dans la science,
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plas glorieux, il est vrai, par le génie que par la fermeté du caractère, mais que les persécutions qu'ont attirées sur lui ses immortelles découvertes placent bien aussi parmi les martyrs de la pensée. Je veux parler de Galilée, qui reprit, pour la démontrer scientifiquement, Thypothèse de Copernic touchant le mouvement de la terre autour du soleil, cette hypothèse à laquelle Bruno et Campanella s'étaient attachés en philosophes.
Je lisais tout récemment, dans un nouveau recueil *, la traduction d'un dialogue de Leopardi, où l'auteur met en scène le soleil et Copernic, et qui finit ainsi :
« Copernic. Il nous resterait encore une petite difficulté, une seule.
« Le Soleil, Allons, laquelle?
« Copernic. C'est que je ne voudrais pas, pour cette affaire , être brûlé vif à la manière du Phénix ; car, si cela m'arrivait, Je ne suis pas sûr de renaître de mes cendres comme cet oiseau , et de voir encore, à partir de ce moment, la face de Votre Seigneurie.
« Le Soleil. Écoute, Copernic. Tu sais qu'autrefois, lorsque vous autres philosophes veniez à peine de naître, je parle du temps où la poésie était maîtresse du champ, j'ai été quelque peu prophète.