Première lettre du prieur de Mialet, 7 octobre
La Baume, p. 70, parle ainsi de ce meurtre : « Ils massacrèrent avec des cruautés inouïes le sieur Jourdan qui avait tué Vivens. Ce fut le prétexte des cruautés qu'ils exercèrent sur lui. » — Cf. L'Ouvreleul, t. I, p. 51.
la tête et au cœur et lui donnèrent trois coups de sabre. Puis ils mirent le feu à sa maison et à l'église. L'infâme Laporte, qui commandait cette troupe, n'osa pas se trouver en personne au meurtre de son bienfaiteur, qu'il faisait faire par les mains de ses émissaires. Il était entré dans une maison du voisinage, d'où il ne sortit qu'après avoir entendu tirer.
« Telle fut la mort de ce vieux pasteur, qui avait quelquefois témoigné à ses confrères que quelques années de plus ne devaient pas les porter à faire rien d'indigne de leur état ^. »
« Ces malheureux osèrent dire à ce bon prêtre, écritil, qu'il devait rougir de rester dans une Eglise qui était la Babylone et la prostituée dont parle saint Jean dans l'Apocalypse, qu'il croyait à la parole des hommes. Et dans le temps que ce bon vieillard, âgé de soixantequinze ans, leur dit avec fermeté qu'il aimerait mieux mourir que de préférer la parole des hommes à celle de Dieu, on lui tira trois coups de fusil dans l'estomac, après lui avoir dit plusieurs fois de prier son Dieu.
« Il tomba raide mort, et ceux qui le relevèrent, trouvèrent sous lui les balles qui l'avaient traversé. On lui donna encore quelques coups de poignard... » (Mingaud.)
Salomon Gardez, secrétaire de M. du Chaila, fut surpris à Saint-Julien-d'Arpaon, dans la maison du sieur Lapierre, où il comptait passer la nuit.
« Au bruit confus que fit Laporte et sa troupe, on ouvrit une fenêtre et l'on demanda aux mutins ce qu'ils