Mingaud, p
2. Le comte de Peyre dit : « leur grand'mère ». Voir la note suivante.
26 Las Martyrs
Vallée-Française ; leur vie était si réglée et toute la famille vivait si religieusement, que, en sortant de cette maison, j'étais dans ladmiration et en même temps dans la confusion, voj-ant plus de vertu dans une maison de laïques que dans celle de plusieurs prêtres *. »
Le curé de Saint-Etienne-Vallée-Française ajoute : « J'ai cru devoir faire un petit récit fidèle de ces cruautés, afin que ceux qui le liront dans la suite comprennent jusqu'où peut' se porter la fureur des hérétiques et combien ils sont dignes de compassion. »
M. Rescossier raconte ce qui suit 2 :
« Le 28 juillet au matin, ces révoltés allèrent au château de la Devèze, Ils tuèrent d'abord un jeune homme qui courait pour donner avis de leur arrivée.
« A ce bruit, noble Pierre de Bélar, seigneur de NougajTol, sortit de sa maison, et rencontra dans la cour quelques-uns de ces scélérats qui lui demandèrent des armes.
« Ce gentilhomme leur offrit celles qu'il avait dans le château, et, comme il les conduisait dans une salle basse, il les vit courir d'un pas précipité vers le lit où dame Louise de Larroque, veuve de M. de Lacan, avait coutume de coucher. Transportés d'une aveugle fureur, sans examiner s'il y avait personne au lit, ils se mirent à enfoncer de grands coups de poignard dans la courtepointe.
« Le sieur Nougayrol, sachant bien que sa mère n'était pas dans ce lit, entradans une chambre à plain-pied où était demoiselle Thérèse de la Devéze, sa sœur. Il
1. Mingaud, p. 12. — Il est question de ce massacre dans une dépêche du comte de Broglie datée du Pont-de-Montvert. le 3 août 1702. et dans une autre du comte de Pejre. (Dépôt de la guerre. •V. 1614, p. 34 et 39.)