SULFATE DE FER
litres environ par are. Si l'on n*a pas d*eau à sa disposition, ce qui est le cas[ le plus ordinaire dans les grandes cultures, il faut de toute nécessité profiter d'un temps pluvieux pour répandre sur les céréales le sulfate de fer réduit en poudre et mélangé, au moment de son emploi, avec une certaine quantité de terre sèche et pulvérulente, soit 40 kilog. par hectare ; cette opération devra être renouvelée huit ou quinze jours après, si les circonstances l'exigent.
Enfin M. Gris a constaté que, par une température de + 25 à -f- 30 degrés, les effets produits sur la chromule par l'absorption épidermique se manifestent en général trèspromplement, surtout si les feuilles sont molles et celluleuses, mais qu'ils sont nuls si la température descend au-dessous de + 10^
Il résulte de ces faits que le sulfate de fer est plutôt un spécifique qu'un véritable engrais. Il est vrai cependant que M. Maître a remarqué que ce sel agissait à la manière du plâtre sur la luzerne; mais que conclure de cette seule expérience? Est-il bien démontré que 7 kilog. pulvérisés grossièrement, et mélangés à 175 litres déterre puissent être regardés comme suffisants pour un hectare? Ce corps, qui a une action nuisible sur la végétation quand il abonde dans un sol, peut-il être appliqué à une dose plus forte que celle indiquée par M. Gris ou employée par M. Maître? Mais ces points dubitatifs ne sont pas les seuls qui doivent engager les agriculteurs à expérimenter encore ce sel métallique; il en est un autre non moins important, à savoir : si le sulfate de fer, employé dans une proportion déterminée par Texpérience, agit sur les plantes saines, les végétaux ordinaires, quelle sera l'explication par laquelle on fera connaître son action? Thaër a supposé que l'action de Tair et de la lumière opère la déconjposition de l'acide sulfuriqueet que l'oxygène
de ce corps se combine avec le carbone» et forme de Tacide carbonique ou quelque autre substance favorable à la végétation. Cet agriculteur pensait, en outre, que le sulfate de fer a une grande influence sur les végétaux lorsqu'il est intimement combiné avec le charbon, comme dans la tourbe vitriolisée; enfin, il admettait que, non combiné avec le terreau du sol ou appliqué à l'état de pureté, il ne produisait que de mauvais effets. Cette hypothèse n'est pas complète; on sait aujourd'hui que le sulfate de fer a une tendance continuelle à convertir l'ammoniaque en sel fixe et à l'empêcher de se volatiliser. C'est cette dernière propriété qui nous permet de ranger le sulfate de fer parmi les engrais minéraux et de ne pas examiner si réellement, comme quelques chimistes Tout pensé, le soufre de ce corps est fixé par un principe végétal. Le sulfate de fer se vend à très-bas prix. A Paris, le commerce le livre à 14 fr. les 100 kilog. ; à Reims, le prix est de 7 fr. ; à Nantes, de 10 fr. Cette faible valeur doit engager les agriculteurs à tenter de nouveaux essais afin de déterminer exactement la quantité à répandre sur les céréales et les légumineuses, et à préciser les circonstances où il peut être avantageusement appliqué.