‹ Les matières fertilisantesChapitre 54 sur 116 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

^ÉJECTION DBS ANIMAUX. *

SECTION L

■Mi^« féerie.

Anglais, — Haman excrément. Espagnol. — Mierda . Allemand. — Meosobenlotb. Italien -> Materia fecale.

Historique. -^ Nature. — CompositioD. — Quantité produite par un homme.

— Désinfection. — Bïcrémentj^ employés à l'état frais. — Quantité quMl

. faut appliquer. — Mode d'action. — Valeur commerciale. — Bibliographie.

■istoriqne. ^ L'usage de la matière fécale comme engrais remonte à une époque très-ancîenne. Les Grecs, les Carthaginois et les Romains l'employaient pour fertiliser les terres qu'ils cultivaient. Théophraste, Hésiode, Cassius, Dionysius d'Utique, Varron, Pline et Columelle la regardaient comme un précieux engrais, mais ils la plaçaient au second rang, c'est-à-dire après la colombine.

Pendant longtemps, les matières fécales dans les villes fu-

rent jetées dans les rues ; l'odeur infecte qu'elles développaien obligea, vers la fin du douzième siècle, les municipalités à rendre les fosses d'aisances obligatoires. Cette mesure prit naissance vers l'époque à laquelle François I" rendit Tédit qui privait les propriétaires qui n'avaient point fait construire de fosses, des maisons qu'ils possédaient. Cette sévère injonction fut répétée de temps à autre jusqu'à la fin du dixhuitième siècle.

Les vidangeurs (gadouards) devaient conduire les matières aux voiries; les contrevenants aux règlements étaient appréhendés, mis en prison ou battus et fustigés de verges.

Ces matières, après un repos de trois années au moins dans les voiries, étaient enlevées par les agriculteurs; ces derniers ne payèrent aucune redevance jusqu'au 5 mars 1726. Il leut était défendu, dans les environs de Paris, de les faire servir à la culture des légumes et dans les jardins, ou^de les utiliser dans la culture des céréales destinées à l'alimentation de l'homme. On croyait alors, avec Hésiode et Gassianus Bassus, que les matières fécales communiquaient aux plantes une odeur désagréable et qu'elles Içs rendaient nuisibles à la santé. Les contrevenants étaient arrêtés, conduits en prison et condamnés à une amende de 100 livres. Cette pénalité resta en vigueur jusqu'à la fin du dix-huitième siècle, et elle força les cultivateurs à renoncer à l'emploi des matières fécales. L'encombrement des voiries de Paris obligea Louis XY, en 1720, à contraindre les cultivateurs de les enlever. L'ordonnance qu'il rendit à cet effet, le 31 décembre, leur enjoignit en outre d'en faire usage comme auparavant sur les terres labourables et non dans les jardins potagers et les marais.

De 1780 jusqu'en 1835 les vidanges de Paris furent déposées dans les bassins qui existaient à Montfaucon. En 1835,

MATIÈRE PéCALC. 329

on supprima ces réservoirs à cause des émanations putrides qui s'y dégageaient continuellement et qui étaient pour Paris un foyer d'infection, et il fut établi à la Villette, sous le nom de dépotoir, divers bassins dans lesquels on verse chaque nuit les vidanges qu'on extrait des fosses. Ces matières sont ensuite refoulées jusque dans la forêt de Bondy à l'aide d'un siphon souterrain.

Nainre. — Les matières fécales sont ordinairement fluides, molles; elles sont très-solubles, et même plus solubles que toutes celles qui sont employées comme substances fertilisantes. C'est à cette solubilité très-prononcée qu'est due leur action si énergique et si courte.

L'odeur ou Yarome fécal que développent ces excréments est très-fétide et repoussante; il est incontestable qu'elle est cause qu'on répugne généralement à les recueillir et à les employer à l'état frais. Sans l'odeur infecte qu'ils développent, ces excréments seraient recueillis partout avec soin, à cause de leur action remarquable sur les plantes quelles qu'elles soient.

Composiiion. — La vidange comprend deux parties : Tune semi-solide appelée gadoue^ bottelage, bourbassey gras cuit^ et l'autre liquide que l'on nomme eaux vannes. Ces parties mélangées ont la composition suivante:

Matières organiques non azotées 2 ,654

Phosphates. 0,540

Sels divers 0,300

Matières azotées 0,400

Matières terreuses 0,238

Eau '. .. 95,878

En général, la matière solide qui est au fond occupe 1/5, la bourbasse (partie semi-solide) 1/5, et les eaux vannes les 3/5 des fosses.

Li bourbasse est la masse pâteuse qui existe au fond de la fosse, elle marque 9^5 à l'aréomètre; le bandage est semiliquide ou en bouillie claire ^ elle marque 4^4 ; la va/nm grosse marque 3*7 ; enfin la vantie claire indique seulement 2*3.

Les déjections humaines ont été analysées par Berzelius ; elles contiennent :

Débris des aliments 7 ,00

Matière exiractive {particulière soluUe I^ld

Bile * 0,90

Albumine 0 ,90

Sels so!ubles et insolubles. 1 ,30

Matière visqueuse , résine , résidu insoluble* 14 ,00

Eau 73 ,30

Cette analyse donne seulement une idée de la n)iture de ces déjections; leur composition varie selon la nature des aliments et l'activité organique des individus qui les ont produites. L'homme qui se nourrit dechahr et de pain fournit des excréments bien plus actifs, plus fertilisants que celui qui ne consomme que des aliments végétaux.

L'azote de la matière fécale produite à Paris en 1653 représentait, d'après M. Hervé Mangon; 355 millions de fumier dosant 0 40 d'azote.

Quoi qu'il en soit, ces matières renferment assez abondamment des sels ammoniacaux; mais au moment où elles sont produites, elles ne contiennent que des traces d'hydrogène sulfuré. Leur fétidité, due à Thydro-sulfate et au carbonate d'ammoniaque, ne se manifeste que lorsqu'elles commencent à se putréfier.

Poids des mactères. — La bourbasse pèse de 108 à 1 12 kil., le botlelage 98 à 100 kilog., et les eaux vannes 84 à 86 kilog. l'hectolitre, soit en moyenne 98 kilog.

Quantité prodalte par va homme. — La quantité de dé-

MATIÈRE FÉCALB. 331

jection que rend chaque jour un homme adulte Tarie selon la nourriture qu'il consomme et l'état de son organisme. Voici les résultats que l'on a obtenus :

Liebig 0"»,185 0^»,625

Valentin r.. 0 ,191 1 ,999

Barrai 0 ,141 I ,272

Moyennes 0"',15& 1"» ,012

Ainsi un homme produit en moyenne, chaque année, 433 kilog. de déjection, soit 56 kilog. de parties solides et 376 kilog. de parties liquides.

D'après M. Barrai, un enfant de 13 à 15 ans rend chaque jour 84 grammes de matières solides et 520 grammes d'urine^ soit 604 grammes d'excréments mixtes et par an 280 kilog.

Une ville d'un million d'habitants» parmi lesquels il existerait un tiers d'individus non adultes» devrait donc fournir annuellement en déjections mixtes 361000 mètres cubes, soit par habitant moyen 351 litres. En 1853, le cube des vidanges de Paris s'est élevé à 354 000 mètres cubes, soit 340 litres par chaque habitant moyen.

D'après H. Hervé Mangon les 354 000 mètres cubes précités, se divisaient comme il suit : liquides troubles (bottelage) 163000 mètres cubes; matières pâteuses (bourbasse) 39 000 mètres cubes; liquides versés dans les égouts(eaux vannes) 152 000 mètres cubes.

Désiafeeiioa. — L'odeur infecte et repoussante que déve* loppent les déjections humaines a conduit à rechercher les moyens de les désinfecter, afin de rendre leur emploi plus facile, application pour laquelle on a naturellement tant de répugnance.

Les désinfectants que l'on a expérimentés varient dans la manière d'être : les uns sont en poudre; les autres sont

liquides. Quoi qu'il en soit, on doit le» diviser en deux classes :

P Les substances qui agissent par absorption ;

2* Les substances qui opèrent par décomposition.

A. — Au nombre des premières se rangent le poussier de charbon de bois et la tourbe torréfiée ou carbonisée. Ces matières, bien mêlées à la matière fécale, absorbent les gaz qu'elle dégage quand elle fermente, et la rendent, pour ainsi dire, inodore. Ces substances désinfectantes peuvent être employées avec facilité dans toutes les communes, lorsqu'il est question de procéder à la vidange d'une fosse ne contenant, pour ainsi dire, que des parties solides. Il faut 125 à 130 litres, charbon en poudre ou fraisil, pour chaque mètre cube de matières qu'on veut désinfecter. Le poussier de charbon peut absorber jusqu'à 90 pour 100 de son poids d'ammoniaque et 55 pour 100 du gaz hydrogène sulfuré.

Le fraisil pèse de 55 à 65 kilog. l'hectolitre.

Dans quelques contrées, on remplace ces matières par des cendres de four à chaux ou du plâtre. (Voir Engrais commerciaux, Désinfectants.)

B. — Les substances qui agissent par décomposition sont au nombre de deux : le sulfate de fer et le sulfate de zinc.

Le premier de ces sels s'emploie depuis 1762, dissous à la dose de 20 à 30 kilog. par chaque mètre cube qu'on veut désinfecter. Voici comment il opère : l'acide sulfurique se combine avec l'ammoniaque volatil et convertit ce dernier en sulfate d'ammoniaque ou sel fixe, et le fer se combine avec le soufre de l'hydrogène sulfuré et forme du sulfure de fer; alors, les émanations ammoniacales et l'hydrogène sulfuré disparaissent immédiatement et les matières fécales ne conservent plus qu'une faible odeur qui n'incommode pas et qui n'a rien de repoussant.

Aujourd'hui, on a renoncé à l'emploi de ce sel désinfectant, parce que celui du commerce contient un excès d'acide qui colore les eaux vannes en noir et donne lieu à un dégagement d'acide hydrosulfurique, gaz très-délétère, et aussi parce qu*il produit sur les vêtements des taches ineffaçables; on le remplace par une dissolution aussi neutre que possible de sulfate de zinc amenée à 26 ou 32 du pèse-sel. Ce liquide est employé à la dose de 10 à 16 litres par mètre cube; il coûte de 10 à 15 centimes le litre. Il a l'avantage de ne pas colorer le liquide urineux, ce qui a permis, depuis 1849, d'écouler sans inconvénients dans les villes sur la voie publique. Avant de procéder à cet écoulement, on doit s'assurer, en trempant un papier tournesol dans le liquide, que ce dernier n'est plus acide.

Voici comment on opère : on verse dans la fosse la dissolution de sulfate de zinc, on remue les matières afin que la liqueur désinfectante les pénètre complètement et on laisse le tout reposer pendant quelques instants. On opère ensuite la décantation du liquide au moyen de seaux ou par aspiration.

Quoi qu'il en soit, le sulfate de fer et le sulfate de zinc ont l'avantage de conserver aux matières fécales toute leur action fertilisante, puisque le carbonate d'ammoniaque ne peut plus se volatiliser et se perdre par l'influence de l'air et de la chaleur solaire, comme cela a toujours lieu lorsqu'on emploie ces substances fertilisantes dans leur étaf naturel.

vidange des fosses. — Les matières liquides et solides sont reçues dans des fosses fixes ou des fosses mobiles. C'est par exception qu'elles sont projetées dans les égouts ou dans les rivières.

Les fosses fixes doivent être étanches, à angles arrondis et avoir un fond incliné. Leur hauteur sous clef ne doit pas être

moindre de deux mètres. Enfin, il est nécessaire qu'elles soient pourvues d'un tuyaucCévent ou d'une bonne ventilation.

On transporte les matières à Taide de tonneaux ordinaires montés sur des roues, traînés par un cheval et ayant 315 litres de capacité. Les grandes tonnes des vidangeurs contiennent de 1600 à 2500 litres et sont traînées par deux chevaux.

A Lyon, on accorde pour l'extraction cinq heures par fosse de 8 mètres cubes et 30 minutes par chaque mètre cube en sus.

L'extraction se fait de trois manières : lo à la pompe et à la hotte ; 2o à l'aide de tonneaux dans lesquels on a fait préalablement le vide au moyen de pompes pneumatiques mises en mouvement par une machine à vapeur; ce dernier mode d'extraction a été désigné sous le nom de vidatige atmosphérique; 3o au moyen d'une pompe dite à soufQet à double effet que cinq ouvriers mettent en mouvement en agissant sur de longs leviers.

Les Umnmux des fosses mobiles contiennent 100 litres; une famille de dix personnes en remplit un tous les quinze jours environ.

Emploi des excrémeats à réial frais. — On emploie dans

plusieurs contrées les matières fécales à leur sortie des fosses d*aisances. Les procédés d'application en usage varient suivant les localités.

1* Dauphiné. — Aux environs de Grenoble, la vidange des fosses et l'application des matières fécales vertes sur les terres que Ton consacre à la culture du chanvre, se font pendant l'hiver. Le transport de ces engrais s'exécute au moyen de tombereaux découverts, d'une capacité de deux mètres cubes environ. Une fois arrivés sur le.champ où ils doivent être appliqués, on les verse dans des caisses carrées portatives, on les répand sur la terre avec des écopes.

On évalue les frais de transport et d'épandage à 3 fr. le mètre cube.

Auprès de Lyon, dans un rayon assez étendu, mais plus spécialement vers le Dauphiné, le plus ordinairement on les applique aussitôt après leur extraction ; mais dans quelques communes, on les conserve pendant quelque temps dans des fosses creusées en terre avant de les employer.

On les répand en hiver, par des temps de gelée, sur le froment et le seigle en végétation. Au printemps, on les applique pendant les pluies, sur les terres que Ton destine au chanvre, à l'orge et aux pommes de terre.

Dans ces localités, on étend souvent la dose qu'on répand par hectare de trois à quatre fois son volume d'eau pour éviter qu'elle ne nuise à la végétation.

2° Alsace. — Aux environs de Strasbourg, dans un rayon de 12 à 16 kilomètres, les matières fécales sont employées en

Fig. 11. Chariot alsacien servant à transporter les vidanges.

automne ou au printemps. On les transporte sur les terres au moyen de chariots à quatre roues (fig. 1 1), formant une caisse rectangulaire, longue de 3 à 4 mètres, munie d'un couvercle, et d'une capacité moyenne de 36 hectolitres. Ces substances servent à fertiliser les terres que l'on destine au colza ou au tabac.

A défaut de couvercle, on place des bottes de paille sur la

matière, afin d'empêcher son ballottement pendant le transport.

Pour apprécier leur qualité, les Alsaciens, comme les cultivateurs des environs d'Anvers, dégustent les matières fécales : elles sont fertilisantes quand leur saveur est piquante et salée.

3<> Flandre. — Dans les environs de Lille, on applique les matières fécales à l'état liquide après une fermentation plus ou moins longue. {Voir livre V, Engrais uquide, Engrais flamand.)

4' Italie, — Les déjections humaines, en Lombardie, en Toscane sont appliquées pendant Thi ver sur les prairies et dans les jardins; elles servent aussi, comme dans les environs de Grasse ( Var), à fertiliser la vigne , l'olivier et le mûrier; à Lucques, on les emploie dans la culture des céréales.

Quel que soit le procédé mis en pratique, ces matières ne peuvent guère être employées pendant l'été sur des terrains couverts de plantes en végétation, car elles brûlent les végétaux sur lesquels on les r('>pand aussitôt qu'elles sortent des fosses.

Quand on les applique sur les terres en jachère, on les incorpore au sol par le deuxième ou le troisième labour.

5' Belgique. — Dans les environs de Luxembourg, on enr>ploie la gadoue immédiatement au sortir des fosses. On la transporte et on la répand sur les terres au moyen de tonneaux.

Quantité qii*ii faut appliquer. — La matière fécale s'emploie à des doses qui varient suivant la quantité d'eau qu'elle contient, c'est-à-dire suivant sa richesse fertilisante.

Dans le Dauphiné on la répand sur les sols légers quand .elle est naturelle, à la dose de 20 mètres cubes par hectare ; sur les terres argileuses, on en emploie 26 mètres cubes.

La gadoue seule ou matière fécale verte est répandue dans les environs de Lyon à la dose de 10 à 12 mètres cubes. Lorsqu*on emploie seulement les eaux vannes, on en répand de 20 à 22 mètres cubes.

■o4e 4*»eiion. ^ La puissance des excréments de Thomme résulte de la nourriture qu'il reçoit, de la diversité même de sa sustentation. Nonobstant, ces matières ont une action productive très* remarquable : c'est que plus un corps organisé se nourrit de substances azotées et plus ses déjections ont de force fertilisante. Cette action réside incontestablement dans la facilité avec laquelle ces matières se dissolvent, et la promptitude avec laquelle elles agissent sur les plantes. Aussi, leurs eflets, à cause de leur grande solubilité, sontils immédiats, instantanés pour ainsi dire et promptement épuisés. Cela est si vrai que quelquefois, ainsi que l'observe M. de Gasparin, leur action ne se prolonge même pas jusqu'à répoque de la fructification des céréales.

Plaaies pour leaigiielles •■ les eaaplole. — Ces engrais

s'emploient de préférence pour la culture des plantes annuelles, telles que maïs, lin, chanvre, tabac, pavot, etc.

Dans quelques contrées on leur reproche de communiquer un mauvais goût aux plantes. Cette objection est*elle fondée? M. Payen, qui s'est préoccupé de la pénétration des substances solubles à odeur désagréable dans les plantes, et qui a reconnu, ainsi que l'avait déjà constaté de Saussure, que, loin de choisir, les radicelles absorbent tous les liquides, ceux mêmes qui leur nuisent et peuvent les faire périr, a observé que les engrais à odeur infecte et repoussante ne donnent pas de mauvaise odeur aux produits récoltés, si la dose de la substance fertilisante n'excède pas les proportions assimilables. L'expérience prouve chaque jour, en etlety que lorsqu'un engrais infect est appliqué dans une u 22

proportion faible, et complètement incorporé à là eoucbe arable, aucune des parties des plantes n*a d'odeur et de goût désagréables. Il faut que le sol soit gras, très-substantiel, que la matière fécale ait été appliquée à une dose très-forte, pour que les plantes, fourragères ou alimentaires, laissent à désirer quant à la qualité.

Valeur eominereiaie. — La matière fécale se vend à riiectolitre ou au mètre cube. A Lyon, elle est livrée au prix de

2 fr. le mètre cube ; à Grenoble, elle se vend 3 à 4 fr. ; en Alsace, 4 fr. 50 à 5 fr.; aux environs de Paris, de 5 à 6 fr.; à Bruxelles, de 7 fr. 50 à 10 fr.; à Anvers, 15 fr.

Les cultivateurs qui se chargent de la vidange ne payent en Belgique que 0 fr. 40 à 0 fr. 70 Theciol.

Le mètre cube de vidanges non additionnées d'eau est vendu à Strasbourg 3 fr. 70. A Lille, son prix ne dépasse pas

3 fr. 20, soit 40 c. le baril de 125 litres.

A Lyon, on vend quelquefois la bourbasse et les eaux vannes séparées. La première est livrée à raison de 2 fr. 75 à 3 fr., et les secondes au prix de 1 fr. 50 à l fr. 75 le mètre cube.

La Société Richer, qui a affermé le réservoir de Bondy moyennant une redevance annuelle de 0 fr. 80 le mètre cube, vend les eaux vannes sur le canal de l'Ourcq par bateaux de 40 mètres cubes, au prix de 1 fr. 25 le mètre cube.

Les prix de transport et les droits du canal sont fixés comme il suit :

Villages. DisUnces. Transporis. Droits.

Viilepinte 8 kil. 1' ,50 le m. cube. 2', 00 p' les 40 m. c.

Glaye 18 — 2 ,00 — 3,60 —

Meaux 30— 3 ,50 — 9,60 —

Depuis quelque temps la partie solide des excréments humains s'expédie à de grandes distances de Paris. Le chemin de fer d'Orléans et celui de TËst, dans le but de rendre

ces transports le moins onéreux possible, ont réduit leurs tarifs à 5 centimes, tous frais compris, par tonne et par kilomètre.

BépeMses qB*«ee«al«BB« la TMaage 4«s tmmmmm. — A

Paris, une fosse de 12 mètres cubes coûte, pour être vidée, 6 fr. 50 par mètre cube. Une équipe de cinq vidangeurs vide trois fosses par nuit. Le chef est payé 7 fr. et les aides 4 fr.

L'écoulement des eaux vannes désinfectées, à Taide du sulfate de zinc, de la couperose verte, etc., donne lieu à un droit, au profit de la ville de Paris, de 1 fr. S5 par mètre cube calculé sur la contenance totale de la fosse.

Quelquefois on paye l'extraction de la bourbasse à raison de 1 fr. 80 à 2 fr., et l'enlèvement des eaux vannes de 0 fr. 80 à 1 fr. le mètre cube.

BIBUOGRAPHIE.

Colancllc. — />e re ruttica, lib. Il, cap. xiv.

BMier. — Goura d'agriculture, 1783, iii-4, t IV, p. 331.

m^mwj, — Emploi des matières fécales, 1801, in-8.

Beraelliui. — Annales de chimie, in-S, t. LXI. p. 321.

TeMler. — Annales de l'agriculture française, an vi, t. V, p. 47.

Haorlce.— Traité des engrais, 1806, in-8, p. 67.

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