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ÉQUIVALENTS DES ENGRAIS

daoftioo SubftURces. de matihv

Doa dOMéchée.

Roseau frais 0,43

Spergule en fleurs 0,39

Trèfle eu fleurs 0,37

Bouse de Tache 0,31

Madia 0,22

Engrais flamand 0,20

Sarrasin en fleurs 0,16

demaiière.

QotDtité de matière remplacmnt 10 000 Ml.

do fumier.

100 kil.

10000 kil.

Ces équivalents n'ont une valeur réelle qu'autant qu'on a égard à la facilité avec laquelle se décomposent les engrais. Lorsqu'une matière, comme les plumes, les chiffons de laine, les os, etc., agit lentement, c'est-à-dire pendant plusieurs années, on doit, si l'on veut appliquer une fumure annuelle et égale à l'action fécondante de 10000 kilog. de fumier normal, doubler ou tripler la quantité inscrite dans la troisième colonne. Ainsi :

QuADtilé Quantité

Dorée d'action, déterminée déterminée

pa^ la théorie, par la pratique.

ChifTons de laine 4 à 6 années. 250 kil. 1000 à 15ii0 kil.

Débris de cornes 4 à 5 — 270 — 9000 à 10000 —

Paindecreton 243— 850^ 800 —

Os concassés 243 ^ 550— 6504 1200 —

Buis 243 — 3500— 9000 4 1000— .

Je n'ai point mentionné dans la liste qui précède les engrais fournis par le règne minéral, parce que je n'admets pas qu'ils puissent remplacer les matières organiques animales et végétales.

SECTION IV

Vftlenr «•■merclale Aetvelle dies eas^^^**

Je crois utile de faire connaître les prix moyens des engrais que le commerce livre en F'rance à l'agriculture, en observant que ces prix varient selon les localités et les

années.

1* Sngrais mttiéraux.

Marne mètre cube,

Chaux hectolitre,

Falun mètre cube,

Coquilles de moules hectolitre,

Merl mètre cube,

' Tangue —

Cendres pyriteuses hectolitre.

Sulfate de fer 100 kilogr. ,

— de soude —

— de potasse » . . • —

Carbonate de potasse ~

Nitrate de soude —

— dépotasse —

Sulfate d'ammoniaque —

Ghlorhyd rate d'ammoniaque . —

Suie de bois hectolitre,

Charrées —

Cendres de tourbe —

— de varech. . • ^

Phosphate de chaux minéral. 100 Idlogr. , Os naturels. ^

— fondus —

— en poudre —

Noir animal pur —

2" Engrais végétaux.

Goémons mètre cube,

Tourteaux de colza 100 kilogr. ,

— d'œillette —

— de sésame ^-

— d'arachide —

Roseaux verts la botte,

SOà

JOà

3* Enffraù animaux.

Matière fécale mètre cube , 2^ » à 4' ,50

Poudrette pure hectolitre , 8 , » à 10 , »

— du commerce — 3 ,50 à 5 , *

Golombine ^ 8 , * à 10 , >

Guano du Pérou 100 kilogr., 32 ,50 à 35 , »

— des îles Baker — 50 , » à 24 , »

Viande fraîche — 3,» à 5,»

— desséchée — Î0,»à 30,»

SangHquide hectolitre, 3, Ȉ 5,50

Sang sec 100 kilogr., 25 , » à 35,»

Poudre de poissons <— 16 , » à 20 , »

Marc de colle — 1 ,75 à 2 ,50

— d'huile de poissons .... — 1 , » à ï ,24

Chiflbna de laine » 4,»à 6,»

— en poudre — 18 , » à 20 , »

Débris de cornes — - 20 , » à 25 , »

Raclures de cornes — 22 , » à 90 , >

Rognures de peau — 5,»à 6,»

Raclures de peau — 4,» à 5,»

Creton — 14 , • à 16 , »

4* Engrais artificiels.

Boues de ville mètre cube, 2', » à 4', »

Guano-Derrien 100 kilogr. , 19 , *

Varech animalisé — 3,»

Engrais-Lainé hectolitre , 3 ,50

Engrais-Pen-Bron — 8,»

Engrais-Poisson 100 kilogr. , 10 , »

Engrais- Turrel — 5,»

Guano d*Aubervilliers — 30 , »

— Milhaud — 30 , » à 32 , »

humifère — 24 , »

Le guano du Pérou se vend , pris ^u Havre, à Bordeaux, etc. , 32 fr. 50 c. les 100 kilog., lorsque la quantité demandée dépasse 12000 kilog. Lorsque les livraisons sont au-dessous de cette quantité, la valeur atteint 35 fr. A ces prix, il faut ajouter : P les frais de commission qui sont de 1 pour 100; 2<» les frais de déchargement qui ont été fixés à 30 c. par 100 kilog. Ces dépenses élèvent donc le prix de cet engrais^ dans le premier cas à 33 fr. 15 c, et dans le second à 35 fr. 65 c.

La valeur des os a toujours été progressive depuis l'époque

680 ÉCONOMIE DBS ENGRAIS.

OÙ le charbon d'os a remplacé le charbon de bois dans la coloration des sirops. Ainsi :

BnlSlO,

les

09 86 Tendaient

2 fr. les 100 kil.

Cette augmentation trouve son explication dans Textension que prennent chaque année la fabrication et l'emploi des engrais artificiels. Elle démontre la nécessité de substituer aux OB le phosphate de chaux à l'état naturel ou après l'ayorr transformé en phosphate de chaux bibasique, comme on le fait maintenant en Angleterre.

SECTION V

Fraude des eagrale.

L'extension que prend chaque année le commerce des engrais artificiels a déterminé des fraudes inqualifiables. Ainsi, on a falsifié et on falsifie encore les engrais commerciaux en leur «goûtant des substances inertes : de la terre, du sable, de la tourbe y de la sciure de bois , des laitiers pulvérisés, etc., etc.

Cette falsification a lieu dans tous les départements où Ton vend de la poudrette , du noir animal et des engrais analogues. Elle est aussi pratiquée en Angleterre, en Bel* gique, etc.

Ainsi, en 1852, on vendait au Mans un guano qui contenait une très-forte proportion de sable, de fragments de brique, de houille, de scories. La même année, on importait à Dunkerque un guano qui avait l'apparence du guano du Pérou, mais qui contenait plus des neuf dixièmes de son poids de matière terreuse et inerte. L'année précédente, le docteur Anderson a constaté que les engrais de plusieurs fabricants de Londres ne contenaient aucune trace de phosphate de chaux alors que, suivant les prospectus, ils auraient dû en contenir 19 à âO pour 100 et que d'autres, qui devaient ren-» fermer 38 de matières organiques azotées, n'en contenaient pas au delà de 2 pour 100. Des faits analogues s'observent chaque jour en France. Ainsi, à tout instant, les chimistes vérificateurs font poursuivre des fabricants qui vendent des engrais ne contenant pas au delà de 36 de phosphate de chaux alors qu'ils devraient en renfermer, d'après leurs prospectus,

59 pour 100. Ces fabricants sont toujours condamnés, mais la pénalité qui les frappe est très-souvent l^re. Toutefois, tous les tribunaux ne se montrent pas toujours indulgents. Ainsi, le tribunal correctionnel de Dijon, usant largement des pouvoirs que la loi lui a concédés, a condamné, le 30 décembre 1856, H. Bavelier, rafSneur de sucre, à quatre mois de prison, 200 fr. d'amende et 2000 fr. de dommages-intérêts, pour avoir vendu sciemment à M. Paul Thénard, agriculteur et chimiste, du noir animal falsifié avec du charbon de bois. J'ajouterai que les industriels qui sont parvenus à imiter le guano du Pérou enlèvent dans les gares les plombs des sacs pour les attacher à des balles contenant leur mélange frauduleux.

Les condamnations prononcées par les tribunaux n'ont souvent que des effets temporaires. Ainsi, H. Masselin, à Nantes, qui a été condamné pour tromperie sur la nature des engrais qu'il fabriquait, a annoncé depuis un guano avinos, comme ayant la même composition que le guano du Pérou. Cette audacieuse tromperie n'échappera pas, j'oSe l'espérer, aux agriculteurs qui achètent des engrais commerciaux, et elle démontre combien il est nécessaire de surveiller la vente des engrais.

La fraude des engrais est aujourd'hui combattue dans plusieurs départements : Loire-Inférieure, Ille-et- Vilaine, Morbihan, Côtes-du-Nord, Finistère, Vendée, Maine-et-Loire, Mayenne, Indre, Gironde, Calvados, Seine-Inférieure, Seineet-Marne, Seine-et-Oise et Somme, par des arrêtés préfectoraux.

Cette répression porte chaque jour ses fruits, mais elle serait beaucoup plus efficace si la législation relative aux troipperies sur la qualité élait nettement définie. Dans les circonstances actuelles, les tribunaux ne peuvent frapper

sévèrement les fraudeurs que lorsqu'ils trompent sur la na* ture. Ainsi 9 un fabricant qui livrera, comme renfermant 6 pour 100 d'azote, un engrais qui n'en contiendra que 2, n*aura pas trompé sur la nature, mais seulement sur la qualité. Alors, il ne sera condamné qu'à une légère amende.

Tous ces faits prouvent combien les agriculteurs ont raison de demander au gouvernement la reprise du projet de loi sur la fraude des engrais, projet que M. Dumas, sénateur, a déposé comme rapporteur, le 8 août 1851, sur le bureau de l'Assemblée législative et que je crois utile de faire connattre.

Art. l*'. Toute tromperie sar la nature et la composition quantitative d'un engrais vendu ou mis en vente , toute tromperie sur l'origine d'un amendement vendu ou mis en vente, sera puni des peines portées par l'art. 423 du Code pénal.

Art. 2. Tout fabricant ou marchand d'engrais devra, sur chaque espèce d'engrais qu'il expose en vente, placer à demeure une affiche indicative de la nature et des 'proportions des matières qui constituent cet engrais.

Tout fabricant ou marchand sera tenu de délivrer à l'acheteur une facture indiquant la nature et les proportions des matières qui constituent cet engrais.

Art. 3. Les préfets dans les départements , le préfet de police dans le ressort de sa préfecture, sont autorisés à prendre les arrêtés nécessaires pour l'inspection des fabriques et des magasins d'engrais, et la vérification de la nature et de la composition des engrais mis en vente. La dépense de ces inspections et vérifications, si elles sont reconnues utiles par les conseils généraux, sera inscrite parmi les dépenses facultatives du budget départemental.

Art. 4. Dans le cas de condamnation pour un des délits prévus par l'art, l*' de la présente loi, le tribunal pourra ordonner Taffiche du jugement dans les lieux qu'il désignera, et son insertion intégrale ou par extrait dans tous les journaux qu'il indiquera, le tout aux frais du condamné.

Les deux tiers du produit des amendes prononcées en vertu du même article seront attribués aux départements dans lesquels les délits auront été constatés.

Art. 5. L art. 463 du Code pénal sera appliqué aux délits prévus par l'article de la présente loi.

Art. 6. Toute contravention aux prescriptions dé l'art. 3 de la présente loi, et aux arrêtés pris par les préfets, en vertu de Tart. 3, sera punie des peines de police portées par les art. 479 et 452 du Code pénal.

Cette loi, si elle était adoptée parles Chambres législatives.

rendrait un service important à l'agriculture et aux commerçants honnêtes. Elle atténuerait la fraude, empêcherait les effets du charlatanisme, et les nombreux abus existants dans le commerce des engrais, abus qui compromettent à la fois, comme le disait l'honorable M. Dumas, les espérances de l'agriculture et l'autorité de la science.

Cette répression serait d'autant plus salutaire, qu'il se vend annuellement à Nantes des milliers d'hectolitres de tourbe, de terres noires, avec lesquelles on fraude le noir animal ou on fabrique des engrais commerciaux, sophistication qui occasionne chaque année à Tagriculture des départements de l'Ouest une perte réelle de plus de deux millions !

La fraude est devenue à Nantes, ville qu'il faut regarder comme l'entrepôt général des engrais employés dans les anciennes provinces de la Bretagne, de l'Anj&u, du Maine et du Poitou, une industrie très-importante et très-lucrative. Toutefois, cette falsification serait plus considérable encore si l'administration préfectorale de la Loire-Inférieure n'avait pas pris des arrêtés pour la paralyser. Mais il ne suffi* sait pas d'obliger les fabricants et les vendeurs d'inscrire sur un écriteau placé sur les tas d'engrais le nom sous lequel ils les vendent, ainsi que leur richesse en phosphate de chaux, en matières animales, en sels ammoniacaux ou en azote, il fallait aussi s'assurer par l'analyse si les engrais répondaient par leur nature à la composition inscrite sur les enseignes.

La répression de la fraude des engrais a pris naissance dans le département de la Loire-Inférieure. C'est M. Soubzmain, ancien maire de Nantes, qui le premier fit comprendre la nécessité d'un bureau de vérification. Ce bureau fut créé en 1837, mais il ne fonctionna régulièrement qu'à partir

de 1840, époque où M. Bertin en eut seul la direction. Ce chimiste remplit avec zèle ses fonctions pendant douze ans.

C'est M. Bobierre, professeur de chimie à l'École préparatoire des sciences, qui est chargé, depuis 1848, de vérifier les échantillons de 250 à 300 grammes pris dans les chantiers par l'inspecteur d'agriculture, les maires ou les commissaires de police. Si l'analyse constate une altération notable sur la nature et la qualité de l'engrais, M. Bobierre dresse un procès-verbal et le transmet au procureur impérial pour qu'il poursuive le délit.

C'est par ces mesures qu'on est parvenu à poursuivre la fraude et qu'on est arrivé," suivant l'expression de M. *Dumas, à forcer le charlatan à descendre de ses tréteaux. Les faits qu'on lit dans les rapports adressés, chaque année, par M. Bobierre au préfet de la Loire-Inférieure, constatent les immenses services rendus à l'agriculture de l'Ouest par le bureau de vérification. Ainsi M. Bobierre a reconnu que les échantillons qu'il a analysés devaient être divisés comme il suit :

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