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PRODUITS DE L'INCINÉRATION

SECTION I

Ceadres de bois non leasiTées.

Anglais, ^ Aahes of wood. Espagnol, — Geniza.

Historique. — Composition. — Sols sur lesquels on les emploie. — Mode d'application. •— Quantité par hectare. — Poids ' de Thectolitre. — Mode d'action. — Plantes sur lesquelles on les applique. — Durée de leur action. — Bibliographie.

Histort^ve. — Les cendres non lessivées sont employées depuis longtemps comme engrais. Pline rapporte que les habitants de la Transpadane les préféraient aux fumiers des animaux de travail. Les peuples de l'Inde et de TAfrique brûlent les feuilles de maïs et emploient les cendres qui en résultent à la fertilisation des terres qu'ils cultivent.

De nos jours, les cendres lessivées sont rarement employées, à cause des usages nombreux auxquels on les destine dans les arts et l'industrie et aussi parce que le commerce les livre à l'agriculture à un prix qui est irès-élevé, si on le compare à la valeur des cbarrées.

composiUoB. — Elles sont généralement composées de carbonates de potasse et de soude^ de sulfates , de chlorhydrates de potasse et de soude, de phosphate et de carbonate de chaux, de silice, d*oxyde de fer, de manganèse et d'alumine.

Voici, d'après MM. Guépin et Leioup, la composition des cendres de bois très-pures :

Sels solubles dans l'eau 60,00

Sels solubles dans Tacide chlorhydrique 34 ,00

Résidu 5 ,00

Perte 1.00

Toutes les cendres non lessivées ne renferment pas les mêmes éléments constituants. Il en est qui sont très-riches en alcalis, en substances solubles dans Teau ; il en est d'autres^ au contraire, qui renferment peu de soude et de potasse, et qui contiennent une quantité considérable de substances insolubles dans Teau. Théodore de Saussure a publié, sur ces anomalies , un travail très-remarquable. Il résulte de ces recherches :

I^" Que les plantes ligneuses contiennent moins de cendres que les végétaux herbacés, le tronc moins que les branches, les branches moins que les feuilles ;

2<' Qu'un végétal putréfié fournit, à poids égal, plus de cendres qu'un végétal sain ;

3« Que l'écorce des arbres contient beaucoup plus de cendres que les parties intérieures, et que l'aubier en contient davantage que le bois;

4«'Que la nature du sol fait varier les quantités de cendres dans la plupart des végétaux;

ô'^Que la proportion des éléments des cendres a des rapports avec celle des éléments qui constituent le sol ;

&* Que les cendres sont plus siliceuses sur un sol siliceux, plus calcaires sur un sol calcaire ;

l"" Que les sels alcalins forment, sans aucune comparaison, • l'élément le plus abondant dans les cendres d'une plante herbacée, dont les parties sont en état d'accroissement;

182 ENGRAIS BflNéRAUX.

S"» Que la proportion des sels alcalins n'augmente jamais sensiblement, et qu'elle diminue souvent à mesure que la plante se développe et vieillit sur le même sol;

9^ Que les cendres de Técorce contiennent une beaucoup moins grande proportion de sels alcalins que les cendres du bois et de l'aubier, et que celles du bois tout formé sont presque aussi chargées de sels alcalins que celles de l'aubier qui lui est adhérent;

10° Que les cendres des semences sont plus chargées de sels alcalins que celles de la plante qui les a produits ;

1 1«» Que les phosphates terreux (ceux de chaux et de magnésie) sont, après les sels alcalins, l'élément le plus abondant des cendres d'une plante herbacée;

120 Que les cendres de l'écorce d'un végétal contiennent une beaucoup moins grande proportion de phosphates terreux que celles de l'aubier, que ces dernières cendres en renferment plus que celles du bois, et que celles des graines en contiennent davantage que celles des tiges ;

13* Que les cendres des écorces contiennent une plus grande quantité de carbonate de chaux que celles de l'aubier, qui en renferment moins que celles du bois ;

14* Que la proportion de silice augmente à mesure que les plantes se développent et qu'elles se dépouillent de leurs sels alcalins^ et que les cendres des graminées en fournissent plus que celles des autres plantes;

l5°Qtie les oxydes de fer et de manganèse augmentent dans les cendres à mesure que les plantes se développent.

Plusieurs plantes donnent une quantité considérable de sels alcalins. Le tableau suivant, qui est extrait des ouvrages de Berzélius, Berthier, Kirwan, de Saussure et Vauquelin, indique la proportion de potasse et de soude que renferment' les cendres de certains végétaux.

100 parties de cendres ont donné :

Bois de chêne 9,44 Bois de châtaignier 10, U

— de hêtre 17,11 — de pin sylvestre ... 15 ,48

— de mélèze 17,.V2 Paille de seigle 17,03

— d'orme 24,68 — d'avoine 26,87

— de sapin 13,98 — de froment 18,60

— de charme 11,30 — de sarrasin 8,65

— de bouleau 12 ,72 Sarments de vigne 43 67

Les cendres des fours à chaux provenant de la combustion . des épines, bruyères ou broussailles produisent d'excellents eflets sur les terres non calcaires. Elles contiennent des sels alcalins et des débris de chaux vive.

On ne doit les employer que lorsqu'elles se sont refroidies, car autrement elles brûleraient les plantes avec lesquelles elles seraient en contact.

SoIb Bvr lesquels on les empioie.-^L'expérience a prouvé que les cendres non lessivées sont plus nuisibles qu'utiles aux sols qui renferment une très-grande proportion de carbonate de chaux. On les utilise de préférence sur les terrains argileux, les sols siliceux et graveleux, et les terres franches. Dans la région de l'Ouest, où les terres sont argilo-siliceuses, schisteuses et granitiques, elles produisent des effets remarquables partout où on les emploie.

Mode d*appiieattoii. — Lorsqu'on répand des cendres non lessivées ou celles qui proviennent de brûlis \ il faut choisir un temps couvert et calme, afin que le vent ne les porte pas à une grande distance et qu'elles soient réparties plus uniformément.

Qaantité par hectare* — La quantité de cendres de bois qu'on applique par hectare est exclusivement variable; elle

1. Sous le nom de hrûlù on désigne dans TOuest Topération qui consiste à incinérer pendant la belle saison des fougères, bruyères, ajoncs, etc., qui ont séjourné pendant plusieurs mois, soit dans les cours de la ferme, soit sur les chemins. Ces hrûlù sont très-en usage en Chine.

184 ENGRAIS mNÉRAUX.

est toujours en raison directe de leur valeur. Mais comme, dans la plupart des cas, ces cendres sont réservées pour les lessives, les savonneries, etc., il s'ensuit qu'elles sont toujours appliquées à une dose très-faible.

Poids de l'hectolitre. — Les cendres non lessivées pèsent de 46 à 50 kilog.

Mode d*aetioii. — Les effets des cendres non lessivées ont été l'objet de nombreuse^ observations. Suivant Thaer,on ne peut contester que la potasse qu'elles renferment ne contri-bue beaucoup à la fertilisation des terrains, par la faculté qu'elle a d'opérer la décomposition des parties organiques accumulées au sein de la terre arable. Cette opinion, qui est aussi celle de Burger, Schwerz et de M. de Gasparin, n'a pas été acceptée entièrement par Puvis. Cet agriculteur^ tout en reconnaissant l'action favorable des alcalis minéraux sur les plantes, pense que le phosphate de chaux doit être regardé comme l'élément principal de ces engrais. Il a constaté que les cendres non lessivées, en fournissant aux végétaux cette base essentielle et dominante de la partie fixe des grains qu'ils produisent, favorisent éminemment la production de leurs semences. A l'appui de son opinion, Puvis rappelle que les cendres des semences de froment contiennent 44 pour 100 de phosphate de chaux; celles de maïs, 36; de fèves, 28, et d'avoine, 28. Cette explication est celle qu'il faut admettre; elle corrobore les opinions de Liebig et de Dumas.

Plantes avr lesquelles oa les applique.— Dans les localités OÙ les cendres non lessivées ont une très-grande valeur commerciale, et où le sol est couvert de fougères, de bruyères ou d'ajoncs, on incinère ces plantes pour recueillir leurs cendres et les répandre sur les terres qui doivent être ensemencées en sarrasin, navette, colza, chanvre, etc. Toutefois, il importe beaucoup, dans cette circonstance, de brûler les vé-

gétaux à rétat v^, parce qu'ils rendent plus de cendres que lorsqu'ils sont desséchés. En Flandre, la cendre qui provient de l'incinération des tiges d'oeillette est réputée la première pour la qualité; on l'applique souvent aux récoltes de lin et de tabac.

La cendre neuve de bois a une action remarquable sur les prairies acides, aigres, marécageuses, qui ont été assainies; elle saturé l'acidité de la couche arable, et, par ses propriétés alcalines, fait disparaître la mousse, les latches et autres plantes nuisibles, et elle active par contre les plantes de la famille des légumineuses, sur lesquelles elle a une action véritablement remarquable. Ces cendres donnent une couleur vert foncé aux végétaux qu'elles font croître, et elles favorisent beaucoup plus la production du grain des céréales qui ressemble à celui des fonds chaulés, et qui est peut-être encore plus fin et à écorce plus fine, que celle de la paille. On peut aussi les employer sur les prairies naturelles sèches et les prairies artificielles, à cause de leur grande action sur les trèfles, les luzernes, les lotiers, etc.

Dvrée de levr aeilon. — Les effets des cendres non lessivées sont de peu de durée, surtout lorsqu'on les emploie en petite quantité. Dans les circonstances ordinaires, leurs eflets sont peu sensibles après la deuxième année d'application. Pour prolonger leur action et les rendre plus actives, on doit les employer à haute dose ou les mêler, comme cela a lieu en Angleterre et en Allemagne, à une quantité égale de chaux réduite en poudre.

Les cendres provenant de l'écobuage contiennent aussi des sels de soude, de potasse et de chaux, mais leur action fertilisante est très-variable. Lorsqu'elles proviennent de l'inciné-

ration de gazons contenant beaucoup de matières organi-r ques, elles renferment toujours une très-forte proportion de parties actives. Il n*en est pas de même lorsque les gazons incinérés contenaient une notable quantité de sables ou d*argile. Dans ce cas, les cendres ont une action mécanique plus prononcée que les effets chimiques qu'elles peuvent produire sur le concours des parties alcalines qu'elles renferment.

Les premières cendres sont généralement grises et légères ; les cendres qui proviennent de l'incinération de gazons très-terreux, sont plus ou moins rougeâtres, selon la proportion d'argile et de fer qui se trouvaient unies aux matières organiques.

BIBLIOGRAPfflE.

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