‹ Les martyrs (volume 5)Chapitre 31 sur 75 · Seigneur, pardonnez- leur · texte numérisé non relu

Seigneur, pardonnez- leur

2. Moniteur, n" 355, et Courrier universel^ 23 fructidor an VII.

A trois heures et demie de relevée eut lieu la constatation légale du décès et on procéda à l'ouverture du corps du défunt. Le valet de chambre Morelli en revendiqua l'honneur en sa qualité de chirurgien. On reconnut que la mort était venue par « suite d'une dysenterie, accompagnée de beaucoup de sang et aggravée par la paralysie des parties inférieures de la vessie, dont le malade était atteint depuis environ vingt mois *. » On procéda à l'embaumement en présence des prélats, des serviteurs et des gens de l'administration départementale. Le corps fut ensuite revêtu des vêtements de sa dignité, les bas de soie blanche, les pantoufles de velours rouge brodées d'or, la soutane blanche, le rochet, la mozette écarlate brodée d'hermine, l'étole rouge et or, enfin le chapeau rouge avec galons et glands d'or.

Le corps fut déposé dans un cercueil de plomb et couvert d'un linceul de lin et recouvert d'aromates. On enferma une copie de l'inscription funéraire et cinq pièces de monnaie dans un tube en plomb 2. Le cercueil fut soudé, scellé et placé avec le sceau de plomb contenant les viscères dans un cercueil en bois de noyer.

Le corps fut transporté à la chapelle et placé sur une table ; on posa quatre chandeliers aux angles, les encensements ne purent avoir lieu, mais on put faire l'aspersion, quoique sans goupillon, et avec une branche d'arbre.

Chaque jour M. de Corinthe célébrait la messe devant le corps et donnait l'absoute, ce qui attira beaucoup de personnes empressées à faire toucher leurs chapelets et médailles au cercueil. Les gardes nationaux, malgré la consigne, favorisaient ce concours de monde, on les rem-

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