Mémoires de Daily, Archives de la Drôme
Captivité et mort de Pie \I 97
les corps administratifs accompagnés de la garde nationale pour protéger son entrer. »
Le citoyen Curnier avait été proposé par le Directoire exécutif à la garde du Pape « tant de la surveillance de sa personne que de sa sûreté et des moyens de pourvoir à ses besoins avec les égards convenables. » Le citoyen Curnier ne trouva rien de mieux adapté aux exigences du logement de Sa Sainteté et son service que l'hôtel du Gouvernement, situé au centre de la citadelle. « Cette maison était située entre cour et jardin, et composée d'un rez-de-chaussée et de deux étages. La façade donnant sur la cour avait vingt fenêtres et une porte à deux battants ; celle qui donnait sur le jardin comptait vingt-six fenêtres et une grande porte. Des fenêtres de la chambre du Pape, on apercevait à trente-cinq mètres environ de profondeur et à une distance de sept à huit cents mètres le Rhône ; au delà du Rhône, de vastes campagnes bien boisées, et à l'horizon, une montagne très élevée, dominée par les ruines du château de Crussol. »
L'hôtel était alors dans un état de délabrement pitoyable. Le rapport du Commissaire Curnier dit que « les portes avaient même été déplacées et fermées dans un appartement dont le concierge nous dit que le citoyen d'Anglemont, officier d'artillerie qui était à Grenoble, avait la clef, ce qui me détermina à lui écrire pour qu'il l'envoie et que Ton puisse faire poser les portes. Il me répondit qu'il serait sous peu de jours à Valence. Cependant son arrivée n'est que d'hier. Je fus le voir et me transportai avec lui au Gouvernement, dont il fit ouvrir tous les appartements. Dans quelques-uns, je vis quelques mauvais bois de lit, quelques vieilles tapisseries qui étaientdétendues; il allait me remettre les clefs, lorsque je lui observai qu'il était nécessaire auparavant de faire faire un état et description des bâtiments du Gouvernement, du peu de meubles qu'il pouvait renfermer, parce que, d*abord, il
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fallait régulariser les dépenses qu'il y avait à faire pour réparer les appartements, et, en second lieu, parce que ce bâtiment étant tout démeublé, et ne pouvant être rendu logeable qu'en le remeublant avec le concours des âmes honnêtes qui voudraient bien prêter des meubles à cet effet, il fallait que les meubles prêtés par les particuliers ne pussent être confondus avec le peu qu'il y avait encore au Gouvernement, afin qu'ils eussent la facilité de les retirer lorsque la destination du Pape serait changée ^. » Sur la requête du citoyen Curnier, l'administration centrale prit un arrêté conforme aux propositions de Curnier touchant l'installation du Pape à l'hôtel du Gouvernement et les réparations à y faire ; mais les administrations du département refusèrent les offres de ]^me jjg Veynes et de plusieurs autres personnes qui proposaient de fournir les meubles nécessaires. Lorsque l'on sut que le Saint-Père arrivait à Grenoble, on autorisa Curnier à emprunter dans les familles catholiques les meubles nécessaires.
Le Commissaire Curnier à MM. de Jansac et de Rosiaing... à Mesdames Roux, de RaveU de Montalivet, de Saint-Germain, Savoie, de Bressac...
« Valence, 18 messidor an VII.
« Je suis chargé, citoyens, de faire préparer pour recevoir le Pape et sa suite un logement convenable ; j'ai choisi pour cela l'hôtel du Gouvernement, mais cet établissement étant absolument dépourvu de meubles, je suis obligé d'y pourvoir. Je viens en conséquence vous