‹ Les martyrsChapitre 33 sur 147 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

b. husRBE, Hisf. ecclés., VIII, 2 : itaiiT) f;irj5(^avTJ, cf. Le Blant, Les Perséc. et les Mort., p. 176.

Prétace LTl

approximation. Il s'en faut ([ue les persécutions aient sévi partout et toujours dans l'Enjpirc avec la même intensité ; aussi pour être tout à lait concluante, cette question voudrait être longuement étudiée à l'aide de statisticjues minutieuses. Cependant nous pouvons, en négligeant le détail, entre Néron et Constantin, de l'an 64 à l'an 313, sur un espace de 249 années, compter les ïi^tervalles que voici ;

Au I'^'^ siècle : 6 années de persécution, 28 années de repos ;

x\u Il« siècle : 86 années de persécution, 15 années de repos ;

Au III* siècle : 24 années de persécution, 76 années de repos ;

Au IV« siècle : 13 années de persécution sur 13 années écoulées.

L'Église fut donc persécutée 129 années et jouit de 120 années de repos. La répartition des périodes de persécution dans chaque siècle nous fait voir que toutes les générations ont dû connaître Talarme du martyre ; de là à s'y préparer, il n'y avait qu un pas. Voici comment on le franchissait.

Une des comparaisons les plus fréquentes dans les textes anciens est celle qui rapproche le martyr de l'athlète^. Peut être l'idée venait-elle de l'apôtre saint Paul, qui s'y complaisait. Quoi qu'il en soit, elle semble avoir eu un fondement moins fragile que des symboles toujours

1. S. Greg. Naz., Orat. XLIII. In Laud. Basilii, § 5 ; S. Chrysost., Laudes omnium martyrum, § 2 ; Homil. III, in Osicun, § 1 ; Constant. DiACON., Laudat. omn. mart.y § 8 ; A. Mai, Spici/. ro/n., t. X, P 108.

Lviii Lps Mariijrs

un peu subjectifs. Le métier d'athlète exigeait une moralité de vie, des habitudes sévères, un rcf^irae rigoureux, presque austère, tout ce que nous nommons entraîne» ment. Le martyr devra donc fortifier sa volonté par le jeûne, la mortification, la prière; la célèbre lettre des Eglises de Lyon el de Viciinc ccii écrite presque tout entière sur ce ton *,

Les expressions être prêt, être exercé^ s'appliquent, suivant les auteurs, tantôt aux martyrs, tantôt aux chrétiens. Eux-mêmes sont pleins de ces images. « On prépare des hommes aux combats singuliers et on les y exerce, dit saint Cyprien ; FApôtre nous enseigne d'être prêts nous aussi et exercés 2. )) Et ailleurs : « Nous sommes armés nous aussi et préparés pour le combat que nous livre l'ennemi 3. )) Quelquefois aussi on empruntait la métaphore aux choses de la guerre*. Cependant ce n'était pas sans une secrète appréhension que beaucoup envisageaient les heures d'atroce souffrance qui ouvraient le paradis. Plusieurs témoignages montrent naïvement le rang que tenait dans les âmes, même bien trempées, la préoccupation de la souffrance physique. Un martyr africain, Flavien, raconte ainsi une vision : « Il me sembla que j'interrogeais notre évêque Cyprien, le premier qui eût été immolé avant nous pour le Christ. Je lui demandais si le coup de la mort causait une grande douleur. Appelé au raartyre, je m'inquiétais de savoir ce que

1. Ceux qui faiblirent sont appelés àvéxotjjioi xat àyj^.'j.azoi. EusÈBE, Hist. eccl., V, 1.

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