LE ROLE DES REFORMES EN FRANCE
Pour s'expliquer le rôle semi-politique semi-religieux joué en France par les protestants, il faut se rappeler que les intérêts de la royauté et du catholicisme étaient alors si intimement liés qu'on ne pouvait rien de plus. Au mois de mai 1561, le duc d'Albe demandait à l'évêque de Limoges s'il était vrai que la reine mère Catherine de Médicis avait dit au connétable et aux maréchaux de Saint-André et de Brissac : « Continueriez-vous à obéir au roi s'il se faisait huguenot ? » « Non », avaient-ils répondu % et la régente avait compris que l'insistance eût été malhabile. Ainsi la France s'était trouvée sauvée d'une royauté protestante. Le sentiment exprimé par ces catholiques fidèles était conforme à celui du royaume entrer. Au mois de janvier 1562, les états de Bourgogne présentaient des remontrances sur les concessions faites aux huguenots 2. Dans le Midi, les huguenots étaient nombreux et actifs ; ils ne craignaient rien et se montraient dans leurs assemblées tels qu'ils étaient en réalité. Montluc, averti de ces conciliabules et de ce qui s'y disait et des résolutions qu'on y avait prises, avouait que « le
1. Lettre de Vévêque de Limoges, 19 mars 1561, Bibl. nat., ms. fr. 15587, fol. 19.