‹ Les martyrs (volume 5)Chapitre 56 sur 75 · A TAI-KOU, LE 8 DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

A TAI-KOU, LE 8 DÉCEMBRE

Entre 1802 et 1815 l'Eglise de Corée jouit d'une paix relative, elle se reforma, les fidèles conscients que tant de chutes survenues parmi eux à l'heure du péril pouvaient tenir à l'ignorance commencèrent à s'instruire et à s'organiser. Ils renouèrent des relations avec l'évêque de Péking et avec le Saint-Siège, enfin ils étendirent le christianisme dans des provinces qui n'en avaient pas encore entendu parler, le Kang-ouen et le Kiengsiang. Comme les lois de persécutions n'avaient pas été rapportées, le sort des fidèles restait livré à l'arbitraire des magistrats locaux et quelques martyrs versèrent encore leur sang pour Jésus-Christ.

En 1812, à Hong-tsiou, le martyre de Paul Ni qui sur le lieu de l'exécution, à l'instant de mourir, se fit apporter de l'eau et se baptisa lui-même, simple trait qui montre l'ignorance profonde des fidèles plus fervents de cette Eglise.

En 1813, à Kong-tsiou, trois martyrs : Paul Hoang et Mathîas Tsang ; quant à Pierre Ouen, il mourut en prison à la suite de la torture.

L'année 1815 allait voir de nouveaux martyrs en plus grand nombre. La persécution éclata inopinément le jour de Pâques. Tandis que les fidèles réunis chantaient à haute voix les pièces habituelles, les satellites, guidés par un traître nommé Tsen Tsisou-i, envahirent soudain le village de Moraison, au district de T'sieug-song. Quelques jours après, ce fut dans le village de Merou-san, au district de Tsin-po. Ces nouvelles vite ébruitées épouvantèrent les chrétiens, beaucoup s'enfuirent, un plus grand

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nombre furent arrêtés. Les supplices et la faim amenèrent beaucoup d'apostasies, mais il y eut un grand nombre de confessions.

Parmi les confesseurs se trouva un nommé André Kim, du village de Sol-moi, au district de Meu-t*sien. Fils d'un chrétien, Pie-Kim, il avait appris de bonne heure à servir et honorer Dieu; persécuté, poursuivi, il fut obligé de quitter ses parents et alla s'établir dans un pays inconnu, dans les montagnes, à Ou-lispat. Il y resta caché dix-sept ans, uniquement adonné aux œuvres de charité, à la prière, au jeûne. Sa nourriture se composait de millet cuit et salé, de feuilles d'arbres, de glands, de racines ; le jour il copiait des livres de religion, la nuit il instruisait les fidèles et travaillait à convertir les païens. Il fut arrêté et conduit devant le mandarin d'Ass-toug, mis à la question, fustigé ; il fut enfin condamné à mort avec six autres chrétiens dont l'exécution fut retardée pendant près de deux ans. C'est de la prison de Tai-Kom qu'il écrivit les lettres qu'on va lire.

Pendant leur longue captivité, ils furent, non seulement pour leurs frères dans la foi, mais pour les païens eux-mêmes, un sujet d'admiration. Délaissés sans ressources dans le cachot, le jour, ils s'occupaient presque tous de la confection de souliers de paille pour subvenir à leur subsistance, et Dieu permit qu'ils n'eussent plus trop à souffrir de la faim ; la nuit ils allumaient une lampe, et vaquaient tous ensemble à la lecture des livres pieux, et à la récitation de leurs prières qu'ils disaient en commun et à haute voix. Les habitants de la ville qui les entendaient en étaient tout surpris. Un grand nombre vinrent contempler de leurs propres yeux ce spectacle étrange, et s'en retournèrent stupéfaits. La joie, la tranquillité, la concorde de ces prétendus coupables, poursuivis par la justice humaine, étaient pour ces païens une merveille incompréhensible. Pas une dispute, pas une parole grossière, pas un mot d'impatience. « Est-ce donc là, se disaient-ils, le repaire des criminels ? )) La prison se trouvait en effet changée en une école de vertus ; elle présentait le spectacle d'une famille admirablement unie, et réglée dans tous ses actes et toutes ses paroles.

Des prétoriens et satellites se présentèrent souvent pour

savoir ce qu'était la religion chrétienne. Ils envoyèrent les plus instruits et les plus habiles d'entre eux, pour entamer les discussions sur les points fondamentaux de la nouvelle doctrine. André, le plus capable des sept prisonniers, acceptait avec joie ces occasions. Il développait à ses antagonistes les principaux articles de la foi, leur exposait la beauté des commandements de Dieu ; puis répondant à leurs questions captieuses, il les suivait article par article, réfutait tous les arguments, éckircissait en détail chaque matière, dételle sorte qu'en se retirant ils se disaient entre eux:<( Vraiment, il n'y a pas de lettré, quelque savant qu'il soit, qui puisse lui tenir tête, et sa parole peut être comparée à celle des plus fameux orateurs. )> André par le fait n'avait qu'une instruction incomplète, mais accoutumé à discourir avecles chrétiens des choses de la religion, il pouvait facilement mettre à bout, en pareille matière, la faconde de n'im porte quel prétorien. D'ailleurs, la grâce le soutenait toujours dans ces controverses qui ne manquaient pas d'une certaine importance, car les rapports des prétoriens circulaient ensuite dan» la ville et dans toute la province.

Bibliographie. — Ch. Dallet, Histoire de l'Église de Corée, t. I, p. 282-296.

Lettres d'André Kim.

Lettre d'André à son frère aîné.

(( Je commence, en mettant de côté toutes les formules habituelles. Au moment où je m'y attendais le moins, j'ai été arrêté par les satellites d'An-tong. Dans le premier interrogatoire, le juge criminel de cette ville voulut, à tout prix, me faire apostasier, mais, Dieu aidant, je tins ferme jusqu'à la fin, et je fus mis en prison. Après dix jours de détention, il me fit donner une volée de coups sur les jambes, et conduire en toute hâte à la prison criminelle deTai-kou. Là, le mandarin essaya par mille moyens tentateurs d'obtenir ma soumission,

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mais n'ayant pu y réussir, il me fit administrer une nouvelle bastonnade sur les jambes, et dépêcha au gouverneur pour l'avertir de l'état des choses. La réponse fut qu'on devait me forcera apostasier, et je reçus encore une volée de coups.

« Dans cette province, plus de cent personnes^ hommes, femmes et enfants, avaient été arrêtées. De ce nombre, les uns moururent de faim, soit dans la prison de leur propre ville, soit le long des chemins en se rendant au chef-lieu de la province ; les autres eurent la faiblesse de faire leur soumission, et aujourd'hui nous restons treize seulement. Tout ceci est un ordre de la Providence et un bienfait dont nous devons la remercier ; mais le corps étant si faible, il est difficile de tout supporter d'un cœur joyeux ; chaque instant est plus triste que je ne saurais l'exprimer. Pour moi, pauvre pécheur, n'ayant rien qui puisse me faire mériter la faveur du martyre, je compte uniquement sur le secours de tous les chrétiens ; priez et demandez sans cesse, et j'ai confiance que mes désirs pourront être comblés. »

Dans une seconde lettre, André dit à son frère : « Sans autre préambule, je vous écris deux mots à la hâte. Depuis bien longtemps, à cause de la distance, toute communication avec vous était interrompue ; je n'avais eu qu'indirectement de vos nouvelles, et pendant cette année de famine, mes inquiétudes devenaient de jour en jour plus graves. Contre tout espoir, je reçois enfin de votre écriture ; il me semble être avec vous tête à tête, est-ce un songe ? est-ce une réalité? Les sentiments de joie et de tristesse se pressent à la fois dans mon cœur ; j'ai la poitrine oppressée, des larmes coulent de mes yeux. Quand je perdis mon père, je ne pus l'assister à ses derniers moments ; j'en conservais un profond regret et je me disais : pourrais-je du moins assister à l'anniversaire de sa mort I Ce désir ne peut mainte-

nant se réaliser, j'en suis d'autant plus affligé. D'un autre côté, je suis heureux d'apprendre que pendant cette affreuse année, vous vous portez comme à l'ordinaire, et que toute la famille est en paix. La nouvelle de la mort de ma belle-sœur, au commencement du printemps, est bien fâcheuse, il est vrai ; mais nul ne peut éviter de mourir. Le point principal, le seul important, est défaire une bonne mort ; car, dans ce monde, pourquoi l'homme est-il né ? Sa grande affaire, c'est de servir Dieu, sauver son âme et obtenir le royaume du ciel. Si l'on ne remplit pas ces grands devoirs et qu'on perde le temps inutilement, à quoi bon la vie ?

« Après être venu au monde sans y penser, si l'homme s'en retourne de même, mieux vaudrait pour lui n'être pas né, et il se trouve dans une condition pire que celle de la brute même ; car quand l'animal meurt, il retourne dans le néant. Pour l'homme, il n'en est pas ainsi ; s'il ne sauve pas son âme, elle tombe dans la mort éternelle. La mort ! ce mot effrayant ! mais si le corps, qui doit nécessairement mourir, s'effraie de la mort, combien l'âme, qui est faite pour vivre toujours, ne doit-elle pas la redouter ? Que l'on entre une fois en enfer, jamais on n'en peut sortir ; on y vit sans vivre véritablement, on y meurt sans pouvoir mourir ; y aurait-on passé des milliers d'années, c'est toujours comme le commencement. Hélas ! hélas ! ne pouvoir jamais entrevoir la clarté du ciel et du jour ! toujours être plongé dans un gouffre ténébreux ! quand on y pense, cela fait frémir. Mais aussi quand on pense aux souffrances de l'enfer, les peines et les souffrances de ce monde ne sont plus qu'une ombre. On ne regarde plus comme pénibles les maladies et les infortunes d'ici-bas. Bien plus, si l'on sait en profiter, elles servent au salut. Le corps trouve bien de quoi se conserver la vie, comment l'âme ne pourrait-elle pas aussi le faire ? Les choses de ce monde ne sont en elles-

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mêmes ni bonnes ni mauvaises ; en use-t-on bien ? elles sont bonnes ; en use-ton mal ? elles sont mauvaises. Elles sont semblables à une échelle qui sert également pour monter et pour descendre, et chacune peut nous servir à éviter le péché et acquérir des mérites. En tout agissez avec joie et pour Jésus, et vous êtes un élu. Mais puisque tout dépend de la bonne ou mauvaise volonté, auriez-vous même des difficultés énormes, supportez-les avec patience pour Jésus, et elles opèrent le salut de l'âme et font obtenir le royaume du ciel. C'est pourquoi en traversant ce monde de douleurs et de tribulation, ne cherchez que la gloire de Dieu. Démolissez les montagnes de Torgueil, de la concupiscence et de la colère ; marchez au bonheur éternel.

« Pour moi, entré dans ce lieu de souffrances depuis déjà un an et, par un bienfait très spécial, ayant conservé ma santé, je remercie Dieu de cette faveur. Je suis la route du martyre, j'ose presque espérer ce dernier bienfait, mais je suis trop indigne de le recevoir. Les choses traînent en longueur, et aucune décision n'arrive ; j'en suis tout effrayé. Le corps en est plus à Taise, mais l'âme en devient d'autant plus malade, et dans ce corps vivant l'âme est comme morte. Si je ne puis obtenir celte faveur signalée, comment désormais résister aux trois terribles ennemis ? Quand le corps est faible, l'âme devient plus forte ; et si l'âme est faible, le corps reprend le dessus. Le temps ne revient pas deux fois : si je perds l'occasion présente, à tout jamais je ne pourrai la retrouver ; et plus je réfléchis à l'état des choses, plus je crains de manquer le bon moment. Espérer sans fondement serait folie ; aussi, avant tout, j'espère en une grâce toute gratuite de Dieu, en second lieu, je compte sur les prières de tous les chrétiens. Priez donc et priez de tout cœur et de toutes vos forces ; priez tous les jours,

pour que je porte du fruit, et ne devienne pas comme les arbres des forêts.

« J'avais une première fois reçu quelques objets, mais sans aucune lettre, et j'ignorais par qui c'était envoyé; cette fois, en lisant votre billet, j'ai tout compris. Ce qui m'est arrivé par cette seconde occasion, me sera fort utile dans les grands froids. Mille et mille remercîments. Au milieu de la gêne générale, je me trouve ainsi à charge à bien des personnes. Dieu veuille que j'arrive au but que mes soupirs appellent si ardemment ! »

Enfin André Kim écrivit aux chrétiens Ni et lou, pour leur recommander sa femme.

« Le temps passe vite, voilà plus d'un an que nous ne nous sommes rencontrées, et de part et d'autre notre peine est sans doute égale. Par occasion j'ai appris de vos nouvelles ; Dieu soit béni de ce qu'en ce terrible hiver, vous avez pu survivre à tant de privations. Pour moi, j'ai maintenant à supporter l'emprisonnement pour la foi. C'est, il est vrai, une belle position, mais malheureusement je n'ai encore que le beau nom de martyr, et à cause de mes péchés, tout est resté à un simple commencement ; le dénouement ne vient pas, et les choses traînent en longueur. Je suis comme les arbres de la forêt qui ne portent aucun fruit ; si tout en reste là, de quoi cela me servira-t-il ? Le temps est un trésor ; qu'on le perde une fois, jamais il ne peut se retrouver. Si je ne fais pas mes ejfforts en ce moment-ci, quel temps attendrais-je donc pour les faire ? Même dans les affaires du monde, si on manque l'occasion favorable, il est difficile de la retrouver ; à plus forte rai.son, dans Tafifaire du salut de l'âme.

« Pour moi, en embrassant la religion, je n'ai pas eu d'autre but que le service de Dieu et le salut de mon âme ; la position où je me trouve aujourd'hui n'a donc rien que de bien naturel, et mon cœur ne s'en rebute pas

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trop. Mais en apprenant la triste situation de ma femme, je m'afflige et me désole. On assure que pendant les rigueurs de l'hiver, elle n'a pas un endroit où se retirer, et quoique, dans le village où elle se trouve, tous soient nos parents ou connaissances, à cause de mon état présent, personne ne veut la secourir. Chacun prétexte la crainte de se compromettre, et elle est réduite à chercher ailleurs un refuge. Comment la dureté et l'insensibilité peuvent-elles être portées à ce point? Nous autres chrétiens, dès que nous embrassons la religion, nous quittons notre pays pour servir Dieu et sauver notre âme, et nous nous retirons au loin dans des lieux où nous ne connaissons personne. Nous faisons pour notre salut tous les sacrifices ; nous considérons tout, adversité ou prospérité, comme l'ordre de Dieu ; mais si toutes les peines qui nous viennent de la part des hommes sont un ordre de Dieu, si la joie ou la douleur, tout devient moyen de salut quand nous en usons bien, n'est-ce pas une meilleure œuvre encore de soulager ceux qui sont seuls et sans appui ?

« Prenez donc soin de ma femme, qui n'a aucun lieu pour s'abriter. Si vous la recevez dans votre maison, si vous la regardez comme une parente et tâchez de conserver son corps et son âme, vous travaillerez par là à votre propre salut ; aussi je vous la recommande avec confiance. Je le fais d'autant plus librement que votre propre fille est prisonnière avec nous, et, quoique j'ignore combien d'années nous devons partager les mêmes souffrances, tant que je vivrai, je ne cesserai de la soutenir de tout mon pouvoir ; de cette manière, il y aura compensation. Avec la charité, que ne ferons-nous pas ? Dieu lui-même a voulu fonder ce monde sur la charité ; si l'amour mutuel en disparaissait, comment le monde se conserverait-il ? L'Eglise ne forme qu'un seul corps, le ciel et la terre ne forment qu'un seul ensemble, le

monde lui-même ne forme qu'un seul tout. Qu'est-ce qui n'est pas fondé sur l'union et l'amour ? Dans un corps il y a beaucoup de membres, quel est le membre qu'on n'aime pas, quel est celui qu'on voudrait rejeter ? On ne vit que par l'aide qu'on se donne mutuellement ;le corps doit aider l'âme, et l'âme le corps ; il n'y a pas d'autre moyen de se conserver la vie. Quoique chaque homme soit un être à part, la tête de l'Eglise c'est Dieu, le cou c'est la Sainte Vierge Marie, les membres ce sont nous tous ; quand même on ne blesserait pas la tête directement, blesser les membres c'est blesser la tête, et de même, aimer les membres c'est aimer la tête. D'après cela, si on aime Dieu, on aimera les hommes, et si on aime les hommes, on aimera Dieu aussi... »

André et ses compagnons passèrent environ vingt mois en prison.

A la fin, de nouveaux ordres arrivèrent de la cour, et l'exécution fut décidée. Voici, d'après une notice rédigée à cette époque, ce qu'on a pu recueillir des personnes de la ville qui en ont été témoins. Lorsqu'ils furent arrivés au lieu du supplice, André Kim dut passer le premier. Le bourreau, novice dans son métier, se sentit sans force et comme paralysé : la tête du martyr ne tomba qu'au dixième coup. Tous les assistants furent stupéfaits du calme aveclequel André supporta ce supplice sans nom. Témoin de cet affreux spectacle, Joseph Ko dit au bourreau : « Fais attention et tranche-moi la tête d'un seul coup. » Son vœu fut satisfait, et d'un seul coup la tête tomba ; puis, les trois autres hommes furent décapités. Après quoi, le mandarin, s'adressant lui-même aux deux femmes, voulut encore essayer de les ébranler et leur dit : « Ces hommes viennent d'être mis à mort, mais vous autres femmes, pourquoi voulez-vous mourir ? Comparée à la leur, votre faute est légère. Allons, il est temps encore, dites seulement un mot, et je vous fais

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mettre en liberté. » Anne Ni répondit : « Comment pouvez-vous à ce point méconnaître les principes ? D'après vous, les hommes doivent honorer Dieu leur père suprême, et les femmes ne devraient pas Thonorer ! De nombreuses paroles sont inutiles. J'attends seulement que vous me traitiez selon les lois. » Puis toutes deux, comme d'une seule voix, s'écrièrent : « Quand Jésus et Marie nous appellent et nous invitent à monter tout de suite au ciel avec eux, comment pourrions-nous apostasier, et, pour conserver cette vie passagère, perdre la vraie vie et le bonheur éternel ? » Aussitôt elles eurent la tête tranchée. « D'où l'on peut voir, ajoute l'auteur de la notice, que, quoique appartenant au sexe faible, elles surent montrer une fermeté toute virile et, par l'offrande de leur vie, rendre un témoignage éclatant à la gloire de Dieu. » Ainsi se consomma le long martyre de ces illustres confesseurs. C'était le 1^"^ de la onzième lune de l'année pieng-tso (1816), à Tai-kou, capitale de la province de Kieg-siang. François Kim avait cinquante-deux ans ; Anne Ni, trente-cinq ans ; et Barbe T'soi, quarante ans. On ignore l'âge des autres.

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