‹ Les matières fertilisantesChapitre 34 sur 116 · CENDRES DE VARECHS · texte numérisé non relu

CENDRES DE VARECHS

SECTION V

Gendres de Tareehs.

Historique. — Composition. — Incinération des goémons. — Emploi. — Cultures sur lesquelles on les applique. -^Valeur commerciale.

Historique. — En Bretagne et dans quelques communes maritimes du département du Calvados, on emploie, comme combustible, les varecs ou varechs , plantes de la famille des phycoïdées, ou on les brûle pour en obtenir de la soude, après les avoir fait sécher au soleil. L'usage de brûler ces végétaux, que l'on nomme aussi goémons, est très -répandu dans les communes situées à l'entrée du golfe du Morbihan. Les cendres qui résultent de ces diverses incinérations sont employées comme engrais.

Composition. — Ces Cendres contiennent, d'après MM. Leloup et Guépin :

Sels solubles dans l'eau 46 ,55

Sels solubles dans Tacide chlorhydrique 31 ,70

Résidu 21 , 7S

Elles sont très-riches en potasse, soude, chaux et acide sulfurique. M. Godechens a trouvé sur 100 parties les quantités suivantes :

Ceodres de Soode. Potasse. Sel marin. Chaux. Acide bqI fur.

Fucus digitatus.... 7,65 20,66 26,18 10,94 12,23

— vesiculosus.. 9,54 13,01 21,45 8,36 24,06

— nodosus 14,53 9,13 18,28 11,60 24,20

— serratus 18,67 3,98 16,56 14,41 18,59»

iBeinéracioB dv goémon. — Yoici, selon M. de Blois, comment on prépare , sur les côtes de Bretagne , le goémon que Ton destine à être brûlé : celte plante marine est éten-

due au soleil, sur la grève, ^ans les lieux fixés à chacun pour cet effet, et on Ty retourne pour l'y exposer à son influence, ainsi qu'à celle de l'air, jusqu'à parfaite siccité. Le sel m. rin, attiré à la surface, s'y dépose en forme de poussière, e les eaux des pluies en entraînent une partie; s'il en reste une trop grande quantité qui puisse s'opposer à sa combustion, on obtient le même effet en le lavant à l'eau douce. La dessiccation diminue beaucoup le volume et le poids du goémon ; Lorsque ce dernier est aux trois quarts sec, on creuse dans le sol une fosse de 0",66 de longueur, 5 à 6 mètres de largeur et 0",65 à 75 de profondeur. On garnit ensuite le fond de celte fosse de pierres longues et étroites afin d'avoir une espèce de gril, et on la remplit de goémon que l'on allume avec de la paille. On doit surveiller la combustion afin qu'elle ne soit pas trop vive. Le résidu que l'on obtient est grisâtre.

Cette cendre n'est pas toujours livrée pure à l'agriculture. Celle de la presqu'île de Callat (Finistère), est mêlée à une certaine quantité de terre noirâtre. Quelquefois, on la joint à des cendres qui proviennent de la combustion de bouses de vaches, que l'on a employées comme combustible après les avoir fait sécher au soleil ; celle qu'on vend à Ducey (Manche), contient 53 pour 100 de matières animales.

Les cendres qui proviennent des goémons qu'on brûle sur les côtes et dans les îles de la Vendée sont mêlées à des vases de mer. (Voir plus loin Engrais commerciaux, cendres de Noirmoutiers.)

Emploi. — La cendre de goémon s'emploie à la dose de 20 à 30 hectolitres par hectare. On recpmmande d'appliquer celle de Ducey à raison de 3500 kilog. par hectare.

Cvltvres sar lesquelles on les applique. — Cet engrais

produit d'excellents effets sur les terres non calcaires; on l'utilise dans la culture du froment, du sarrasin et du seigle.

Page 1