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Le roi de Naples venait de s'emparer de Rome

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lieu depuis que celte résolution a été prise l'ont fait changer ; elle gouvernement lui désigne provisoirement pour habitation la ville de Parme. Il s'est mis en route le 7 germinal, pour s'y rendre, accompagné de quelques prêtres et de ses domestiques.

La déchéance du grand-duc de Toscane (24 mars 1799) ne pouvait manquer d'avoir une répercussion sur le sort du Pape, interné depuis onze mois à la Chartreuse de Florence. Le 26 mars, deux officiers français viennent lui signifier l'ordre du Directoire de se rendre à Parme sans délai. Après quelques préparatifs faits en grande hâte, le Pape prend congé des religieux du monastère et, le jeudi 28 mars, à 3 heures du matin, il monte en voiture. Couchée le 28 à \ Osteria délie Maschere, à Maschere : départ le 29 et couchée à Ponte di Scarical'Asino; le 30, couchée à Bologne; le 31, couchée à Modène ; le lundi 1*^ avril, arrivée à Parme après arrêt et collation à Reggio. A Parme, séjour au couvent Saint-Jean-l'Evangéliste.

Le 27 mars 1799, à dix heures du matin, le générai Gauthier, commandant de place, fit signifier au Saint Père qu'il eût à évacuer Florence à minuit. M. de Corinthe ne put obtenir qu'un retard de quatre heures, mais à neuf heures du soir un planton apporta l'ordre d'effectuer le départ à deux heures de la nuit.

« Le Saint-Père, écrivit Baldassari, était alors dans uq état de santé déplorable. La paralysie lui avait ôté l'usage de ses jambes, et une partie de son corps était comme morte : mais, malgré ses souffrances et ses infirmités, il conservait encore toute la vigueur de son âme. Il fallut recourir à l'aide d'une chaise à porteurs pour le transporter de sa chambre à la voilure ; mais la difficulté fut de l'y faire entrer et de le mettre à la place qu'il devait occuper. Quatre des serviteurs les plus robustes l'essayèrent inutilement. Alors deux palefreniers montèrent dans la voiture et, prenant le Pape par les bras, le tirèrent

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à eux, en même temps que ceux du dehors relevaient et le soutenaient de leur mieux. Ses soupirs et ses gémissements faisaient assez connaître ce qu'il avait à souffrir durant cette opération, qui ne demanda pas moins d'une demi-heure. Un tel spectale nous émut et nous attendrit profondément. Le capitaine Mougin, désigné pour commander l'escorte, ne put lui-même le soutenir jusqu'au bout ; il s'éloigna en attendant qu'on vînt l'avertir, et je puis assurer avoir vu des larmes couler des yeux de plusieurs militaires français qui nous entouraient. Mgr Carracciolo, Mgr Spina;, en costume de prélat, se placèrent vis-à-vis du pontife, et vers les trois heures après minuit, nous quittâmes la Chartreuse, le 28 mars 1799, et traversâmes Florence avant le jour. »

Le Pape arriva à Parme le 1" avril, il fut logé dans le couvent de Saint- Jean des bénédictins et y fit séjour jusqu'au 13 avril. Le 13 au matin, le capitaine Mougin transmit un ordre du quartier général de l'armée d'Italie quiprescrivaitl'évacuation duPape, dans les deux heures, dans la direction de Turin. Malgré les représentations des prélats et des médecins le commissaire s'en tint à ses ordres ; cependant, devant l'insistance de l'entourage, il hésita et, afin de voir si le corps du Pape était, comme on le disait, couvert de plaies, il arracha brusquement le drap du lit sur lequel le Saint-Père reposait.

Le Saint-Père fut très affecté lorsqu'on lui annonça qu'il fallait se remettre en route, il fut agité par une sorte de convulsion et dit qu'il refusait de partir. On lui représenta le péril dans lequel sa résolution allait mettre le duc de Parme et son Etat, alors le Pape dit : « Je partirai donc, puisque la force le veut. Mais qu'on m'emporte, car je ne peux plus faire un pas. »

N° du 5 floréal^ an VIL — On écrit de Turin : Le Pape est en route pour se rendre à Briançon.

N'^da 19 floréal, an VIL — Pie VI est parti le 25 ger-

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minai de Parme, sous l'escorte de douze grenadiers français, pour se rendre à Turin, d'après un ordre venu du quartier-général. Quelques jours après, trois cents hussards autrichiens sont entrés à Parme dans Tespoir de l'y trouver et de l'emmener. Ils y sont restés une heure et ont fait prisonniers cinq de nos ofûciers qui se trouvaient dans cette ville.

Le 13 avril un courrier apporte une dépêche au capitaine Mougin, commandant Tescorte, portant Tordre du transporta Turin sous la responsabilité du grand-duc. Le 14 avril, le Pape, exténué, monte en voiture ; couchée à Borgo San Domnino ; 15 avril, couchée à un mille de Plaisance ; 16, Plaisance ; 17, départ à 3 heures du matin, passage de la Trébie débordée, couchée à Castel San Giovanni ; 18 avril, couchée à Voghera ; 19, couchée à Tortone ; 20, couchée à Alexandrie ; 21, séjour ; 22, couchée à Casale di Monferrato ; 23, Crescentino ; 24, Chivasso, Turin.

25 avril (6 floréal). — Le Saint-Père quitte la citadelle de Turin sur linvitation du major de la place ainsi formulée : « Citoyen pape, je m'estime heureux de pouvoir vous offrir Tassurance de ma considération et du respect qu'a pour votre personne le général Grouchy, commandant à Turin. Toutefois il vous invite par mon organe à partir demain avant le jour pour vous rendre à Grenoble. Ainsi l'a décidé le Directoire de la République française.

26 avril (7 floréal). — Le Saint-Père est arrivé à Suse où il a été reçu à la grille du palais épiscopal par Mgr Tévêque et le Chapitre admis au baisement du pied. L'éfat de faiblesse de Sa Sainteté a nécessité son transport immédiat dans son appartement. 11 était étendu sur un pliant en cuir auquel étaient adaptées de larges bretelles que les domestiques ont passées sur leurs épaules. Un camérier soutenait la tête du Saint-Père, un autre les pieds. La suite se compose de trente-cinq personnes,

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parmi lesquelles Monsignor Caracciolo, maître de chambre ; Monseigneur Tévêque Gorinthe, Spina de Sarzane ; le père Jérôme Fantini, trinilaire déchaussé, confesseur ordinaire ; le père Jean Pie de Plaisance, mineur réformé; M. Baldassari, prêtre, secrétaire de Monsignor Caracciolo ; M. Joseph Marotti, ancien jésuite, secrétaire des lettres latines *.

27 avrih S floréal). — Le sieur Giraud, commandant de place, vient dès le malin faire savoir aux prélats que, eu égard à l'état de Sa Sainteté, le départ pour BriançoH était retardé jusqu'au lendemain.

28 avril {9 floréal). — Le Saint-Père entendit la messe, après quoi on la déposé dans une chaise à porteurs, seize hommes se relayaient pour le porter, suivaient les prélats montés sur des mulets que conduisaient les guides, ensuite les domestiques. Les soldats ouvraient et fermaient la marche. La température étant assez basse, le Saint- Père souffrit du froid dont son vêtement le préservait mal. Voyant cela, le chef des muletiers lui apporta une paire de grosses pantoufles de laine et plusieurs officiers piémontais le prièrent d'accepter leurs pelisses. Le pape répondait : « Je n'en ai pas besoin, mes enfants, je ne souffre pas, je ne crains rien... La main de Dieu me garde parmi tant de dangers 1 » Il consentit néanmoins à accepter la pelisse d'un jeune officier : « Merci, mon enfant », lui dit-il.

Le chemin était fort périlleux, néanmoins on put franchir le Pas-de-Suse, on passa à gué la Dora et le Bardo-

1. La suite se compose de : Philippe Morelli, Thomas Bonacorsi, Sauveur Jamberlichi, Ferdinand Coppi, Bernard Calvasi, André Rovelli, Vincent Gatenacci, François Bonacorsi, Félix Melia, Eléonore, sa femme, Benoît, son fils. Antoine Vigano, Gaspard Gagliardi. Nico. las Petagna. Vincent Nanni, Vincent Gotogni, Jean-Baptiste Bardoni- Beîioît, son fils, Dominique Mulatori Dominique Azerboni, Joachim Molinacci, Joseph Squanci, Louis BaronccUi.

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nèche. Au Pont-Ventoux, la population catholique d'Oulx attendait Sa Sainteté et lui fit escorte jusqu'à Oulx où le Pape fut logé chez M. delà Tourette, archiprêtre, dans la maison abbatiale.

29 avril {10 floréal). — Séjour à Oulx occasionné par les travaux de déblaiement de la route d'Oulx à Briançon. Les frais de l'escorte pour cette journée furent imputés au Pape. Un officier de l'escorte demanda à être introduit auprès de Sa Sainteté, mais de nuit, afin que la chose demeurât secrète.

30 avril (îl floréal) — Départ d'Oulx, à huit heures dumatin, pour Briançon. A partir de Cézanna, la suite dut mettre pied à terre à cause du péril croissant du chemin que le soleil rendait fort glissant On fit halte au sommet, au petit village de Mont-Genèvre. Le Saint- Père n'entra dans aucune maison. Pour fêter sa venue, les habitants sonnèrent les cloches. La descente fut moins périlleuse. La municipalité de Briançon prit l'arrêté suivant :

« Cejourd'hui, onze floréal, an VII de la République française, une, indivisible, à Briançon, dans la salle ordinaire des séances de l'administration municipale, présents les citoyens

« Considérant qu'il est nécessaire de prendre toutes les précautions et mesures de police qui peuvent maintenir et assurer l'ordre et la tranquillité publique àParrivée du Pape, qui est annoncée pour deux heures de ce jour;

« Considérant qu'il est important d'arrêterà leur source tous les mouvements et rassemblements que le fanatisme pourrait susciter, soit par le sondes cloches, soit par toute autre voie ;

« Considérant qu'il importe également de protéger le passage, l'arrivée et le séjour, par toutes les mesures qui peuvent s'allier avec les égards prescrits par le Gouver-

nement, et ceux qui doivent émaner de tous les républicains ;

« Ouï le commissaire du Directoire,

« Arrête : que les clefs du clocher et du temple décadaire seront déposées à la maison commune ; que le citoyen Vincent sera chargé de toutes les mesures de surveillance et de police relatives au passage du Pape, conjointement avec le citoyen Albert, commissaire de police, et qu'à cet effet la gendarmerie sera requise de les accompagner, soit pour faire écarter le peuple, soit pour prendre telle autre mesure commandée par les circonstances ».

« On avait annoncé prématurément l'arrivée du Pape à Briançon^. Il n'est entré dans cette ville que le 11 floréal à midi et un quart. » A un mille de Briançon, la troupe vint rendre les honneurs ; le bruit des tambours battant aux champs fatigua le Saint-Père qui leur fit signe de la main de cesser. Sur le glacis de la porte de Pignerol il reçut le salut du commandant de place et du corps d'officiers. Les habitants de la ville et des villages environnants 2 se pressaient sur le passage du Pape qui dit à un prélat : Amen dico vobis, non inveni tantam fidem in Israël 3.

Lettre adressée par un citoyen de Briançon à un citoyen de Grenoble *.

12 floréal an VII.

« Je t'annonce l'arrivée du Pape, ce n'est plus un compte (sic), il est arrivé hier à midi et quart. Voici le

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