SULFATE DE FER
SECTION II
Sviftite de fer.
Le suirate de fer, ou couperose verte, a été pendant longtemps regardé comme nuisible aux végétaux ; les essais faits en Allemagne et en Angleterre pendant les premières années de ce siècle, confirmèrent cette opinion. On avait bien alors constaté que, dans certains cas, il produisait des efiTets favorables; mais les expériences où il fut nuisible ou au moins inutile, avaient été si nombreuses, que les partisans de ce nouvel engrais n'osèrent proclamer les effets utiles qu'il avait pro* duits. Ces expériences, du reste, laissèrent beaucoup à désirer parce qu'on oublia de déterminer positivement les quantités appliquées. Cette omission, ne permettant pas d'indiquer la dose la plus favorable à la végétation, engagea Thaër en 4809 à considérer la question comme* imparfaitement étudiée.
M. Gris, frappé de l'effet que produisent le fer et ses com • posés lorsqu'ils sont appliqués dans l'espèce humaine au traitement de cet état particulier de langueur qui se dénote par la décoloration du sang, état auquel on donne le nom de chlorose^ pensa que la maladie des végétaux que caractérisent leur débilité et leur défaut de coloration, affection que l'on désigne par la même dénomination et qui est identique à celle dont il vient d'être question, pourrait peut-être se combattre par le fer, et il soumit divers végétaux chloroses
1. Cet état maladif, torte de phthisie végétait , se trahit sur les végétaux par une coloration jaunâtre des feuilles; cette altération accuse un état de souffrance dans las plantes et présage leur dépérissement.
au régime de ce spécifique. Les résultats qu'il obtint dans ses essais furent si favorables que le Comice de Châtillon jugea utile, en 1843, d'expérimenter le sulfate de fer comme succédané du plâtre sur des prairies artificielles. Toutefois, si ces essais prouvèrent de nouveau son action favorable sur les végétaux, ils permirent de constater que lorsqu'il survient une longue sécheresse après son application, ce sel se convertit en oxyde de fer insoiubie, et n'est pas absorbé par les plantes.
M. LeclerC) de Châtillon, employa, la même année, le sulfate de fer sur des blés jaunes et maladifs; il mêla à un hectolitre de terre 3 à 8 kilog. de sulfate de fer, et fit répandre ce mélange sur ces végétaux; les résultats furent remarquables : ces blés chétifs, languissants, égalèrent bientôt ceux qui étaient vigoureux et sains. M.Dumont, de Fontaine, répéta la même expérience en 1845, avec le même succès.
Il n'est plus permis de douter aujourd'hui de l'action du sulfate de fer sur les végétaux chloroses. De nombreux essais faits dans ces dernières années permettent de regarder la question comme résolue.
Voici, d'après M. Gris, les précautions indispensables qu'il faut prendre si Ton veut réussir :
1^ Répandre sur des blés chloroses, une eau ferrée faite dans les proportions suivantes : eau, 500 litres et sulfate de fer, 1 kilog.;
2*» Opérer par un temps un peu sombre, mais le plus chaud possible;
3« Répéter, s'il y a lieu, la même opération huit ou dix ofurs après.
La dissolution doit être employée avant qu'elle ne soit troublée par la rouille.
On doit répandre 30 000 litres environ par hectare ou 300