E. AssEMANi, Acta SS.marlyrum, t. I, p
2. Passio S. Salsae, marlyris Tipasitanae, § 3, dans le Catalogas codd. hagg. untiquiorium saeculo xvi, qui asseruantur in Bibl nat. Parixiensi, t. I (Paris, 1889) p. 344 suiv. — Cf. L. Dlchesne, Sainte Sulsa. vierge et martyre, lecture faite le 2 avril 1890 à la séance trimestrielle des cinq Académies, publiée dans Le Monde, 4 avril 1890. — P. Allard, La Persécution de Dioclétien, t. II, p 289 suiv.
3. E. Beurlier, Les chrétiens et le seruice militaire pendant les trois premiers siècles (Paris, 1892. in-8»), 19 pp. — D. Cabhol, loc. cit., au inot : Accusations contre les chrétiens ^ vi. Lu répugnance uu seriùce iiiililaire ; ef. Baumgahten, Exanten scntentiae uelerum christianoruin de militia, iu-é", Halae Magdeburgicae, 1731.
Préface lv
vaient les âmes chrétiennes. Les écrits des Pères, les Actes des martyrs, témoignent souvent de Thorreur qu'inspiraient ces démonstrations impies. Rien de pareil dans VAbodaZara, si rempli cependant de prescriptions minutieuses. Ici se présente une question sur laquelle aucun texte, que je sache, n'apporte de lumières directes. Des Juifs étaient-ils, aux temps païens, soldats de l'armée romaine ? Dans un Etat où le recrutement se faisait, le plus souvent, par engagements volontaires, bien peu d'entre eux devaient à coup sûr souhaiter de servir sous les aigles. On se demande toutefois si, dès le temps du Haut Empire, ceux des Israélites qui, comme saint Paul, avaient reçu le droit de cité, si d'autres, soit sans le posséder, soit après l'extension de ce droit à tous les sujets de Rome, n'ont pas pu être appelés sous les armes par voie de dilectiis et, comme nous en rencontrons la preuve dès le début du v^ siècle % être enrôlés dans la milice. Le silence du Talmud en ce qui touche les difficultés qu'ils y devaient trouver, me paraît digne de remarque, car il peut montrer que, sous les empereurs païens, les Juifs ne prenaient pas place dans l'armée, ou que, si quelques-uns d'entre eux y figuraient, ils étaient, là comme ailleurs, exemptés de démonstrations contraires à leur croyance *.
Chrétiens et Juifs ne servaient pas dans le rang à côté les uns des autres ; bien plus, ils eurent l'occasion de se rencontrer face à face, les armes à la main. Israël aboutissait au fanatisme faisant succéder les massacres aux