‹ Les martyrsChapitre 29 sur 147 · Cyprjen, Epist. LX^vXII, Successo Iratri · texte numérisé non relu

Cyprjen, Epist. LX^vXII, Successo Iratri

LU Les Martyrs

lation et de la contenir. On lit en effet dans les Actes d'un évêque nommé Hilaire qu'il fut torturé pour servir de leçon à tous : at ipso tormentato universi ejus corriganiur exemplo^.

Le premier édit de Valérien inaugurait des dispositions nouvelles. Le crime de religion est maintenant secondaire, il est puni par l'exil ; eu contraire, les réunions illicites sont punies par la mort ou les travaux forcés'.

L'année suivante (258), Valérien porta un nouvel édit qui aggravait le premier. Tous les évêques, prêtres ou diacres qui refuseraient d'abjurer sur-le-champ seront rais à mort : Episcopi et presbyteri et diacones incontinent i animadvertantar ; les nobles et chevaliers convaincus de christianisme seront dépouillés de leur dignité et déc; pités, les femmes du même rang exilées, les chrétiens de la maison de César seront assimilés aux esclaves des ergastulesy les plus misérables de tous. Un point qui n'est pas entièrement nouveau (on en signale des exemples au temps de Dcce), mais qui se généralise avec Valérien et se trouve énoncé dans l'édit de 238, c'est la confiscation des biens. L'édit de Gallien mit fin à la persécution. (( Jusque-là, plusieurs persécutions avaient cessé de fait, sans que le droit ait été changé. On laissait vivre les chrétiens et tomber en désuétude les lois d'exception rendues contre eux, mais le christianisme demeurait une religion illicite, toujours punissable en théorie. Gallien semble avoir voulu effacer cette tache originelle. Un édit général rendit aux évêques et à leur clergé — « aux

1. Acta s. Hilariiy§5{Act. SS., 16 mais). Voy. Acta S. Neslorii, § 2, 26 février.

2. Diyeste, XLVIl, xxii, 2 ; XLVlil, iv, i, 3 ; Gypùibn, EpisL, 77» 78,7»,

Préface lui

magistrats du Verbe », selon son expression — la liberté (le leur ministère. Puis des rescrits, envoyés à plusieurs êvé(|ues, réglèrent les mesures d'exécution. On a conservé lin de ces rescrits. Il est adresse k Denys d'Alexandrie «>t :\ ses collègues orientaux et les remet en possession des <( lieux religieux » saisis par le fisc. D'autres rescrits lèvent le séquestre établi sur les cimetières et permettent aux évèques d'en recouvrer l'usage. L'importance de ces actes éclate à tous les yeux. Les chefs des Eglises et leurs ministres, supprimés par Valérieu, reçoivent de son fils une sorte d'investiture et comme un titre officiel^. » i^ous ne savons rien de la jurisprudence de l'édit d'Aurélien(274).La mort de l'empereur, survenue peu après, empêcha en partie son effet. Bien que tombé en désuétude, l'édit d'Aurélien n'était pas Ibrmelleraent abrogé, il suffisait à détruire l'effet de la reconnaissance légale par Gallien et à replacer les chrétiens sous le coup de l'ancien droit qui les proscrivait en théorie.

Pendant le laps d'un quart de siècle environ qui s'étend entre l'édit d'Aurélien et celui de Dioclétien, 0:1 signale quelques martyrs, soit à Rome, soit dans les provinces. Le IIL' siècle, qui finissait alors, avait profondément changé la situation de TEglise chrétienne dans l'Etat. « Pendant la première moitié du siècle, dit M. Ailard, l'Eglise avait réussi, en se faisant accepter, soit comme collège funéraire légalement autorisé, soit au moins comme association de fait, à constituer le patrimoine nécessaire pour le culte, la sépulture et tous les besoins matériels ou spirituels d'une société organisée. Toute fiction légale avait même fini par devenir inutile,

1. P Allahd, Le Chrislianisme et l'Empire, romain (1897), Les Martyrs. — T. 1.

LIV Les Martyrs

puisqu'une décision impériale, aux environs de l'an 225, avait traité l'Eglise de Rome comme une corporation reconnue, et même comme une religion licite, en lui concédant un terrain avec permission d'y adorer Dieu. Il fallut le cruel édit de Déce pour rendre de nouveau illicite la religion chrétienne ; mais, même alors, la situation de l'Eglise comme corporation propriétaire ne fut point ébranlée. Cette situation était si forte au milieu du siècle, que Valérien la prit pour but principal d'une persécution nouvelle, et s'usa en vains efforts pour dissoudre l'association chrétienne. L'échec de sa tentative amena une seconde reconnaissance de l'Eglise, plus formelle encore que la première, par Gallien. De nouveau cette reconnaissance fut abrogée par l'édit de persécution d'Aurélien. L'Eglise retomba alors dans une situation juridique qui avait été la sienne au siècle précédent, jouissant le plus souvent d'une paix précaire, que des accusations individuelles ou même de nouvelles persécutions générales pouvaient interrompre à tout moment. Mais, au moins, l'expérience a été faite; il a été démontré que le pouvoir impérial peut s'entendre avec l'Eglise, et que le droit d'adorer un autre Dieu que les divinités officielles peut être accordé sans péril pour l'Etat. Par deux fois, l'antique législation de Rome a été mise en échec ^. y>

Les violences préliminaires à l'édit de persécution ne sont pas de notre sujet. L'édit de Dioclétien fut promulgué à Nicomédie le 24 février de l'an 303. Il ne contenait pas la peine de mort, mais seulement les dispositions suivantes : 1** Cessation des assemblées chrétiennes ;

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