Marc, xiii
Introduction lui
le commentaire de ces paroles par les martyrs. Un homme de garde ayant entendu le gémissement de sainte Félicité pendant son accouchement lui dit : « Que sera-ce quand tu seras aux prises avec les bêtes? » Elle répondit : « Ceque je souffre en ce moment, c'est ma souffrance; mais alors un autre sera en moi qui souffrira pourmoi parce que je souffrirai pour lui^» — Le martyr Flavien vit en songe saint Cyprien à qui il demanda si le coup de la mort était très douloureux. « Le corps ne sent rien, répondit Tévêque, quand l'âme s'est donnée toute à Dieu ^. » Ces textes ne semblent laisser aucune place à une explication tirée delà préparation prolongée et de l'emploi du formulaire. Cependant préparation et formulaire ont existé. Tertullien nous apprend l'efficacité du jeûne et de l'ascèse. « Voilà, dit-il, comment on s'endurcit à la prison, à la faim, à la soif, aux privations et aux angoisses ; voilà comment le martyr apprend à sortir du cachot tel qu'il y est entré, n'y rencontrant pas des douleurs inconnues, n'y trouvant que ses macérations de chaque jour, certain d'être victorieux dans le combat, parce qu'il a tué sa chair et que sur lui les tourments n'auront point de place où mordre . Son épiderme desséché lui sera une cuirasse ; les ongles de fer y glisseront comme sur une corne épaisse. Tel sera celui qui, par le jeûne, a vu souvent de près la mort et s'est déchargé de son sang, fardeau pesant et importun pour l'âme impatiente de s'échapper ^. » Ce que nous savons des mortifications que