CONCLUSION
Nous aurions pu donner d’autres exemples d’application des mathématiques à l'étude des phénomènes biologiques, physiologiques ou pathologiques ; nous aurions pu montrer l'application du calcul de la résistance des matériaux à la structure des os (1); nous aurions pu développer les applications de la thermodynamique à la biologie (2) ; nous aurions pu reproduire une intéressante étude analytique de l’auto-intoxication (3), etc.
Ces exemples nous auraient amené aussi bien que ceux que nous avons cités, aux mêmes conclusions que nous formulerons ainsi :
Dans l'état actuel de la science, l'application directe des mathématiques aux phénomènes biologiques repose souvent sur de grandes illusions : ils dépendent d’un trop grand nombre de variables et les données indispensables à la mise en équation sont trop peu connues.
Mais si l'on ne peut actuellement établir toutes les lois
biologiques par le calcul, on peut, grâce aux mathémati-
(1) D'Arsonvaz, Gartez, etc. Traité de Physique biologique.
(2) D' André Broca. Les tranformations d'énergie dans l'organisme.
(3) D: J. Descuawrs. Principes de biologie rationnelle.
ques, faire mieux comprendre par certaines analogies le caractère de nombre de ces lois.
En outre, l'emploi des représentations graphiques, familières aux mathématiciens, est susceptible de simplifier et d’éclaircir nombre d'explications difficiles à bien présenter sans ce secours. pt
Enfin les progrès que fait chaque jour la physique biologique ne tarderont pas à amener dans les méthodes thérapeutiques une véritable révolution ; l'avenir est incontestablement à la physico-thérapie et 1l sera un temps où ce ne seront plus seulement quelques spécialistes, mais tous les médecins praticiens qui devront être au courant des progrès de la physique, ce qui exige une certaine instruction mathématique. |
Les progrès de la médecine sont. d’ailleurs liés aux progrès de l'emploi des méthodes mathématiques. Les paroles suivantes de lord Kezvix doivent en effet être appliquées aussi bien à la médecine qu’à n’importe quelle autre branche de nos connaissances : « Je dis souvent que si vous pouvez mesurer ce dont vous parlez et l’exprimer par un nombre, vous savez quelque chose de votre sujet; mais si vous ne pouvez le mesurer, si vous ne pouvez pas l’exprimer en nombre, vos connaissances sont d’une pauvre. espèce et bien peu satisfaisantes ; ce peut être le commen- u cement de la connaissance ; mais vous êtes à peine dans vos pensées, avancés vers la science, quel qu'en puisse être l’objet. »
Mais, même lorsqu'on aura pu déterminer toutes les
conditions expérimentales et que les mathématiques au-
ront fait des progrès suffisants pour pouvoir traiter par le
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L L l L calcul tous les phénomènes physiologiques ou pathologiques, l'observation, l’expérience et, par suite, la clinique ne continueront pas moins à Jouer un grand rôle dans les
recherches destinées à faire progresser la science médi-
cale.
Car, comme le dit justement M. H. Porxcaré: « L’ex-
périence est la source unique de la vérité : elle seule peut
nous apprendre quelque chose de nouveau; elle seule peut
nous donner la certitude. Voilà deux points que nul ne peut contester (1). »
C’estun fait connu que nombre d’étudiants en médecine
négligent — à tort — l’étude de la physique biologique
qui est cependant appelée à participer, pour une grande part, aux progrès de la médecine.
Nous croyons que cet abandon regrettable provient surtout de leur instruction mathématique qui est beaucoup trop faible pour leur permettre de comprendre les lois de la physique (2). Nous sommes persuadés que s'ils étaient à même de les comprendre, ils verraient mieux l'avenir qui est réservé à la physique biologique.
Nombre de savants commencent d’ailleurs à se préoc-
. cuper de la nécessité de donner aux médecins une plus
forte éducation mathématique.
Dans une des conférences sur l'Education de la Dé-
(1) H. Poincaré. Rapports présentès au Congrès international de physique, t. L, p. 1.
(2) Nous constatons tous les ans que le plus grand nombre des étudiants du P. C. N. éprouvent de la difficulté à faire le moindre calcul numérique.
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En outre, le fait de posséder déjà ce tiers de HR certainement po de LUe :
fait que les connaissances nt. pe aux run et aux chimistes, rendent aussi de &
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