I. Korykos, sur la mer, à quelques lieues de Séleucie
a. Basile de Séleucie en parle aussi comme d'une des femme* qui ont vécu dans ce monastère et ont rappelé les vertus de sainte Thècle.
3. Gamurrini, S. Silvix Aquitarue Peregrinaiio ad ioca sancla, édit. i883, p. kl et seq.
Appendice 1 53
détails topopraphiqiios q\\'\ tious sont donnés snr Sclencie ; il ne laisse plus de place ;i l'hypothèse de quelques critiques qui avîiçnaitnit le IV' siècle coinine date de composition du docu- Micnl édité par (irabe; car il semble bien que le livre lu par sainte Silvia, à Séleucie, soit celui-là même que nous avons analysé, y compris l'appendice sur Séleucie.
Quelques années plus tard, au V' siècle, un évcque de Séleucie d'isaurie, Basile, composa une Vie de sainte Thècle. L'ouvrage est curieux à plus d'im titre; pour Basile, citoyen de Séleucie, Thècle est une des ploires de sa cité, nous dirions presque une sainte nationale. De même que Tarse, la voisine et la rivale de Séleucie, se glorifie d'avoir donné le jour à saint Paul. Séleucie possède le tombeau de la vierge qui a été son disciple. Basile célèbre la gloire de sa chère cité, u Séleticie, dit-il, est au bas des montagnes qui regardent l'Orient, elle est la capitale des villes d'isaurie, elle est tout proche de la mer, voisine du Calycadnus.
« Ville illustre et agréable entre toutes, elle lutte avec Tarse pour la beauté des montagnes et du site, pour la douceur de son climat, la fécondité du sol, l'abondance des eaux, l'élégance et la salubrité des bains, l'industrie et la magnificence des citoyens, les qualités du peuple, l'éloquence des poètes, la fécondité des orateurs, le courage des soldats *. »
Mais la gloire incomparable de Séleucie, c'est d'avoir donné l'hospitalité à la vierge Thècle, c'est de posséder son tombeau. Basile nous donne les mêmes détails que Silvia sur l'église consacrée à la martyre; mais il ajoute que l'autel est à l'endroit même où la sainte disparut sous la terre ; il est surmonté , d'une coupole, entouré de colonnes et tout brillant d'or et d'argent. L'évêque nous parle aussi de l'énorme concours des citoyens de Séleucie ou des pèlerins étrangers autour du Martyrium.
Quand il nous retrace les diverses phases de la vie de sainte Thècle, il paraît suivre les Actes en les arrangeant à sa guise ; retranchant ici les détails qui le choquent ou lui paraissent
I. Baille de Séleucie. apud Miirne. Palroloaie Grccaue. t. 85. d. 5r>G «t auiv.
i54 Les Martyrs
extraordinaires, mais le plus souvent ajoutant de son propre (bnd ; il est atteint de la maladie qui régnait assez généralement sur les écrivains de son temps, la rhétorique ; cette vie de sainte Thècle lui paraît un beau thème à développements ; sa faconde se donne libre carrière et il ne se fait aucun scrupule de mettre à tout instant dans la bouche de ses personnages des discours dont le moindre défaut est de n'avoir jamais été prononcés.
Basile de Séleucie a consacré un autre livre à nous raconter les prodiges de tout genre qui s'accomplissent sur la tombe de la protomartyre et ne contribuent pas peu à y attirer tant de pèlerins. YAie rend la vue aux aveugles, remet les boiteux sur leurs jambes ; elle guérit les vices, maladies plus honteuses que celles du corps ; elle met sur la piste des voleurs et fait retrouver les objets volés. 11 n'est pas de miracle que l'on n'obtienne d'elle. Aussi mérite-t-elle d'être mise au premier rang parmi les saints. Toujours pitoyable à la misère, elle écoute les prières, de quelque côté qu'elles viennent : celles des malades et celles des gens en bonne santé; celles des voyageurs, qu'ils soient sur terre ou sur mer ; celles des gens en péril comme celles des gens qu'aucun danger ne menace ; celles des gens tristes et celles des gens gais ; celles des femmes non moins que celles des hommes ; celles des maîtres et celles des serviteurs ; celles des magistrats aussi bien que de ceux qui ne le sont pas , celles de ses concitoyens et celles des étrangers ; celles des vieillards, des jeunes gens, de ceux qui sont en paix et de ceux qui sont en guerre, des militaires, des gens de robe, de tous en un mot, sans exception. L'énumération est complète, on le voit, trop complète, hélas ! aux yeux du bollandiste Stilting et aux nôtres, et cette éloquence exubérante et vide nous laisse froids ' .
Ce culte de sainte Thècle, si cher à l'évêque isaurien et à ses compatriotes, s'étend, dans l'antiquité, bien au delà des limites d'une province. Sainte Thècle est connue dans la Haute-Italie ou dans l'Egypte, aussi bien qu'en Asie-Mineure. On l'appelle la