‹ Les matières fertilisantesChapitre 70 sur 116 · DÉBRIS DE CORNES · texte numérisé non relu

DÉBRIS DE CORNES

Les débris ou les déchets des tourneurs de corne, des ta • bletiers, des peigniers, existent dans un état convenable de division.

Les râpures de cornes minces et grosses pèsent de 20 à 25 kilog. l'hectolitre. Les cornes ou sabots divisés pèsent davantage : leur poids varie entre 60 et 65 kilog. la même mesure.

Ces rognures ou débris s'en\ploient à raison de 900 à 1200 kilog. par hectare.

En Allemagne, les ouvriers tabletiers, etc., mêlent ordinairement ces débris avec du fumier et les emploient à fertiliser les terres sur lesquelles ils cultivent les pommes de terre. Schwerz rapporte que les cultivateurs qui connaissent les propriétés de ces engrais leur abandonnent volontiers la jouissance gratuite d'un champ pour une année, à la condition d'y cultiver des pommes de terre, sachant très-bien que les récoltes suivantes, pendant plusieurs années, payeront largement le prix de la location.

Thaër en a obtenu des résultais très -satisfaisants; toutefois, il a constaté que les râpures, à cause de leur action prompte et énergique, peuvent occasionner la verse des céréales qui y ont de la disposition, et qu'il convient dès lors de consacrer ces substances fertilisantes aux terrains destint^s à des plantes qui ne craignent pas un excès d'engrais.

A B )logne, on les emploie dans la culture du chanvre.

A Paris, les râpures de cornes se vendent de 16 à 18 fr. les 100 kilog. A Marseille, ce prix s'élève jusqu'à 24 et 26 fr.

Les sabots, les cornes, les ongles divisés en petits fragments valent à Marseille de 25 à 28 fr. les 100 kilog.

SECTION m. •

Crins, poUs et plvmes.

Les crinSy les poils, les plumes, lorsqu'on peut s'en procurer à bas prix, doivent être employés comme matières fertilisantes; leur action est lente, mais elle est très-favorable aux végétaux. '

MM. Boussingault et Payen ont reconnu que les plumes contiennent 12,90 pour 100 d'eau et 15,34 d'azote; les poils et crins 8,9 pour 100 d'eau et 13,78 d'azote.

Les plumes, à cause de leur grande légèreté, ne doivent être conduites sur les terres que par un temps brumeux et calme. On peut aussi les mêler à une petite quantité de fumier.

En Alsace, où l'emploi des plumes est connu depuis trèslongtemps, les cultivateurs en appliquent 35 k 40 hectolitres par hectare sur les champs destinés à la culture du froment.

Dans le Bolonais, les plumes sont employées avec succès dans la culture du chanvre.

M. Ponturier a employé, en 1851, le crin comme engrais à la dose de 400 kilog. à l'hectare; cette quantité a excité d'une manière remarquable la végétation du froment d'hiver.

Page 1