Philippiens, i
Lxii Les Martyrs
Ignace : « 11 faut que je sois moulu par la dent des bêtes ^. » Mais ce n'est là, a-t-on dit 2, qu'une « exaltation de cabinet ». Allons donc à l'amphithéâtre.
A Lyon : une esclave et un enfant. — « Le dernier jour de la fête, ce fut le tour de Blandine et d'un jeune garçon de quinze ans, Ponticus. Chaque jour on les conduisait à l'amphithéâtre afin qu'ils fussent témoins des supplices de leurs frères. Chaque jour on les amenait devant les statues des dieux, on leur ordonnait de jurer, ils refusaient. Enfin, lepeuple perdit toute mesure, il fut sans pitié et sans pudeur. On épuisa sur la pauvre fille et sur son jeune compagnon toute la hideuse série des supplices qu'on interrompait de temps en temps pour leur dire : « Jurez », mais on n'en vint pas à bout. ^ »
A Carthage: une matrone de vingt-deux ans, Perpétue. — <( Mon père, raconte-t-elle, s'acharnait à me détourner. « Eh bien, lui dis-je, je ne puis me dire autre chose que chrétienne. » A ces mots, mon père, hors de lui, se jeta sur moi pour m'arracher les yeux, mais il me brutalisa seulement. Il ne revint pas de plusieurs jours. Enfin il reparut, accablé de douleur ; il se rendit auprès de moi afin de m'ébranler, lH me parlait], en même temps il me baisait les mains, se jetait à mes pieds, et moi, j'avais pitié de ses cheveux blancs . Quand mon tour d'être interrogée fut venu, mon père apparut tout à coup, portant mon enfant ; il me tira de ma place et me dit en suppliant : « Aie pitié de Tenfant. »L6 procurateur dit : « Aie
l.S. Ignace, Épître aux Romains.
2. B. AuBÉ, Histoire des persécutions jusqu'à la fin des Antonins, p. 247.