‹ Les matières fertilisantesChapitre 82 sur 116 · VASE ET UMONS D'EAU DOUCE · texte numérisé non relu

VASE ET UMONS D'EAU DOUCE

menty où Tanguille et la carpe sont peu abondantes, ne produisent que des dépôts siliceux et peu chargés de débris végétaux et animaux. Les étangs et les cours d'eau alimentés par des eaux qui ont traversé des centres populeux, et dans lesquels les herbes aquatiques et les poissons sont trèsnombreux, donnent toujours des vases grasses et fertilisantes.

Extra«HiMi. — La vase s'extrait le plus ordinairement pendant la belle saison, c'est-à-dire lorsque les étangs ou les cours d'eau sont à sec. Son enlèvement est une opération assez délicate, et d'autant plus onéreuse qu'elle est plus chargée d'humidité. Au fur et à mesure qu'elle est extraite, on la dépose sur le rivage, sur un endroit plus élevé que les plus hautes eaux.

On évalue, d'une manière générale, à 1/20 de mètre cube la vase qu'on peut extraire chaque année par mètre courant de ruisseau à pente peu prononcée et alimenté par des eaux chargées de parties limoneuses.

On ne doit pas la conduire immédiatement sur les terres arables : 1" parce qu'elle est très-pesante quand elle est humide; 2*» parce qu'elle produit peu d'effet quand elle est verte. Il faut la laisser se mûrir pendant une année sur le bord de l'étang ou du cours d'eau duquel elle a été extraite. Ainsi abandonnée à elle-même et à l'action de l'air et du soleil, elle se modifie très-avantageusement : elle fermente, se divise ou se délite et devient plus légère.

Dans le but de pouvoir l'utiliser plus promptement et la rendre plus fertilisante, on y mêle souvent de la chaux vive, qui aide à la désagrégation des parties terreuses, à la décomposition des herbes aquatiques , des feuilles, des débris animaux et qui saturent l'acide hydrosulflirique qui se dégage en plus ou moins grande abondance des vases boueuses.

lie mélange doit être recoupé au bout de cinq à six semaines.

I II faut opérer ce mélange au printemps ou en été et par un beau temps.

r«i«s eu Mètre e«be. — La vase fraîche pèse de 1200 à 1500 kilog. le mètre cube, selon la quantité de sable qu'elle contient. Sèche et pulvérisée elle pèse de 800 à lOOO kilog.

Appiieattoa. — Les vases s'appliquent le plus ordinairement sur les sols légers, les terres siliceuses ou calcaires; on peut aussi Jes conduire sur des terres tourbeuses ou des sols de bruyère. Cette application ne doit avoir lieu que lorsqu'elles sont sèches ou lorsque le sol a été durci par une forte gelée.

Un homme charge un mètre cube de vase dans un tombereau en 20 à 30 minutes.

Qvamiié par heeiare. — Quand ces engrais sont trèsriches en parties végétales et animales, on les emploie à la dose de 60 à 100 mètres cubes par hectare.

Mode d*aetion. — En général, Taction fertilisante de ces dépôts est d'autant plus grande qu'ils ont été retirés d'étangs très-poissonneux, abondamment couverts de roseaux, de plantes aquatiques, ou alimentés par des eaux vaseuses, de rivières.

Ces engrais, à cause des parties terreuses et organiques qui les composent, ont à la fois une action mécanique et une action fertilisante. Aussi les emploie-t-on souvent pour modifier avantageusement la texture des sols trop légers ou perméables, des terrains qui, durant les temps de sécheresse, ne fournissent pas une suffisante quantité d'humidité aux plantes cultivées.

Les limons de rivières ont des effets aussi durables et aussi fertilisants que les vases d'étangs; tantôt ils sont très-

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siliceux, d'autres fois ils forment des dépôts onctueux trèsriches en matières organiques.

Plantes qvi ««Ivent son application. — L'emploi des vases d'étang appliquées à raison de 100 mètres cubes par hectare sur d^ terres légères siliceuses ou calcaires, doit être suivi par une culture de betteraves, de carottes, ou par un froment ou une avoine. Toutes ces plantes y réussissent très-bien si la vase est riche en matières organiques. (Voir Colmatage, La France agricole.)

La vase qu'on doit appliquer sur des terres très-calcaires ou crayeuses peut être suivie par un sainfoin. Dans cette circonstance il n'est pas nécessaire de lui ajouter de la chaux vive. Cette substance alcaline n'est utile que si la vase doit être conduite sur les terrains qui renferment peu ou point de carbonate de chaux.

GHAt^ITRE IV.

Vas« de mer.

Définition. — Composition. — Mode d'emploi. — Terrains sur lesquels on 1 s applique. — Quantité par hectare. — Plantes qui suivent leur application. — Mode d'action.

Déflnitioii. — Les dépôts terreux formés par la mer sur les plages, dans les baies, sont désignés sous des noms bien différents. Ici, ils sont connus sous le nom de limon de la mer, lais de mer, vase de mer; là, on les nomme marne, vase bleue, argile bleue, etc. ; ailleurs, on les désigne sous le nom à!engrais de mer ou de mare. Ces engrais sont très-employés dans la Basse-Bretagne.

€«iiipo8itUn. — Ces vases contiennent ordinairement des débris d'animaux, de végétaux marins, de coquilles d'huîtres, de moules, etc., alliés à une plus ou moins grande proportion de substances alcalines et terreuses.

Licur couleur varie du gris au noirâtre. Elles exhalent du gaz hydrogène sulfuré.

Voici diverses analyses de vases de mer. Les deux pre- mières ont été faites par MM. Moride et Bobière; les autres par M. Besnon.

Vase Vase

de Saint- Malo. de BouroeuF.

Matières or^^aniques 3,00 0 ,70

Carbonate de chaux 30,80 4,00

Sels solubles 1 ,70 1 ,40

Alumine, silice et oxyde de fer. . . . 59,30 86 ,.30

Magnésie 5 ,20 »

Acide sulfurique » 7,60

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