Aula SS. Didymi et TheodorXy
haite rien autre chose, répondit l'un d'eux, que mon salut », et le gouverneur crut que le saint parlait de la vie de ce monde. « Cet homme, pensait-il. va sacrifier. » Il s'en réjouissait avec son assesseur, quand le martyr se mitàprieràvoix haute, suppliant le Seigneur de le garder de toute chute et des tentations d'ici-bas. « Comment I s'écria le païen surpris, tu viens de dire que tu voulais vivre, et voici maintenant que tu veux mourir I » Le fidèle répliqua : (( Je veux vivre, mais dans l'éternité, et non point en ce siècle périssable*. »
La préoccupation des martyrs tournée tout entière vers les choses du ciel explique comment ils se livraient à ces réponses inattendues des païens qui troublaient l'instruction et n'éclairaient pas les auditeurs. Certains magistrats, moins irascibles, prenaient leur parti de ces réponses ; d'autres, intrigués, profitaient de la circonstance pour s'éclairer un peu sur le langage mystérieux qu'on leur débitait et les réalités qu'il pouvait recouvrir.
Je cite quelques-uns de ces interrogatoires.
A Sabbatius : « Je ne te demande pas si tu es chrétien, dis-moi seulement quel est ton rang 2. »
« Assez de vaines paroles », dit-on à un autre 3.
A Ignace, surnommé Théophore : « Ainsi donc tu portes en toi le crucifié * ? ï)
A Tarachus : « De quelle armure parles-tu, maudit ? te voilà nu et couvert de blessures 5. »
Plusieurs interrogatoires montrent le chemin fait par