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Préface ixxv
avaient été oubliés par ceux mêmes qui les avaient poussés' ».
Les Actes des Apôtres nous ont conservé le récit détaillé des vexations prodiguées par les Juifs aux premiers fidèles : prison, flagellation, expulsion, menaces de mort suivies d'effet, comme pour le premier diacre de l'Église naissante de Jérusalem. Cette première violence donna la mesure des haines provoquées et du traitement à attendre dans l'avenir; elle coïncidait avec des circonstances politiques assez troublées et n'en devenait que plus instructive. Marcellus venait de recevoir le gouvernement delà Judée ; mais les pouvoirs restreints dont il disposait ne lui permettaient pas de maintenir très vigoureusement l'autorité de Rome contre le Sanhédrin, toujours empressé à ressaisir quelques bribes de la puissance dont l'avaient dépossédé les procurateurs, et particulièrement à mettre en oubli la défense qui lui avait été intimée de ne « faire mourir personne- ». Tandis que le légat de Syrie, Vitellius, se trouvait à proximité, les Juifs gardaient encore quelque modération ; en 37, comme il se rendait d'Antioche à Pétra, il fit faire un détour à son armée afin de ne pas offusquer les Juifs par la vue des enseignes romaines, et passa la fête de la Pentecôte dans la ville ; il y apprit, le quatrième jour de la fête, la mort de Tibère (16 mars de l'an 37). Aussitôt il renvoya l'armée dans ses campements et reprit de sa personne la route d'Antioche ^. Délivrés de sa présence et sans crainte du côté de
1. E. Beurlier, Les Juifs et l'Eglise de Jérusalem, dans la Beuue d'Hist. et de lift, relig., t. II, 1897, p. 2.