CONCLUSIONS
Nous avons cru bon d'essayer une étude d'ensemble sur des mastoïdites, qui ne se présentent pas avec les signes habituels de la mastoïdite classique.
Nous avons appelé ces mastoïdites : « mastoïdites profondes ». KElles ont pour origine l'infection de cellules éloignées de lantre, en communication. mdirecte avec lui où même complètement isolées. Les lésions peuvent se développer indépendamment de celles de l’antre et des autres régions de la mastoïde.
Elles succèdent parfois à une otite moyenne très peu marquée ou ne débutent qu’un certain temps après la terminaison de l'écoulement.
Les principaux signes par lesquels elles se manifestent sont : un mauvais état général avec inappétence et état gastro-intestina]l marqué, des céphalalgies tenaces avéc Insomnies, une élévation de température parfois peu considérable mais persistante, un torticolis, une tuméfaction et une douleur à la pression siégeant
soit au niveau de la pointe, soit un peu en avant et au-
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dessous d'elle, soit sur le bord postérieur de la mastoïde.
D'évolution éminemment lente et insidieuse, elles sont, plus que les mastoïdites ordinaires sujettes aux complications graves. La situation du foyer osseux, la profondeur de la collection à laquelle 1l va donner naissance, suffisent pour conférer à laffection un caractère tout spécial.
On a décrit diverses variétés de ces mastoïdites.
Les mastoïdites apicales, dues à linfection de cellules de la pointe. Ce sont les moins sujettes aux complications sérieuses. 1} est relativement simple de détruire le foyer osseux; elles donnent des collections cervicales généralement assez faciles à atteindre et à drainer.
Les mastoïdites jugo-digastriques, dont les lésions siègent vers la face inférieure de la mastoïde, en dedans de la rainure digastrique.
Les mastoïdites postérieures dont le point de départ est, d’une facon générale, l'infection de cellules périsinusales.
Dans ces deux derniers cas, les complications intracraniennes sont beaucoup plus à craindre. Pour atteindre le foyer osseux, il faudra toujours une opération importante. Les abcès qui se produisent peuvent évoluer de façons variables suivant la situation de leur point d’origine; on observe des collections dans les régions les plus profondes de la nuque, des collections
sous-occipitales, difficiles à atteindre et à drainer, qui sont plus spéciales à ces variétés.
Il importerait que le diagnostic fût assez précoce pour qu’une intervention pât prévenir les complications. Ce diagnostic est souvent fort difficile et surtout dans les cas de lésions très profondes, où il faudrait qu’il füt posé plus tôt. Il arrive que des symptômes tout à fait spéciaux, notamment des troubles d’irritation ou de paralysie dans les zones des nerfs glosso-pharyngien, pneumo-gastrique, spinal, grand hypoglosse, fournissent des indications précieuses, dont il faudra savoir profiter.
Le traitement, qui doit avoir pour but la suppression du foyer osseux, l'ouverture et le drainage de l’abcès, nécessitera souvent des résections importantes du massif mastoïdien et une brèche étendue de la région
cervicale.
Vu : le Président, P. SEBILEAU Vu : le Doyen, ROGER Vu et permis d'imprimer ::
Le Recteur de l’Académie de Paris,