‹ Les martyrs (volume 3)Chapitre 36 sur 133 · Origène, Contra Celsum, II, 13 ; Actes de S. Pione · texte numérisé non relu

Origène, Contra Celsum, II, 13 ; Actes de S. Pione

3. Passion de Montan, Luce, etc., 14. Pendant qu'on le conduisait au supplice, Montan s'en prenait aux hérétiques : contestans eos ut vel de copia martyrum intelligerent Ecclesiœ veritatem.

4. Arrien, Epict. Dissert., IV, vu, 6 ; Ael. Aristide, Orat., xlvi ; Marg-Aurèle, Pensées, xi, 2. A ses yeux, il n'y avait dans la conduite des chrétiens que fanatisme révolutionnaire ; il écrit : « Disposition de Tâme toujours prête à se séparer du corps quand je

dis prête, j'entends que ce soit par l'effet d'un jugement propre, non par pure opposition, comme chez les chrétiens, [i-rj xaxà (j^tX-iQV Trapàxa^tv, ax; ol )(^pi(xxiavoi ; Pline, Epist. x, 97 : pervicaciam et inflexibilem obstinationem.

cvi Les Martyrs

humaine n'a droit à aucune garantie, elle appartient au prince. Sous l'Empire, la loi, qui a longtemps sauvegardé la tête des hommes libres, fait place au bon plaisir. La pente est tracée, on la descend et on ne s'arrête plus. Après Pharsale, on avait décrété que César aurait droit de vie et de mort sur les pompéiens. C'était donner beaucoup ; cependant lorsque César tenait le glaive on pouvait vivre dans une demi-assurance ; mais s'il tombe entre les mains de Néron ou de Commode, le glaive n'est plus que couteau. Depuis Auguste jusqu'à Constantin, pendant trois siècles, combien de vies ont dévorées les maîtres du monde ? Tibère, Caligula, Claude, Néron. Domitien, Commode, Caracalla. Elagabale. Maximien et, pour achever. Hercule, Galère, Dioclétien. Ils n'ont pas tous les mêmes plaisirs, mais les plaisirs de tous sont sanglants. Tantôt ce sont des meurtres isolés : Silanus, Gemellus, Macron sous Caligula ; Pétrone, Thraséas, Corbulon, Sénèque, Lucain sous Néron ; Clemens, Glabrion, Domitille, Sabinus, Helvidius, Priscus, Cérealis, Sénécion, Rusticus sous Domitien ; Lucile, sœur de l'empereur, et Crispine sa femme, sous Commode ; tantôt ce sont de grandes boucheries : sous Claude, trente-cinq sénateurs et trois cents chevaliers ; sous Maximin, les exécutions comprennent mille hommes à la fois. Mais ces empereurs sont des fous ! Voyons donc s'il y aura une détente sous les princes modérés. Hadrien fait tuer son beau-frère Servianus, âgé de quatre-vingt-dix ans. « Comme prétendant à l'empire», Fuscus, neveu du prince, âgé de dix-huit ans, est mis à mort parce que des songes lui ont fait espérer le pouvoir. Marc-Aurèle fait exécuter quarante-deux personnes à Lyon dans les plus effroyables tortures ; sous Dèce, eut

Introduction

lieuàLambèse ^ une exécution qu*un témoin décrit ainsi : « C'était un spectacle étrange que celui du stratagème adoptépourl'exécution. Le bourreau ayant tout un peuple à frapper disposa les condamnés sur de longues files, en sorte que ses coups volaient d'une tête à l'autre, comme sous une impulsion folle. S'il eût frappé tous les martyrs à la même place, les cadavres se fussent bientôt entassés en un immense charnier; le lit de la rivière, bien vite obstrué, n'eût pu suffire 2. » — D'autres princes, que l'on ne connaît plus guère, ne difi'èrent pas de ceux que nous venons de nommer. Gallien, par exemple, qui écrit à un général : « Tu n'auras pas fait assez pour moi si tu ne mets à mort que des hommes armés, car les chances de la guerre auraient pu les faire périr. Il faut tuer quiconque

1. Nous avons mentionné dans le Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie, t. I, col. 414, 695, les opinions qui placent à Cirta ou à Lambèse la scène du martyre. Après avoir partagé la première opinion, nous croyons que le texte s'adapte plus exactement à la topographie des environs de Lambèse. Cette identification présentée par MM. Besnier et S. Gsell avait été proposée incidemment par C. TissoT, Géographie comparée, t. I, p. 55 : Le fleuve Pagida, dit -il, « se retrouvant dans les Actes du martyre de Jacques et Marien, dont les noms figurent dans une inscription gravée sur le rocher de Constantine, à l'entrée des gorges de l'Oued-er-Rumell, M. Carette en avait conclu à l'identité de ce dernier cours d'eau et du fleuve dontparle Tacite {Annal. ,Ul, xx). Cette conjecture, ainsi que Fa fait remarquer le D^ Guj'on {Voyage d'Alger au Zihan), est difficilement conciliable avec les détails que donnent les Actes des martyrs. J. et M., ainsi que leurs compagnons, ne furent pas mis à mort à Constantine ; les magistrats de cette ville les envoûtèrent à Lambèse, où ils furent condamnés le lendemain de leur arrivée et exécutés dans une vallée à travers laquelle coulait le Pagida. Le Pagida ne peut être dès lors, comme le suppose le D»" Guyon, que l'Oued-Tazzout, qui traverse Lambèse. Les indications des Actes sur le lieu du supplice s'appliquent très bien à la partie du cours de l'Oued-Tazzout qui traverse Lambèse et s'étend entre la ville et le dernier versant de l'Aurès ».

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