‹ Les martyrs (volume 4)Chapitre 23 sur 59 · L'Ouvrelcul, t. I, p · texte numérisé non relu

L'Ouvrelcul, t. I, p

Quelques victimes des Camisards 33

voulaient. Ils répondirent qu ils voulaient entrer. Gardez, se flattant qu'il pourrait par ses honnêtetés se les rendre favorables, se présenta à la porte une lumière à la main ; mais leur barbare chef le saisit par la cravate en disant : « Il y a longtemps que nous te cherchons ; tu n'as qu'à recommander ton âme à Dieu. » Et au moment même, il commande qu'on lui casse la tête à coups de fusil.

« Dès qu'il eut expiré, on le dépouilla et on mit entre les mains du cruel Laporte soixante louis d'or qu'on trouva sur lui ^ . »

« Vendredi dernier (20 octobre), les révoltés allèrent à 7 heures du soir à un village nommé Clatairas, de la paroisse de Générargues, sur le chemin d'Anduze à Mialet, chez un habitant nommé Boni ; ils voulurent prendre pour guide un de ses valets, ancien catholique, auquel ils attachèrent les bras par derrière, et lorsqu'il les eut conduits à une demi-lieue de là, du côté de Mialet, ils lui dirent de se mettre à genoux, de prier Dieu, et au moment même, le sabrèrent d'une manière que, selon toutes les apparences, il devait mourir du premier coup qui lui a partagé le chapeau, coupé une oreille et la moitié de la joue. Comme on le croyait mort, ils le jetèrent dans la broussaille, où il demeura le reste de la nuit. On le remporta à Anduze, où il est entre les mains des médecins et des chirurgiens 2. »

<(. A Carnoules, village de la paroisse de Saint-Sébastien qui voisine avec celle de Mialet, les Camisards res-

1. L'OuvreleuI, t. I, p. 49- — Saloraon Gardez était originaire du Malhautard, hameau de Saint-Julien-d'Arpaon.

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