CHAPITRE V
Application de la tension superficielle à la forme des amibes et des leucocytes. Mouvements amiboïdes. Phagocytose.
Equations des mouvements et déformations élémentaires. Calcul des réactions élastiques totales. Possibilité d'orienter les mouvements amiboïdes ; analogie avec les déplacements électriques du mercure.
Non seulement on peut appliquer à la physiologie les principes des mathématiques et les principes des sciences expérimentales ; mais encore on peut utiliser le raisonnement par analogie et tel fait qui explique un phénomène physique pourra souvent aussi servir d'explication à un phénomène biologique. | |
Considérons un leucocyte ou bien un amibe ; ce sont des corps à consistance fluide.
Supposons-les au repos. Quelle sera leur forme ?
Pour répondre à cette question, envisageons d’autres corps de consistance fluide : une goutte d’eau par exemple. Sa forme est sensiblement sphérique. Il en est de même d’un amibe ou d’un leucocyte ; c’est que ces corps présentent à leur surface une certaine tension superficielle :
tout se passe comme si les matières molles qui les com-
RES A Mtaets
posent étaient entourées d’une membrane de caoutchouc :
leur forme sera donc sensiblement celle d’une sphère.
Fig. 5. — Amibe. I à l'état normal; Il en nécrobiose.
La tension superficielle est variable et dépend des cir-
constances environnantes : supposons que, pour un motif
\ Fig. 6. — Leucocyte. I à l'état normal; Ilen nécrobiose.
où un autre, elle varie en certains points ; alors tout se passe comme si la membrane qui enveloppait le leucocyte devenait plus mince en ces points et incapable de maintenir fermement les substances molles qu'elle retenait. Il se produira vers ce point une poussée à laquelle
la membrane cédera et un écoulement de matière qui dé-
formera l’amibe ou le leucocyte. On comprend donc très à bien pourquoi l'amibe et le leucocyte ne présentent la forme sensiblement sphérique que lorsqu'ils sont en nécrobiose. de “ à
En même temps que la déformation, il y a déplacement du | centre de gravité : l’amibe subit un déplacement. |
On explique ainsi d’une façon très simple la manière de marcher propre à ces organismes.
Nous venons dé voir que le leucocyte se déforme en. avançant. Comment se déforme-t-il ? Garde-t-1l la forme d’un ellipsoïde aplati ? Ilest facile de voir que non et de
voir que sa déformation est irrégulière. El Pour le voir, étudions le déplacement d’un espace infini ©
ment petit, autour d'un point du leucocyte. Supposons le
déplacement continu ; ce sera notre seule hypothèse ; elle … ee
est d’ailleurs justifiée, car si le déplacement n'était pas
continu, il se produirait une déchirure et le corps du leu-
cocyte se séparerait en deux.
Soient u, v, w, le déplacement de l’élément de coordon- nées , y, 8: | < ;
Quant le point vient en æ+hy+h, 3+h
le déplacement 4, v, w devient w’, v’, w’ et l’on a :
uv du du du MONTE d& dy k + 7e l de dv ds EE EN FACE Kseié “ dE dx F dy Eu dz da du du Lo
Posons :
du a de. __ dw 1 di ? 2 dy’ d3 > dw dv 2b __ D — du en Lo ax db du 2 b; Le 7 dw de SALUE 77 dx ?
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On aura donc :
uw = à H BI — ÿk + ak + dk + BU, = D + yh — al + bh + ak + Bl D 10 + ak — 6h + b,h LE dk L al.
Les termes en %, &, sont relatifs à une translation : ceux en Bl — yR, Xh — «al, ak — $h à une rotation de composantes &, B, y, les termes complémentaires à une déformation qui se fera normalement à l'ellipsoïde :
ae? + ay + a32° + 20,yz + 2b:3x + 2b3æy — X.
Par suite, le déplacement infiniment petit des molécules du leucocyte se compose d’une translation, puis d’une rotation, puis enfin d’une déformation élémentaire.
Ainsi, le fait seul que les diverses particules qui composent le leucocyte ne restent pas immobiles, suffit à nous
MA Depn
faire concevoir qu’en se déformant il ne restera pas semblable à lui-même.
Au contraire, chacune de ses parties, si petite qu’elle soit, sera déformée : leurs fonctions relatives changeront, puisqu'elles effectueront non seulemen t une translation mais aussi une rotation et subiront un changement de volume. La déformation totale résultant de ces déformations partielles, sera donc irrégulière ; les déformations élémentaires seront déterminées par la tension superticielle.
Mais chacune des particules du leucocyte est douée d’une certaine élasticité ; chaque atome qui le compose est comme un ressort qui se tendet se détend.,
Or il n’est pas impossible de calculer les réactions élastiques du leucocyte.
En effet, les réactions élastiques sont égales à
ANA A TIR ATS JF ++) Æ ts (MN, + nTi + pT,) do.
N; et T; désignant les composantes de forces élastiques élémentaires ; do et ds le volume et la surface d'une molécule du corps considéré; "”,n, p, les cosinus des angles que la normale de la surface d’une molécule fait avec les axes.
On aura, relativement aux deux autres axes de coordonnées deux relations analogues.
Or, supposons que le leucocyte se déplace suivant l’axe des x, pour fixer les idées.