Conlr. Cels., 1. VIII. p. 402 (édît. Cnntabr
2. Orat. IV, contr. Jul. i. § 92 ^édit. Bénéd.. t. I, § 12G),
3. Voir deux passages de cet écrivain dans ses commentaires sur saint Grégoire de Nazianze (Greg. Naz. Opéra, édit. Billii, 1680, t. II, p. 353 et 749;,
Préfa
trépas quelque apparence de martyre * : passent habere qaalemcumque umbram nominis martyrum. Théodoret, dans son récit de la destruction d'un temple du feu, en Perse, par l'évêque Abdas, l'en condamne à deux reprises, « car, dit-il, le divin apôtre n'a pas renversé à Athènes les autels des gentils ". » On allait plus loin encore. Dès qu'un temple consacré à l'idolâtrie était vacant ou désaffecté, les chrétiens raccommodaient à leur usage ; on pourrait citer des exemples en grand nombre de cette transformation : à Cavesus en Syrie, à Ancyre, àCyzique, à Comane, à Vernègue dans la vallée du Rhône 3. Même les statues des dieux étaient épargnées et employées à l'ornement des villes *.
Je dois ajouter que si le ïalmud était formel, ses partisans se montraient moins absolus. Nouslisonsen effet dans les Actes du martyre de saint Siméon-bar-Sabàé, patriarche de Séleucie (-j- 341), que, tandis qu'on remmenait prisonnier à la résidence royale, l'escorte traversa la ville de Suse,dont le saint était originaire ; il demanda qu'on fît un détour afin de lui éviter la douleur de passer devant une église catholique que les Juifs avaient trans-
1. Episi. CLXxxv, Bonifatio, c. m, § 12, et Sernio lxii, De verbis evang. Matthaei, viii, ^17.
2. Hist. eccL, 1. IV, c. 39. II faut faire exception pour le cas où le martyr brisait devant le tribunal l'idole qu'on voulait lui faire adorer. Cf. sainte Valcntine, Eusèbe, de Mart. Palaest., vni ; sainte Eulalie, Prudenxe, Péri Stephanon, m, v. 128-1.'M).
3. Marangom, Délie cose gentilesche e profane trasportate ad uso e adornamento délie chiese (Roma, 1744, in-i* . pussim. — Texier and PuLLAN, Byzantine architecture (London, 1864, in-fol.), p. 83, 89, 91, 99. — D. Cabrol, Dictionnaire d'archéol. chrét. et de liturgie (1902), au mot Abside, § \i.
4. P. Allard, l'Art païen sous les empereurs chrétiens (Paris, 1879, in-12). — E. MuNTz, dans le Journal des Sapants, octobre 1887.
LES MARTYRS. — T. lY. d
Liv Les Martyr»
formée depuis peu en synagogue '.Un fait analogue avait eu lieu à Tipasa, dans la Mauritanie, où les Juifs avaient installé une synagogue dans un temple du dragon -.
L'attitude très différente des chrétiens et des Juifs dans l'Empire, persévéramment soutenue pendant des siècles, avait fini par forcer l'Etat à distinguer les deux sectes primitivement confondues ; mais il semble que cette distinction se soit traduite sous forme de concessions aux Juifs et d'intransigeance à l'égard des chrétiens. Telle a été la méthode suivie par l'Etat romain sur un point particulièrement grave, Taccomplisseraent du service militaire. L'Etat ne s'était relâché en rien de ses exigences à l'égard des chrétiens, comme on peut s'en convaincre dans de nombreux documents qu'il n'est pas de mon sujet d énumérer ^, tandis qu'on ne trouve dans le Talniud aucun indice d'une situation semblable. Pour qui consentait à la subir, tout en voulant conserver sa foi, la vie des camps était pleine de périls. Les Natalitia des princes, les fêtes des Deceniialia,\e culte des DU, des Lares militares, celui des génies protecteurs de la Turma, de la centurie, celui des aigles adorées comme l'étaient les idoles mêmes, entraînaient des cérémonies que réprou-