‹ Les matières fertilisantesChapitre 55 sur 116 · V. Bé. — Essai sur les engrais, 1813, in-8, p. 4t · texte numérisé non relu

V. Bé. — Essai sur les engrais, 1813, in-8, p. 4t

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SECTION IL P««dreUe.

Afiglais. — Night soil.

Définition. — Historique. -— Composition. — Sophistication. — Fabrication. — Quantité que fournissent les matières fécales. ^ Poids de rhectolitre. — Emploi. — Quantité à appliquer. ~ Plantes pour lesquelles on les emploie. — Mode d'action. — Durée d'action. — Valeur commerciale.

Déflnitioii. — On donne le nom de paudrette aux excréments humains que Ton a eiposés pendant quelques années à l'action des agents atmosphériques, afin qu'ils deviennent pulvérulents. Trévoux, dans son Dictionnaire, publié en 1732, en donne une définition très-exacte en l'appelant pulvis sterœreus.

Historique. ~ La poudrette est connue depuis très-longtemps. Gassianus Bassus, qui vivait en Orient au dixième siècle , fait mention de sa préparation et de son emploi comme engrais. Son usage en France remonte seulement à la fin du dix-septième siècle.

Mais son emploi n'est devenu général qu'à dater de 1785, époque à laquelle Bridet entreprit de transformer, par la dessiccation et la fermentation, les matières fécales conduites à Montfaucon en une poudre végétative.

Cette fabrication, adoptée depuis dans la plupart des grands centres de population, a doté l'agriculture d'un engrais trèspuissant.

En 1785, Bridet payait 3000 fr. à la ville de Paris pour le privilège qu'elle lui avait concédé. Aujourd'hui, ce droit lui rapporte plus de 500 000 fr.

CompoBtttoB. — La poudrette est brune et peu odorante.

POTORETTE. 341

H. Soubeiran a analysé les pondrettes suivantes, livrées en 1847 à Tagriculture :

MontfiiiiooD. Bercy.

Matières organiipies 29,00 24, 10

Sels alcalins solubles 0,43 0,8S

Carbonate d'ammoniaque Traces. »

— de chaux 3.87 7,86

Sulfate de chaux 3,87 4,00

Phosphate ammoniaco-ma gnésien 6 ^SS 5 , 45

Phosphate de chaux 3,46 1,44

Matières terreuses 24,82 43 ,20

Eau 28,00 13,60

100,00 100,00 Azote pour 100 1,78 1,98

Ces analyses indiquent que ces poudrettes étaient assez bonnes^mais elle prouvent aussi qu'elles n'étaient pas pures. Les poudrettes de première qualité renferment moins de matières terreuses que la quantité que contenait la poudrette de Montfaucon.

Les galettes de poudrette que préparent les Chinois répandent une odeur de violette.

SophUtieatioB. — On mêle aujourd'hui aux matières fécales, dans le but de hâter leur dessiccation, de la tourbe torréfiée ou de la terre. Ces substances diminuent d'une ma« nière sensible leur valeur fertilisante. Voici trois analyses faites à Nantes par MM. Leloup et Guépin :

Poudrette pare. Poudrettes fraudées.

Matière extracti?e et sels solubles. 26,00 7,00 16,20

Matières animales 61,20 26,00 8,40

Matières Tégétalfs 6,80 20,00 >

Charbon ... » » 15,00

Sels calcaires et perte 6,00 1,00 27,20

Sable » 46,00 33,20

Ces résultats prouvent combien il est utile de bien connaître la nature ou la composition de la poudrette qu'on veut acheter.

FabHeatioB. -* Oa construit, dans un endroit éloigné des habitations, des bassins très-peu profonds, relativement à leur surface, soit en pierres, soit en argile, disposés en étages, de manière qu'ils puissent s'écouler les uns dans les autres sans frais de main-d'œuvre. C'est dans le bassin supérieur qu'on dépose les vidanges. Dès que les matières solides se sont déposées, on ouvre la vanne ^ et la partie liquide appelée eaux vannes se déverse dans le bassin immédiatement inférieur. On opère ainsi plusieurs décantations, et lorsque ce second bassin est rempli et qu'il s'est orme un dépôt de matières solides, on décante de même, à l'aide d'une vanne, les liquides dans un troisième bassin, et ainsi de suite. A l'issue du dernier réservoir, le liquide surnageant se perd dans un égout, une rivière, ou dans ^n puisard ou boitouL

Quand le premier bassin contient un abondant dépôt, on ouvre définitivement la vanne et on le laisse égoutter le mieux possible. Aussitôt que la matière a une consistance pâteuse, on l'extrait au moyen de dragues ou d'écopes, et on retend sur un terrain battu préalablement et disposé en dos d'âne, afin de favoriser de nouveau l'écoulement des parties liquides et éviter que les eaux pluviales ne puissent s'accumuler dans la masse. A mesure que la substance se sèche, on la retourne à la pelle, afin de changer les surfaces en contact avec l'air et hâter sa dessiccation. Celte opération doit être continuée jusqu'à ce que la matière fécale ait perdu' assez d'eau pour devenir pulvérulente.

Pendant cette dessiccation, la masse fermente et répand des émanations infectes. La chaleur intérieure augmente graduellement jusqu'à 80 ou 90 degrés. Elle atteint son point maximum au bout de 2 à 3 mois.

Quand elle a été transformée en une poudre brune, modi-

rOUDRETTE. 343

ficatioD qui n'a lieu qu'à la seconde ou la troisième année, suivant les circonstances atmosphériques, on la transporte sous des hangars, à l'abri des pluies ; quelquefois, cependant, on la met en tas de forme pyramidale et dont les côtés sont fortement battus , afin que les eaux pluviales la pénètrent difficilement.

Aujourd'hui on rend la transformation de la matière fécale en poudrette plas prompte, en y mêlant du terreau carbonisé après la décantation de la liqueur urineuse.

Qualité que fonralMeat les parties ••Il4es. — La masse solide fournit peu de poudrette. Un mètre cube de vidange ne donne que 120 kilog. de poudrette pure, soit environ 1/7. A Paris, on y ajoute ordinairement 80 pour 100 de matières étrangères, ce qui permet de faire 1000 kilog. environ de poudrette par chaque mètre cube de vidange.

A Lyon, on ajoute à la gadoue 16 pour 100, à la bourbasse 84)Our 100 de terreau carbonisé.

A l'usine de Villeurbanne, on a obtenu de

37 mètres cubes de gadoue; 33 — de bourbasse;

6 — d'urine;

Soit 76 mètres cubes.

On y avait ajouté 8 mètres cubes de terreau carbonisé, 43 mètres cubes d'engrais pulvérulent, qui ont donné, par suite du foisonnement occasionné par le remuement de ces matières et leur passage à la claie, 47 mètres 50 d'engrais. On a donc perdu sur la masse qui servit à ropération environ 39 pour 100.

PoMs 4e i*heetoUtre. — La poudrelte pure pèse de 65 à 70 kilog. Thectolitre.

Cet engrais se vend à l'hectolitre mesuré demi-comble.

Cette mesure équivaut à 115 litres environ, et elle pèse 80 kilog.

Eapui. — La poudrette s'emploie sur tous les terrains. On doit la répandre sur le labour de semailles et l'enterrer peu profondément. Lorsqu'on l'applique pour du colza, sur des terres argileuses humides, elle agit très-peu l'année suivante.

Cet engrais est très-soluble. Il faut donc le répandre en même temps que les semences ou le mettre, le plus possible, en contact avec les racines des plantes.

Dans les environs de Paris, on paye de 6 à 10 centimes pour l'épandage d'un hectolitre de poudrette. Ce travail se fait avec la main et à la volée.

Un homme peut répandre par jour de 30 à 40 hectolitres.

Qaaatlté qu'il tmut appliquer. — La dose à appliquer

varie beaucoup. Quelques cultivateurs n'emploient par hectare que 20 hectolitres ; d'autres en répandent 30 hectolitres sur la même superficie.

100 kilog. de poudrette pure représentent 450 kilog. de fumier dosant 0,40 d'azote; 30 hectolitres ou 2400 kilog. constituent donc une fumure équivalente à 1 1 000 kilog. de fumier.

Mode d*aetiou. — La poudrette agit sur les plantes de la même manière que la matière fécale (Voir page 336).

Pluutes pour lesquelles ou remploie. — Cet engrais est principalement employé dans la culture des plantes annuelles, telles que chanvre, lin, tabac, pavot. On en fait aussi usage dans la culture des céréales et des plantes oléagineuses bisannuelles.

Valeur eommereiaie. — La poudrette pure se Vend 8 à 10 fr. l'hectolitre. Le prix de la poudrette du commerce va-

POUDRBTTB. 345

rie, selon les localités, entre 3 fir. 50 c. et 5 fr. ; à Paris, elle se vend en moyenne k fr. 50 c.

n n'est pas inutile de fa|re observer que la paudrette pure, ceUe qui n'a pas été fraudée, ne contient que quelques centièmes seulement de parties minérales et qu'elle est» pour ainsi dire, exempte de chartxm.

BIBLIOGRAPHIE

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SECTION iri.

EzeréBieBtB 4es bétea à lalme.

Anglais, — Fooes of sheep.

Les excréments des bétes à laine se présentent sous forme de petits globules ronds et un peu secs. Diaprés M. Girardin, ils contiennent :

Matières organiques 6 ,90

Fibre ligneuse 16,20

Matières salines 8,19

Eau 68,71

Ds renferment à rétat normal 1,11 pour 100 d'azote.

Ces crottins sont quelquefois employés seuls. Dans le Midi, on balaye chaque matin l'aire des grandes bergeries pour recueillir les crottins et les mettre en tas.

Cet engrais se vend de l fr. 50 c à 2 fr. 50 c. Thectolitre.

Un hectolitre pèse environ 70 kilog.

En Angleterre, on a construit des bergeries dans lesquelles

jïïfftttnfffîTffffffiir'^Tfwiirïï

éiTls JiMf.

Fig. 12. Coupe de Paire d'une bergerie.

on recueille les déjections des bétes à laine sans employer de litière.

Le sol de ces bergeries est creusé de 0,75 à 1 mètre; Taire a été remplacée par un plancher à claire-voie. Ce dernier est

EXCRÉMENTS DE bAtES A LAINE.

soutenu de distance en distance par des piliers en maçonnerie ou en briques H, H, H ifig. 12), et les deui extrémités s'appuient suir les murs de la bergerie ; il se compose de barrettes ou tringles en chêne I, I, I {l%g. 13) de 0",04 de largeur sur

""Itttnnnn

Fig. 13. Claire-voie formant plancher.

0"*,03 d'épaisseur et espacées les unes des autres de 0"",03. Ces tringles sont fixées sur des traverses G, 6, G.

Quand les bétes à laine séjournent dans une semblable bergerie, leurs déjections passent à travers les intervalles des tringles et tombent dans les cavités F, F. Lorsque ces fosses sont pleines, on retire le plancher à claire-voie et on procède à l'enlèvement des crottins. On peut mêler à ces déjections des cendres de tourbe ou de houille.

M. Decrombecque, à Lens (Pas-de-Calais), possède une bergerie qui offre les dispositions précédentes.

Dans le pays de Côme, en Italie, on fait sécher les crottins et on les réduit ensuite en poudre. Cette substance est connue sous le nom de pulverino ; on remploie avec avantage dans toutes les cultures.

348 ENGRAIS ANIMArn.

SECTION IV

Parcage ée» bètes A lalae.

Ànglait. — Sbeep-foiding. Allemand, — Pferelieo.

Définition — Avantages et ioconTénienta. — Terrains qui peuvent 6tre parqués.— Clôture du parc. — Espace carré à accorder par tête. — Valeur fertilisante du parc. — Époque du parcage. — Préparation des terres. — Étendue et forme du parc. — Construction du parc. — Conduite du parc. —Opérations qui suivent le parcage. ^Cultures qui suivent cette fumure. — Parcage sur plantes en végétation. — Durée du parcage. — Parcage par associatioD. — Bibliographie.

Déflaitiom. — Le parcage est la manière la plus usitée, d'employer les déjections des bétes à laine; cette méthode exerce chaque année une influence sensible dans la fertilisation des terres des localités granifères. On la pi^tique en Europe depuis les temps les plus reculés.

Le parcage consiste à maintenir un troupeau dans une enceinte découverte créée au moyen de claies mobiles^ soit pendant le temps de la chaleur du jour, soit pendant la nuit, pour que les crottins et les urines que les animaux répandent sur la terre la fertilisent. Il est principalement en usage dans la Brie, la Beauce, la Picardie, l'Orléanais, la vallée de la Limagne d'Auvergne, le Languedoc, les causses de TAveyron.

A^aatages et iBCOBvémlemta. — On a beaucoup discuté

les avantages et les inconvénients que présente le parcage. Voici le résumé des opinions émises:

A. On a dit en. sa faveur :

l^" Il dispense de l'emploi des litières et permet par conséquent de ménager les pailles ou autres substances absorbantes ;

2« Il évite le transport des engrais, ce qui est une grande

PARCA6R DES BÈTES A LAINB. 349

économie, surtout n les champs sur lesquels il a lieu sont éloignés de la ferme et d*un abord très-difficile ;

3* Pendant le parcage^ le sol reçoit non-seulement des déjections solides et liquides, mais encore du suint ;

4* Les bêtes k laine ne souffrent nullement de la grande chaleur du jour ni. de la fraîcheur des nuits;

5« Le piétinement des animaux plombe les sols légers, et les rend plus aptes à la culture du froment;

6oLa déperdition de principes fertilisants est moins grande lorsque les matières excrémentitielles sont dispersées sur le sol que quand elles sont excitées à la fermentation par leur entassement et la chaleur des bergeries ;

7« Le parcage est un bon moyen pour raviver, activer la végétation des plantes chétives et maladives ;

8<* Il est favorable à la guérison du piétain et des maladies qui ont pour cause la malpropreté, et il fait disparaître la gale;

9* Le grand air rend la laine forte, nerveuse, élastique, tandis que les lieux fermés la rendent douce, fine, soyeuse.

B. On a avancé contre le parcage :

l^'Les déjections, par leur exposition à Tair et au soleil, perdent sans cesse de leur poids par Tévaporation ;

2<' Les déjections échauffent et fertilisent seulement la superficie du sol ;

3« Les excréments constituent un engrais qui n*est pas aussi durable que lorsqu'ils ont été mêlés à des litières ;

4" Les chaleurs très-élevées et particulièrement les pluies ou une température humide nuisent au bien-être des bêtes à laine;

5"* La négligence des bergers compromet l'existence des troupeaux et rend le parcage onéreux ;

6* Lorsque les transitions de température sont très-brus-

ques, les bétes à laines sont sujettes aux rhumes ou flux qu a lieu par les narines ;

7» Les animaux qu'on laisse exposés aux rayons du soleil sur des terres brûlantes ou des sols calcaires qui reflètent aisément les rayons solaires, peuvent être frappés de congestions sanguines ;

S*" Renfermées la nuit à la bergerie, les bètes à laine donnent un fumier plus abondant, un engrais moins soluble ;

%^ La ftimure est inégale durant les pluies et les grandes chaleurs parce que les animaux se pressent alors les uns contre les autres dans un des angles du parc ;

10^ Le parcage expose les bétes à laine, quand il est (uratiqué sur des terres argileuses, à contracter le piétain.

Ces objections n'ont pas empêché jusqu'à ce jour les cultiyateurs des plaines granifàres de conserver cette utile et importaate]iopération. Lorsqu'un troupeau est confié aux soins d'un berger habile, intelligent, la fumure que produit le parcage est rarement irrégulière et les animaux jouissent tou-* jours d'une bonne santé.

TerralBs qui peuTent être parqués. -— Le parcage n'est ordinairement en usage que sur les terrains argilo-calcaires, silico-calcalres, calcaires et siliceux à sous-sol imperméable. Il est peu pratiqué sur les sols argileux, les terrains humides, parce qu'il plombe la couche arable et augmente sa ténacité.

Lorsque les terres argileuses doivent être parquées, il faut qu'elles le soient par un temps sec et principalement en été.

Cette opération exerce une influence favorable sur les terres siliceuses : elle rapproche leurs molécules Constituantes et les rend plus favorables à l'existence des plantes que l'on cultive sur les sols argileux.

Clôture du pare.--- Le pIus Ordinairement l'enceiqte mo-

bile du parc est formée de claies soutenues verticalemeut par des crosses.

Les claies sont faites en bois légers de manière qu'un seul homme puisse les transporter aisément d*un endroit à un autre. Elles se composent le plus souvent de trois ou quatre petites membrures ou montants reliés entre eux par des lames de bois ou voliges très-étroites qui sont assemblées ou simplement clouées sur les montants (fig. 14). Dans quelques endroits les claies sont fermées de trois ou quatre montants, ou de deux ou trois fortes traverses, mais ces pièces sont maintenues par des roulonSy ou barreaux de bois arrondis de 0">.02 à 0",03 de diamètre. EnGn, quelquefois

Fig. 14. CUie formée de voliges.

on les confectionne avec des branches de bois flexibles, soit des baguettes de coudrier ou d*osier, soit des poussas de ch&taignier ou de saule fendues en deux, entrelacées en sens contraire sur des montants de moyenne grosseur (fig. 15).

Les claies à barreaux soit plats, soit ronds, doivent être construites de manière que, vers les deux tiers de la hauteur et à la partie supérieure, deux des barreaux soient distants Tun de l'autre de O'^lG. C'est par ce plus'grand espacement que le berger passe le bras pour saisir la claie et la transporter {fig. 14, A).

Les claies à clair&*voie sont regardées avec juste raison comme les meilleures : elles ne donnent pas de prise au vent et les grands ouragans peuvent seuls les renverser.

Les claies en osier, en coudrier entrelacé, au contraire, sont très-sujettes à être abattues; en outre.elles sont désavan-

Fig.' 15. Claie formée de brins de saule.

tageuses, observe Tessier, en ce que, dans les mauvais temps, les bétes à laine, pour se mettre à Tabri, s*approchent toutes de celles qui sont du côté du vent, et ne fument pas Tespace qui en est éloigné.

Quoi qu'il en soit, on laisse aux claies de noisetier entrelacé trois ouvertures , une à chaque extrémité, ta pour recevoir les crosses, et une au milieu, à la faveur de laquelle le berger transporte les claies lorsqu'il change le parc de place (fig, 15, f, a\ a"). Ces ouvertures se nomment voies.

On donne ordinairement à chaque claie l^'.dO à l'^yôO de hauteur sur 2 à 3 mètres de longueur.

Fig. 19. crone. Les crosses {fig. 16) sont des b&tons de bouleau ou de châtaignier de 2 à 3 mèlres de longueur. Leur partie supérieure est traversée par deux petites barres plates ou

rll. deux chevilles {fig. 16, a, a*) bien fixées, de 0'",30 liP de longueur, et écartées Tune de Tautre de W 0",16; la partie inférieure de ces crosses préf sente une courbure traversée d*une mortaise Fig. 17. GheTiiieB. destinée à recevoir une cheville de bois {fig. 17), que Ton enfonce en terre au moyen d'un maillet, et qui sert à la maintenir.

Les claies en bois de ehéne refendu coûtent de 4 fr. à 6 fr. ; celles en chêne scié de 6 à 8 fr. ; leur durée moyenne est de 10 à 14 ans; les claies en treillage ne valent que 1 fr. 50 à 2 fr., mais elles ne durent que 3 à 4 ans. Les crosses en bois blanc sont vendues de 40 à 50 centimes. Les claies qui servent à construire les parcs sur les côtes de la Lozère, et les plateaux volcaniques de TAuvergne et du Yivarais, sont en voliges, et elles sont soutenues par des fgurches. Les cabanes qui les accompagnent sont souvent en paille.

Cabane do berger. — Pendant le parcage» le berger couche au champ dans une petite cabane en bois portée sur un chariot à deux ou à quatre roues. Cette baraque est mobile et suit le parc (fig, 18); elle est munie d'une porte et d'une lucarne que le berger laisse ouverte toute la nuit, afin de pouvoir veiller sans cesse sur le troupeau ; elle est garnie intérieurement d'un Ht et d'une tablette. Quand la cabane est montée seulement sur deux roues, on la maintient horizontale au moyen de deux chambrières, Tune placée à la partie antérieure, et Tautre à la partie postérieure.

Elle a â",30 de long, 1 mètre à l"',20 de large et 1 mètre environ de hauteur sur les côtés.

Daubenton avait conseillé de construire une petite loge portative pour les chiens, omis on y a renoncé, parce qu'elle es rend paresseux et moins attentifs. Ordinairement les chiens couchent sur la terre à la belle étoile , où un rien les réveille ; quand il fait mauvais temps, ils se réfugient sous la cabane du berger, sous laquelle ce dernier place ordinairement la paille qu'il leur destine.

Espace earré à aeeorder par tète. — L'étendue du parc est proportionnée au nombre d'animaux qui* doivent y séjourner, à leur taille, à l'abondance de la nourriture qu'ils troun 23

vent au pâturage, à la saison pendant laquelle a lieu le parcage et au degré de fertilité que doit avoir la fumure. On accorde à chaque tête les surfaces suivantes :

Mètres carrés Animaux de taille moyenne vivant sur de bons terrains. 1 ,00 à »

— de grande taille abondamment nourris . 1 ,20 à 1 ,30

— de petite taille vivant sur des sols pauvres. ... 0 ,80 à 0,90

Tessier observe que lorsqu'on parque au printemps, épo-

Fig. 18, Parc et cabane.

que où les plantes sont plus aqueuses et où les bêtes à laine rendent plus d'excréments, on doit accorder à chaque lête une étendue un peu plus grande.

Pendant le parcage, les bêtes à laine ne doivent pas, pour ainsi dire, se presser les unes contre les autres. Toutes les fois qu'elles sont bien réunies au sein d'un parc, le sol est fumé aussi uniforhiément que possible. Quand, au contraire, elles séjournent dans un enclos ayant une trop grande éten-

due par rapport à leur nombre, et qu'il règne des vents violents, des pluies abondantes , ou que la température est trèsélevée, elles se pressent les unes contre les autres dans un angle, et ne fertilisent qu'un très-petit espace. Ainsi donc, il y a avantage à construire les parcs plutôt petits que grands.

Le cultivateur, ainsi que je l'ai dit précédemment , doit avoir égard à la durée du temps pendant lequel les animaux séjournent au pâturage et au parc, quand il veut apprécier l'énergie fertilisante du parcage. Une nuit de 8 à 10 heures est regardée conjmeune forte fumure, parce que les animaux ont pu pâturer pendant 12 à 14 heures ; mais si durant cette môme nuit on change le parc de place, on ne pourra considérer le parcage que comme une demi-fumure de parc. Les résultats rie sont pas aussi favorables lorsque les animaux séjournent 8 à 9 heures seulement dans les pâturages, et quand la nuit de parcage est de 14 à 16 heures seulement. Évidemment, dans ce second exemple, la fumure et la demifumure ont toujours moins de puissance productive.

On compte ordinairement en

Avril 13 heures de parc et 1 1 heures de pâturage.

Mai 11 - 13 , —

Juin. 9 — 15r —

Juillet 10 — 14 —

Août 11 - 13 —

Septembre 14 — 10 —

Octobre 15 — 9 —

Novembre 16 — 8 — '

Il résulte de ces chiffres, que l'étendue qu'il faut accorder à chaque tête doit nécessairement éprouver quelques modifications , selon que les nuits sont plus ou moins courtes , la durée du pâturage plus ou moins longue, la nourriture plus ou moins abondante. Il n'est pas inutile, je crois, de faire observer ici que la pratique a depuis longtemps conslaté que

les brebis doivent rester au parc moins de temps que les moutons, ou qu'elles exigent une étendue un peu plus grande, parce qu'elles mangent davantage , rendent des excréments plus mous et urinent plus souvent. D'après Tessier, les brebis exigent un vingt-sixième de plus d'étendue, soit environ 4 pour 100. Les bergers connaissent bien cette difTérence.

Les terres légères et siliceuses , celles qui s'échauffent ou qui conservent la chaleur très-aisément, doivent être parquées modérément : un fort parcage pourrait y occasionner, si le printemps était pluvieux et le sol naturellement fertile, la verse des céréales d'automne et des vesces, pois, etc. Quand le parcage a lieu sur des terrains argileux et humides, et qu'il doit être suivi soit par une céréale, soit par un colza, il importe, et cela à cause de la froideur de la couche arable, pendant l'automne, l'hiver et le printemps, qu'il soit trèsénergique , aGn qu'il agisse favorablement sur les plantes pendant toute la végétation.

Le parcage peut être faible , ordinaire ou très-énergique. Suivant Thaër, le parcage a une faible action lorsque 4800 têtes ont passé la nuit sur un hectare; le parcage est ordinaire quand 7â00 bétes à laine ont parqué durant une nuit sur la même superficie, et enfin il est très-fort lorsque la même étendue, pendant le même temps, a été occupée par 9600 animaux. Dans le premier cas, une bête à laine parque pendant une nuit environ S*" carrés; dans le second 1b,38, et dans le troisième environ l™.

Si une bête à laine peut fertiliser , dans une nuit, l'espace d'environ 1» carré, 300 bêles fumeront 300^ carrés en un parc, et elles parqueront par conséquent un hectare en 33 coups de parcs ou 33 nuits.

Lorsqu'on fait deux parcs dans la même nuit, une tête parque 2*'' carrés; alors 300 bêtes à laine peuvent parquer

600 mètres carrés en un parc, et 1 hectare en 16 nuits et demie.

Si le parc est changé de place trois fois durant 24 heures, chaque tête parque 3" carrés, et il nuits suffisent pour fertiliser un hectare.

Dans le premier exemple, Thectare aura été fumé par. . 10000 tètes.

Dans le deuxième, par 5 500 ^

Dans le troisième , par 3 300 —

Dans les environs de Paris, on compte ordinairement qu'il faut, pour parquer un hectare pendant une nuit, 4330 moutons ; chaque mouton fertilise donc environ 2"»,30 carrés.

Dans les environs de Paris, on se sert d'un autre moyen. Ainsi, la plupart des bergers disent : je parque avec 8, 10 ou 12 tèUs par chaque carré de claies. Alors, si le parc contient 5 claies sur 6, il codiptera 30 carrés; dans le premier cas son troupeau se composera de 240 têtes, dans le second de 300, et dans le troisième de 360. Ce moyen, que les hommes intelligents ont abandonné, laisse beaucoup à désirer, parce que les claies de parc n'ont pas partout la même longueur.

vaieoF fertilisante do pare. — On a cherché à connaître le degré de richesse que possède un parcage. Si l'on suppose avec Burger qu'un mouton consomme par jour 4 kilog. d'herbe et d'eau, et si l'on porte à 10 heures, terme moyen, le temps que le troupeau passe dans le parc, chaque bête à laine donne dans la nuit 0,995 de déjections composées de 0,092 de matières solides et de 0,903 de substances liquides; dès lors, si chaque animal occupe l",05 carrés, un hectare reçoit 9,157 kilog. d'excrétions, dont 851 kilog. de crottins et 8,306 kilog. d'excréments liquides. Il suit de là que, d'après la quotité d'azote que les crottins renferment à l'état normal, 851 kiiog. d'excréments solides représentent 23 000 kitog. de fumier ordinaire. Cette fu-

mure est évidemment extraordinaire. Burger suppose les bêtes à laine nourries dans un pré, et on sait que dans la plupart des cas les troupeaux parcourent, lors du parcage, les chaumes et les guérets, où ils trouvent toujours une nourriture bien inférieure à celle qu'on leur suppose. Il faut constater encore, et cela pour le cas où les moutons trouveraient lors de leur parcours une nourriture aussi abondante, que durant la nuit, c'est-à-dire pendant l'espace de 10 heures, on les change de parc. Or, si durant ce temps chaque béte à laine parque S'^ylO carrés, un hectare ne recevra que 426 kilog. environ de déjections solides ; dès lors le parc sera égal à une fumure de il 500 kilog. Mais comme les urines pénètrent en terre et qu'elles ont aussi une action puissante sur la vie des plantes, on comprend qu'on doit nécessairement regarder alors chaque coup de parc, dans cette circonstance, comme équivalant à une fumure plus énergique. On a donc raison de dire en pratique : L'action d'un parc est d'autant plus senî'ible que la nourriture est plus abondante, la longueur des nuits ou la durée de chaque coup de parc plus longue, et l'espace accordé à chaque tète plus petit.

Suivant M. de Gasparin, un parc de 100 moutons équivaut pnr chaque nuit, quand il n'est pas déplacé, à 140 kilog. de fumier de ferme, ce qui représente 14.000 kilog. à l'hectare. En Flandre, on laisse les animaux sur la môme place pendant toute la nuit lorsqu'on veut appliquer une très-bonne fumure; deux coups de parc dans la même nuit sont considérés comme constituant une faible fumure. Ces faits pratiques concordent entièrement avec les chiffres indiqués par Thaër, et la quotité d'engrais appliquée par hectare dans les plaines de la Beauce et du Poitou.

Ëpoqao du pareafpe. — Dans la phipart des contrées sep-

tentrionales de l'Europe, les troupeaux commencent à parquer dans le courant du mois de mai ou de juin; dans les provinces méridionales, on l'entreprend dès le mois d'avril. En général, le parcage a lieu ou plus tôt ou plus tard, selon les ressources fourragères dont l'exploitation peut disposer, la nature du sol et l'état de l'atmosphère. Ainsi il est des contrées, dans la région sud-est de la France, où il ne commence qu'en juin ou juillet. Sur les coteaux du canton d'Ar*gelés, les premiers parcages ont lieu seulement en août, au retour des troupeaux de la montagne.

On parque plus tôt sur les terres perméables que sur celles argileuses.

En général, on ne doit commencer le parcage que lorsque la température est douce et sèche, et que les pâturages offrent une nourriture suffisante. Souvent, le parcage que l'on pratique en mai et juin a lieu sur des vesces, des pois gris ou bisailles, etc. Alors le sol est fumé au fur et à mesure que ces plantes fourragères sont consommées sur place. Pendant le mois de juillet, et spécialement les mois d'août et de septembre, les troupeaux parquent sur les jachères qui doivent être plus tard plantées en colza ou semées en céréales d'hiver.

Le parcage cesse dans les localités du Nord dès que les premières pluies d'automne ont détrempé les champs.

Sur les terres argilo-calcaires et les sols argilo-siliceux on déparque communément dans la première quinzaine du mois de novembre. Ce n'est guère que sur les fonds légers, les sols siliceux, qu'on peut prolonger le parcage jusqu'aux premières gelées, c'est-à-dire vers la fin de novembre. En général, le parcage n'est favorable aux bétes à laine, pendant les longues et froides nuits d'automne, que lorsque le soi est sec.

Dans les provinces du Midi, le parcage a lieu plus tardivement que dans celles du Nord et du Centre. Ainsi sur les coteaux du canton d'Argelès (Hautes-Pyrénées), il se prolonge jusqu'aux neiges, c'est-à-dire jusqu'au !•' décembre. Dans la Brie, la Beauce, la Picardie^ etc., le déparc a lieu ou à la Toussaint ou à la Saint-Martin.

Préparation des terres. — Lorsque le parcage a lieu sur des jachères, il est indispensable, avant d'établir le parc, de donner au sol une bonne préparation, soit deux ou trois labours et un ou deux hersages, afin qu'il absorbe facilement les urines et le suint, et que les déjections solides puissent y être parfaitement incorporées. Quand le sol est léger et naturellement meuble, un labour et un hersage suffisent souvent pour préparer convenablement la couche arable. Les terres argileuses et compactes sont celles qui doivent être le mieux divisées et nivelées; plus elles sont motteuses, plus il faut les travailler, car lorsqu'elles sont couvertes de mottes dures et volumineuses, les moutons se répartissent mal dans le parc et le fument inégalement. Lorsqu'une terre argileuse a été bien divisée et nivelée, non-seulement les bêtes à laine la fertilisent plus également, puisqu'elles peuvent se coucher aisément sur tous les points du parc, mais le parcage conserve mieux son action fertilisante, parce que la terre a absorbé plus facilement les urines.

En Normandie, beaucoup de cultivateurs ne préparent pas convenablement le sol sur lequel ils font parquer. Le plus ordinairement, c'est sur un terrain uni et dur qu'ils font séjourner les troupeaux; cette manière d'opérer a deux inconvénients :

l^'Les urines, Jpénétrant difficilement en terre, s'évaporent en partie; 2» le crottin, en se desséchant, n'agit plus d'une manière sensible sur la végétation. Ces mauvsQs

résultats démontrent combien il est utile d*ameub1ir les terres qui doivent être parquées.

L'ameublissement préalable du sol n^est pas nécessaire lorsque le parcage a lieu sur une céréale en végétation, une prairie naturelle, un champ naturellement emblavé ou sur une terre qui était précédemment recouverte par une ou plusieurs plantes fourragères annuelles ou bisannuelles.

Étendoe «t fforaie ém pare. — Avant de déterminer la figure que le parc doit présenter et de procéder à sa construction, le berger doit s'occuper de déterminer le nombre de claies dont il aura besoin. Le plus généralement, les claies ont 2",66 de longueur ; mais cette dimension n'est pas celle sur laquelle il faut compter; les parties des claies employées pour la jonction de l'une et de l'autre les réduisent ordinairement à 2"»,33.

On trouve facilement le nombre de claies nécessaire pour former un parc, si l'on exécute les calculs suivants :

Supposons qu'il soit question de faire parquer 200 bétes à laine; si l'on accorde à chaque tête un mètre carré, on aura :

200 têtes X 1"** = 200 mètres carrés, surface du parc.

Alors

V2Ô5= 14 mètres.

Chaque côté du parc, si celui-ci doit être carré, aura donc 14 mètres de longueur.

Connaissant la dimension des côtés du parc, on obtient le nombre de claies qu'ils nécessitent chacun, par l'opération suivante :

r=6 claies.

n suit de là que le parc sera formé par

6 X 4 = 24 claies.

Si le troupeau, au lieu d'être composé de 200 têtes, en

comportait 250, et si chaque béte à laine devait parquer l'»,20 au lieu de 1 mètre, on aurait :

2&0X 1M5 = 287-,50 carré»,

puis

Chaque côté du parc aura donc 17 mètres de longueur. En effectuant le même calcul que dans l'exemple précédent, on obtient :

nombre de claies nécessaire pour établir un des côtés du parc.

Les parcs n*ont pas toujours la forme d'un carré ; il est des circonstances où la forme rectangulaire est nécessaire. Ainsi, quand un champ ne peut pas être parqué régulièrement avec un parc carré, parce que sa largeur est trop faible ou trop grande, le berger est alors obligé de coordonner la forme du parc à la largeur du champ, de manière qu'il puisse fertiliser toute l'étendue de la pièce au moyen d'un nombre déterminé de trains de parc. Il peut arriver aussi que la surface à parquer soit irrégulière, que le berger soit obligé de renoncer à la forme carrée sur Tune ou plusieurs des extrémités, pour adopter celle rectangulaire. On comprend aisément que dans ces circonstances, le parc, quoique présentant une figure différente, doit occuper la même étendue, afin que le parcage ne soit ni plus fort ni plus faible.

On parvient à déterminer la longueur des côtés d'un parc rectangulaire au moyen du calcul suivant :

Supposons qu'il soit question de transformer un parc carré

] . Lorsque le reste qui ne contient plus le diviseur est très-faible , on le néglige; quand, au contraire, il est très-grand et qu'il égale les 7, Set 9/10" du diviseur . on augmente de 1 le quotient.

ayant une superficie de 200 mètres, en un parc rectangulaire dont un des côtés aura 10 mètres de longueur. La dimension d*un des cdtés adjacents à celui dont la longueur est connue, sera exprimée par

-r^= 20 mètre».

Ainsi, le parc aura 20 mètres de longueur sur 10 mètres de largeur. Quant au nombre de claies, il sera. exprimé par

p^ = 9 ' puis 5i^ = 4;

en sorte que la surface du parc sera exprimée par

La forme rectangulaire est donc, dans cette circonstance, moins favorable que la forme carrée. Pour que la surface du parc fût égale dans les deux cas, il faudrait pouvoir occuper, au moyen des quatre claies, une ligne de 9",25, ce qui est assez difficile à cause de leur longueur, que je suppose égaler 2»,33.

GoBatmetiom . du pare. — Lorsqu'un berger veut construire un parc, il détermine avec ses pas la dimension qu'il doit avoir, c'est-à-dire il trace, pour ainsi dire, sur le sol, des lignes égales en longueur à la dimension des côtés que doit avoir le parc dans le sens de la longueur du champ, en ayant la précaution de faire une marque à l'endroit où les côtés doivent se rencontrer. Ordinairement il suffit de deux lignes qui se coupent à angle droit. Uuand ce tracé a été effectué, le berger place deux claies (fig. 19 , A et B) perpendiculaires entre elles sur Tun des angles droits qui ont été tracés sur la terre; puis il place dans la direc-

1. Le véritable chiffre du quotient est 8 -, mais k cause du reste qui égale 1,36, il faut adopter le nombre 9.

tion d'une des lignes à la suite de Tune de celles qui forment l'angle droit, une autre claie G. Cette dernière daie doit être

Fig. 19. Position des claies.

placée de manière que son côté droit ou gauche anticipe un peu sur le côté gauche ou droit de l'autre. Ainsi placées Tune derrière l'autre, les deux voies ou épemeaux se rencontrent, et il existe un intervalle suffisant pour introduire entre les montants des deux claies la partie supérieure d'une crosse ; nonobstant^ celle-ci doit être passée de manière qu'une des petites barres plates ou des chevilles soit située derrière les montants de la claie et l'autre devant. Aussitôt que le bout supérieur de la crosse a été ainsi placé, on abaisse l'autre extrémité contre terre, et on la fixe au sol par une fiche qu'on introduit dans la mortaise et que l'on enfonce à coups de maillet.

On ne met point de crosse aux angles du parc; les montants qui se touchent sont liés ensemble avec une corde à leur partie inférieure au-dessus des dernières traverses, et au moyen d'un anneau en fer, en osier ou en saule, que l'on place à la partie supérieure de l'angle et des claies, et dans lequel sont engagées les extrémités des montants qui limitent la longueur des claies.

Quand la seconde claie est placée, le berger continue son enceinte en apportant une troisième, une quatrième claie, et ainsi de suite, en suivant les alignements déterminés (fig. 18, C et D). Lorsqu'un des côtés est construit, il s'occupe

de terminer celui qui a été commencé lors de la formation de l'angle droit dont il vient d'être question. Ensuite il termine le parc en apportant d'autres claies, et en disposant celles-ci suivant des lignes parallèles à celles établies et formées par les claies déjà placées.

Les parcs ne sont pas toujours simples; souvent, quand le nombre de claies le permet, le berger construit deux parcs contigus l'un à l'autre. Cette disposition est fort commode quand on doit changer le parc de place pendant la nuit.

Dans plusieurs localités, les parcs sont disposés en écMqufkr. Cette disposition est très-avantageuse en ce qu'elle n'oblige pas le berger, lorsqu'il change son parc de place, de transporter un nombre de claies aussi considérable que lorsque deux parcs sont contigus.

Fig. 20. Parcage en échiquier.

Supposons qu'il soit question de déplacer les deux parcs A et B 0^. 20). Le berger transportera les claies de la ligne AB du parc A en aby et celles de la rangée DE du parc B en éd. Ainsi placées, ces claies formeront, avec les côtés 1 et 2 des parcs A et B, le parc G. Quand cette construction aura été faite, le berger transportera les claies de la ligne AG du parc A en ac, et celles EF du parc B en /e ; ces lignes, avec celles 3 de l'ancien parc A et 4 du parc B, formeront un quatrième

carré, le parc D. Ainsi donc, pour changer deux parcs disposés en échiquier, le berger n*a que quatre lignes de claies à déplacer; par la méthode ordinairement suivie, il est obligé, chaque fois qu'il change les parcs de place, de transporter toutes les claies qui composent les côtés. On comprend aisément les avantages et les inconvénients que présentent ces dispositions. Quand les surfaces € et d ont été parquées, on place les claies en dessous du carré D, on dispose de nouveautés parcs en échiquier comme ils avaient été placés tout d'abord ; le côté fe du parc D est le seul qui doit être conservé, parce qu'il forme l'un des côtés du cinquième parc.

Quelles que soient la grandeur et la forme du parc, les crosses doivent être mises €ti dehors du parc, car lorsqu'elles sont en dedans elles gênent les animaux, et il s'ensuit que, près des claies, le terrain est mal parqué. C'est pourquoi le . berger est obligé, la nuit, quand il fait passer son troupeau d'un parc dans l'autre, de retourner et fixer les crosses qui consolident les claies séparatives sur la partie qui vient d'être parquée.

Quelquefois le berger place horizontalement sur le sol, près des alignements qu'il a tracés, toutes les claies dont il a besoin, et ce n'est qu'après les avoir transportées qu'il les relève et les assure par les crosses. Cette manière de procéder est très-bonne^ et elle lui permet de construire un parc plus aisément.

Quand le berger veut construire un nouveau parc à la suite d'un autre, Tun des côtés du parc déjà établi sert pour le second. Après avoir mesuré et aligné les trois autres côtés du nouveau parc, il transporte les claies avec lesquelles il avait construit le premier parc, et les assure par le concours des crosses. Quand le second parc est construit, il retourne

les crosses qui fixaient le côté de Tancien parc sur la portion du champ sur laquelle il avait été établi. Lorsque le berger est obligé de changer de parc, c'est-à-dire d^en construire un nouveau pendant la nuit, et qu'il prévoit que celle-ci sera sombre, il doit s'assurer, durant le jour, des points où seront placés les angles droits, et placer à chaque coin ou chaqiïe angle des piquets portant des chiffons blancs. Ces jalons lui serviront de guides, et il est certain qu'il les apercevra assez .facilement pendant la nuit.

Lorsque le sol est uni, la pose des claies a lieu très-facilement ; mais il n'en est pas de même si le sol est disposé en planches bombées ou en billons : le berger éprouve souvent de très-grandes difficultés à placer ses claies toutes de face. Dans cette circonstance, ainsi que l'observe Daubenton, on place les claies de deux côtés, selon la longueur, et dans les sillons ou dérayures, et pour asseoir celles qui doivent occuper les travers, on trace, au moyen d'une charrue, un sillon dans toute la longueur ou la largeur du champ. On répète cette opération sur la surface qui doit être parquée, autant de fois que cela est nécessaire.

Ainsi que je l'ai dit précédemment, le berger, pour transporter une claie, passe le bras droit à travers la voie et la porte sur son épaule. Quelquefois il en déplace deux, une sur chaque épaule, en tenant une crosse dans chaque main. Il peut aussi les porter en passant le bout de sa houlette dans la voie ; alors il cherche le milieu de la claie, appuie son dos contre celle-ci, la soulève et la transporte ; la houlette est placée sur son épaule et tenue ferme par le concours de ses mains.

La cabane suit toujours le parc, et c'est ordinairement le berger, seul ou avec l'aide d'un second, qui la déplace. Q aand le terrain ne permet pas qu'un oj deux hommes la mettent

en mouvement, on se sert d*un cheval, que le cultivateur envoie au berger chaque matin ou tous les deux jours.

Conduite dn pare. — Pendant la belle saison, les troupeaux prennent le parc à la fin du jour, vers huit ou neuf heures du soir; en automne et au printemps, les moutons y Feutrent avant le coucher du soleil.

. Quand le temps est beau, et lorsqu'il n'y a point de rosée, les troupeaux quittent le parc dès huit heures du matin ; dans les pays secs, où les rosées et le serein ne sont pas à craindre, les animaux s*en éloignent dès six heures. Dans le cas contraire, il faut attendre, pour faire sortir les troupeaux du parc, qu'elle soit entièrement dissipée ; souvent même cette sortie n'a lieu que vers neuf et même dix heures du matin.

Dans les jours longs et les localités où les pâturages sont bons, le berger change le parc dans la nuit. Ainsi, vers minuit, une heure, et quelquefois même deux heures du matin, il transporte les claies en deçà ou au delà de l'endroit où était établi le parc et en construit un nouveau. Pendant ce changement, les animaux sont retenus par les chiens sur la partie qui vient d'être parquée. Quand le berger a pu construire, ayant la nuit, deux* parcs contigus, parce que le nombre de claies mises à sa disposition le lui permettait, il lui sufflt d'enlever une des claies qui séparent les deux enclos, pour établir une ouverture, et faire passer les animaux d'un parc dans l'autre.

Ordinairement le berger, avant de quitter le parc le matin, change de place celui dans lequel les animaux ont été renfermés la veille au soir ou durant la nuit. Ce nouveau parc est destiné à recevoir le troupeau au milieu du jour. Ce troisième parcage commence à dix ou onze heures du matin, et se termine vers deux ou trois heures de l'après-midi; il n'a

!ieu que lorsque les jours sont longs. Quelquefois le berger fait un troisième parc à cinq heures du matin ; alors il ne conduit son troupeau au pâturage que vers neuf heures.

En automne, et souvent aussi au printemps, époques où les nuits sont longues, et pendant lesquelles les animaux ont moins de temps pour pâturer, le berger ne change le parc de place qu'une fois dans la nuit. Il faut que les chaumes, ainsi que les pâturages, offrant une nourriture abondante pour qu'on puisse faire la nuit deux changements de parc. Nonobstant, Daubenton fait remarquer que les bêtes à laine fument beaucoup plus abondamment dans la première moitié de la nuit que dans la seconde, et qu'il faut disposer la rangée intérieure des claies qui sépare le parc du soir de celui du matin de façon que la surface de celui-ci soit à celle du premier dans le rapport de 2 à 3, pour que la fumure soit très-égale.

Chaque changement de parc se nomme coup de parc.

Avant de les faire sortir du parc pour les conduire sur les pâturages, le berger doit faire lever les animaux, les mettre en mouvement dans l'enclos et attendre quelques instants, afln qu'ils se vident complètement et qu'ainsi leurs excréments restent sur la partie entourée de claies. Tessier fait observer qu'on doit disposer autant que faire se peut le parc du levant au couchant ; si on est obligé de îe diriger du nord au midi, on a soin, au milieu du jour, de faire rentrer le troupeau par le midi, afin que, n'ayant pas le soleil dans le nez, il avance plus aisément à l'autre extrémité du parc.

Lorsque le temps est à l'orage, et que celui-ci est proche, ou que les pluies se prolongent, le berger doit rentrer son troupeau à la bergerie.

Le premier parc doit être construit à un des coins du . champ. La direction à suivre dans le parcage varie: tantôt II 24

le berger dirige ses parcs suivant la largeur de la pièce, tantôt il suit sa longueur. Ordinairement il suit la largeur, si celle-ci est telle qu'une charrue, puisse fonctionner aisément; lorsque le champ est étrbit, les parcs sont dirigés dans le sens de sa longueur. Quand le berger est arrivé à l'extrémité d une de ces deux dimensions, après avoir placé les enclos à la suite les uns des autres, il construit un parc à côté du dernier, et il suit une seconde ligne, en ayant soin que les parcs soient très-près de la partie déjà parquée ; puis il revient jusqu'à l'extrémité d'où il est parti, et il continue ainsi jusqu'à ce que le champ soit entièrement fertilisé.

M. P. Douhet propose de répandre du plâtre en poudre le matin sur le parcage de la nuit. Il dit en avoir obtenu des effets extraordinaires. Ce résultat est dû à la propriété que possède le plâtre, de iixer l'ammoniaque qui se dégage de la décomposition des urines. M. Douhet a donc raison d'insister pour que ce moyen soit mis en usage chaque matin par les bergers pendant la durée du parcage, afin que l'engrais conserve toute sa puissance.

opérations qol suivent le pareage. — Aussitôt que le

parc est arrivé à l'une des extrémités du champ, on doit se hâter d'enfouir les excréments qui existent sur le sol. Ordinairement on exécute un léger labour ou on donne un coup d'extirpateur ; ces façons d'ameublissemeiit superficiel suffisent pour placer les crottins dans un milieu où ils seront à la portée des racines des plantes. Quelquefois le 'parcage est suivi par deux labours, niais alors le second est pratiqué de manière à ce que les déjections soient près de la surface de la terre. Souvent encore on se sert, quand la terre est meuble, d'un scarificateur. Un simple hersage est insuffisant, à cause de là dureté que présente la couche arable, et qui est due au piétinement des moutons. Cette opération n'est

avantageuse que lorsque la terre est naturellement trèsmeuble.

On soutient encore qu'on peut laisser les déjections sur le sol pendant plusieurs semaines, et ne procéder à leur enfouissement que quand toute la surface du champ a été fumée. Dans le département du Nord, il existe des cultivateurs qui disent avoir constaté que les excréments laissés à nu sur le sol pendant un temps n'éprouvent aucune déperdition notable. Schwertz adopte cette opinion; ainsi il croit que. pas une goutte d'urine, pas une déjection ne sont perdues pour le terrain, ainsi que cela arrive lorsqu'on fait sortir h l'ordinaire les animaux des bergeries ; et qu'ainsi, par le parcage, on gagne plutôt qu'on ne perd sur la somme des déjections. M. de Gasparin va plus loin, il dit que la volatilisation des excrétions dispersées sur le sol en entraîne moins que quand celles-ci sont excitées à la fermentation par leur entassement et l:i chaleur des bergeries.

Je ne puis croire à de tels résultats en présence des parties ammoniacales qui s'exhalent d'un terrain parqué et de l'empressement avec lequel on enfouit les crottins. Les cultivateurs de la Beaùce et de la Picardie ont soin d'enterrer les déjections aussitôt que le parc est arrivé à l'une des extrémités du champ sur lequel il est établi; ils savent que ces matières dégagent sans cesse, par la volatilisation, des molécules fertilisantes qui doivent être regardées comme complètement perdues pour les plantes qui suivent le parcage. Lorsque le parc est suivi par un. labour léger, les crottins et les urines se mêlent à la couche arable; dès lors la volatilisation n'est plus aussi sensible, et une notable partie des principes volatilisables est fixée par le sol. Non-seulement le parcage perd considérablement de son énergie lorsqu'il reste exposé à l'action d'une forte température, d'un soleil brûlant; mais

SOUS les effets de pluies abondantes et prolongées, sa valeur fertilisante diminue chaque jour d'une manière sensible.

Le cultivateur qui fait parquer sur des terres nues ou en jachères, doit donc être bien convaincu quMl doit exécuter Tenfouissement des matières excrétées aussi promptement que possible. Ordinairement, lorsqu'on commence le parcage, le parc suit l'un des bords du champ suivant sa longueur ou selon sa largeur, et quand il a abandonné une de ces lignes pour en commencer une autre à côté, on procède immédiatement à l'enfouissement des matières fertilisantes. On comprend dès lors combien il importe que. le berger prenne en considération le nombre des jours qui lui seront nécessaires pour arriver à l'autre extrémité. Si le champ est très-long et sa largeur telle qu'une charrue ou un scarificateur puisse fonctionner librement, il devra nécessairement parquer suivant la seconde dimension. Si le champ est trèséiroit, si trois ou quatre coups de parc suffisent pour le fumer, il faudra, pour ne pas avoir besoin chaque jour d'un attelage, parquer suivant la longueur du champ; mais alors le berger, au lieu de donner au parc une forme carrée, devra adopter celle rectangulaire, afin d'arriver le plus tôt possible à l'extrémité de la surface à parquer.

RécolteiB qui suivent le pareai^e. — On parque le plus ordinairement pour le froment, le seigle, le colza, la navette. Ce n'est qu'accidentellement que le parcage a lieu sur des terres qui doivent supporter du chanvre, du tabac et du lin.

Lorsqu'il est pratiqué pour les céréales d'hiver, on n'en obtient pas toujours des résultats satisfaisants. Ainsi un fort parcage occasionne souvent la verse des. céréales quand les printemps sont humides, ou il favorise la production de grains de qualité secondaire.

D'après Schmaltz, les champs parqués et couverts de ce-

réaies d'iiiver sont plus exempts de mauvaises herbes que ceux fumés avec du fumier. Cet agriculteur a trouvé un grand avantage à faire parquer les trèflières avant de les défricher et à les semer ensuite en froment; il a obtenu, en suivant cette méthode, jusqu'à vingt fois la semence, et les grains étaient très-beaux. En Normandie et en Beauce, quand le printemps n*est pas très-humide, les froments venus après un parcage sont productifs et leurs grains de belle qualité.

Plantes ea ▼égétatlon qui peaveat être parquées. — Dans quelques contrées de la France on parque, en automne, sur les céréales d'hiver, lorsqu'elles sont languissantes et qu'elles manquent de force, soit que la terre ail été mal fumée, soit que la semaille ait eu lieu tardivement. Toutefois cette opération ne doit avoir lieu que par un beau temps et sur des sols secs. Pratiquée sur des sols argileux, et particulièrement par un temps liumide, elle serait plus nuisible que favorable, parce qu'elle augmenterait la compacité naturelle de la couche arable. Dans les contrées du sud-est de la France, on pratique celte méthode depuis fort longtemps quand les circonstances l'exigent, avec le plus grand succès, On parque aussi les luzernes et les trèfles ; mais ce parcage ne peut avoir lieu que par un temps sec, afin de ne pas exposer les bétes à laine à la pourriture. Le sainfoin ne doit pas être parqué, car il résiste mal à la dent du mouton.

On a dit que le parcage était toujours favorable sur les prairies naturelles, et que par cette opération on obtenait des récoltes abondantes sur les terrains secs et pauvres. Par ce moyen, il est vrai, on active sensiblement la végétation des plantes, et on obtient Tannée suivante des produits satisfaisants; mais il est utile de ne pas oublier que l'action des excréments des bétes à laine n'est que passagère, et

qu'un parcage ne produit jamais les effets d'une fumure équivalente. Quoi qu'il en soit, cette opération ne peut avoir lieu que sur des prairies élevées ou, par un temps très-sec, sur des prairies basses préalablement assainies. La prudence exige aussi que les animaux ne séjournent pas très-longtemps sur la même place quand ils parquent sur une prairie : on sait que les moutons broutent l'herbe ras de terre et que même ils la détruisent.

Durée du parcage. — Les déjections des moutons, à cause de leur grande solubilité, agissent immédiatement sur la végétation. Il résulte de là que leurs effets ont une action de courte durée. Dans les circonstances ordinaires, cette action ne dépasse pas l'existence d'une plante annuelle ou bisannuelle, et elle force le cultivateur à considérer cette fumure comme annuelle. Il faut que le parcage ait été très-énergique pour qu'il puisse agir d'une manière sensible sur deux récoltes ou favoriser la végétation d'un blé après une récolte de colza préalablement parquée, ou celle d'une avoine, quand cette céréale suit un froment pour lequel a eu lieu le parcage.

Parcage par asaoelatloa. — Il est impossible OU du moins très-difticile à un cultivateur qui ne possède qu'un très-petit troupeau, confié à la garde d'un enfant, de songer au parcage, à cause des frais qu'occasionnerait cette opération et de la lenteur avec laquelle on l'exécuterait. Ainsi^ un troupeau de 20 à 40 têtes exige, comme 200 animaux, un berger intelligent, un chien,, etc., et il ne pourrait parquer un hectare, si on donnait deux coups de parc par nuit, qu'au bout de 250 ou 225 jours. Il faut avoir au moins 50 à 60 têtes confiées à un enfant de la maison pour qu'on puisse songer au parcage; autrement le salaire du berger excéderait le béné- ^fice qu'il procurerait. C'est dans une semblable circonstance

que le parcage par association devient utile et même nécessaire.

Dans le canton de Rabastens (Hautes-Pyrénées), plusieurs communes se réunissent pour mettre ensemble leurs troupeaux au parc ; celui-ci renferme ordinairement deux à trois cents bêtes. Suivant M. Rendu, le propriétaire ou le fermier, sur les terres duquel est établi le parc commun, paye 5 centimes par nuit à la communauté par chaque béte à laine; on donne un seul coup de parc par nuit. A Saint- Pé, dans le même département, il arrive parfois que deux ou trois propriétaires réunissent leurs troupeaux pour parquer réciproquement trois ou quatre nuits de suite, l'un chez l'autre.

BIBLIOGRAPHIE

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SECTION V

Parcage des bètes A eornes.

Les excréments des bêtes à cornes n'exhalent, pour ainsi dire, aucune odeur d'ammoniaque, el leur putréfaction, qui est lente, n'est accompagnée que d'un dégagement de chaleur très-peu sensible.

Ces déjections sont aqueuses et ordinairement molles. On leur donne ordinairement le nom de bouses. D'après M. GirarJin, elles contiennent:

Matières organiques 7 ,44

Fibres ligneuses 8 ,60

Matières salines 4,23

Eau 79,73

Les sels sont du phosphate de chaux et de magnésie, du carbonate et du sulfate de chaux.

Ces excréments contiennent à Tétat normal 1,55 pour 100 d'azote. '

Ce n'est qu'accidentellement que ces déjections sont employées seules et dans leur état naturel. Ainsi il n'existe en France et en Allemagne que quelques contrées où l'on fait parquer les bétes à cornes pendant la nuit, dans des parcs bien clos, sur des prairies ou des pâturages.

Dans les environs de Neuchâtel, le parcage des bêtes bovines alieu au moyen de parcs mobiles formés de claies construites avec six à sept planches de 2 mètres de longueur; chaque claie a 1",33 de hauteur. DixVaches exigent un parc de 50 claies et 40 vaches un parc de 90 à 100 claies.

Les effets de ce parcage se manifestent pendant deux ans.

En Auvergne, on connaît ce mode de fertilisation sous le

nom de fumade. Ce parcage a pour résultat l'amélioration de * rherbe du lieu où les animaux sont réunis; il consiste à faire parquer les bestiaux successivement sur toutes les parties qui environnent les burons ou chalets, près desquels ils sont rassemblés au milieu du jour et tous les soirs. Quelquefois les animaux sont renfermés dans des claies épaisses et confiés à la garde de chiens très-forts et très-méchants qui les défendent des loups.

Ce parcage, observe Yvart, change avantageusement la nature de rherbe, et il fait souvent disparaître le nard serré {Nardm stricta, L.) et la fétuque dure {Festuca dunuscula, L.), plantes peu alimentaires.

Le pâturage des prairies et des herbages par les bétes à cornes doit être considéré comme un parcage. Nonobstant, toutes les fois que les animaux de lespèce bovine vivent ou séjournent dans un pâturage, il est indispensable d'étendre de temps à autre les déjections ou bouses et même de les délayer dans de Teau contenue dans une brouette à coffre, pour les répandre ensuite sur le gazon. Ainsi disséminées, ces matières nuisent moins à Therbe et concourent directement à l'amélioration du fonds concurremment avec les urines. Abandonnées à elles-mêmes, et lorsque surtout elles forment des tas, elles se dessèchent et n'ont qu'une trèsfaible action sur la vie des plantes, ou si celles-ci croissent avec plus de vigueur, elles contractent de mauvaises odeurs qui empêchent de les consommer les animaux qui ont produit ces excréments.

Une bêle à cornes que Ton fait parquer exige un espace dix fois plus grand que l'étendue qui est nécessaire à une bête à laine. En Normandie, elle parque chaque jour 15 mètres carrés.

SECTION VI

Exerémeats des bètes chevaHiieft.

Les excréments des chevaux, ânes et mulets, ont beaucoup de consistance, el ils se présentent presque toujours sous forme de globules un peu secs et susceptibles de se désunir. En général, ils ne contiennent que 75 à 76 pour 100 d'eau, et se mêlent difficilement à la litière. On les connaît sous le nom de crottins,

Dçs crottins analysés par M. Girardin, ont donné :

Matières organiques 6 ,94

Fibres ligneuses 12 ,16

Matières salines 2 ,54

Eau 78 ,36

Les sels s'ont du phosphate de chaux et de magnésie' et du carbonate de chaux.

D'après M. Boussingault, ces déjections contiennent, à l'état normal. 0,54 pour 100 d'azoïe.

Les excréments des chevaux s'emploient souvent sans aucune préparation. Ainsi, dans diverses localités, des femmes ou des enfants ramassent ces matières sur les routes ou les chemins, pour les livrer soit à la petite, soit à la grande culture.

Ces excréments, qui constituent un mgrak chaud y ne conviennent guère pour les terres légères, les sols siliceux; on ne doit les employer que sur des terres argileuses ou des terrains humides.

Cet engrais ne peut pas être employé à l'état frais, c*est-à-

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