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LIQUIDES D'ORIGINE ANIMALE

SECTION I

Urines et parla.

Variétés. — Composition. — Quantité d'urine produite.-^ Mode d'emploi. — Moyens employés pour arrêter la fermentation. ~ Plantes- sur lesquelles on les emploie. — Urines employées dans la confection des-composts.

L'urine est un liquide sécrété par les reins. On l'emploie comme engrais, soit fratche,. soit après l'ayoir laissée fermenter.

On donne le nom de purin aux urines des animaux qui ont fermenté dans des fosses et au liquide qui s'écoule des tas de fumiers.

Variétés. — A. Urine humaine. — Cette urine a une odeur aromatique particulière qui disparaît par le refroidissement; sa couleur varie du jaune clair au jaune brun. Quand elle est produite elle est acide; mais au bout de quelques jours elle devient plus p&le, acquiert une odeur désagréable et ammoniacale. C'est alors qu'elle devient trouble et que se dépose le phosphate ammoniaco-magnésique. Peu à peu

URINES ET PURTN. 573

d'au(res sels se déposent en cristaux et Turine devient brune et fétide.

B. Urine chevaline. — Cette urine se distingue par sa couleur rougeAtre et une odeur qui lui est particulière. Elle a une réaction alcaline.

C. Urine bovine. — L'urine des bêles bovines est assez limpide; sa couleur est jaunâtre, assez intense.

D. Urine porcine, — Celte urine est très-limpide, mais son* odeur est pénétrante et désagréable.

Composition — Ces divers liquides diffèrent entre eux par leur composition.

Voici les résultats que Ton a constatés par l'analyse : 2^ Urine du cheval.

fiousftingaulL Bibra.

Matières organiques 4-831 4 ,710

Matières minérales 4 ,093 4 ,000

Eau •. 91,076 91,284

Cette urine ne contient pas de phosphates, mais elle est riche en sels de potasse.

3*» Urine du bœuf.

Girardiii. Bibra.

Matières organiques 5 ,548 5, 207

Matières minérales 2 , 696 3 ,592

Eau 91,756 91,201

BooMiDgault. Bibra. * Girardio.

Matières organiques 4 ,590 5 ,207 5 ,548

Matières minérales 3,280 3,592 2,696

Bau 92,130 91,201 91,756

Cette urine contient aussi des sels de potasse. 1° Urine humaine.

Berzélius. I.cbiuai.n.

Matières organiques 3, 140 3,480

Matières minérales 3,560 2,892

Kau 93,300 03,628

Cette urine contient plus de 3 pour 100 d*urée et près de 2 de phosphate de soude d^ammoniaque.

4® Urine du porc.

Bibra. Girardin.

Matières organiques ^ G ,80T 0,524

Matières minérales 1,097 1,596

Eau 98,096 97,880

Cette urine ne contient pas d'acide hippurique.

En général, les urines renferment des sels ammoniacaux, de Turée et des sels de potasse et de soude. Voici comment se classent ces liquides , d'après les plus grandes Hdiesses en:

MaiièrcB organique». Matières silioes. Eau.

Urine du bœuf. Urine du cheval. Urine du porc.

— du mouton. — du bœuf. — de l'homme.

— de l'homme. — du mouton. — du mouton.

— du cheval. — de l'homnae. — du bœuf.

— du porc. — du porc. — du cheval.

Voici, d*après MM. Boussingault et Payen, la quantité d'azote que contiennent les urines à Tétat normal :

Urine du cheval 1 ,83 pour 100.

— de l'homme : 1 ,45 —

— de la vache 1 ,08 —

— . des pissoirs 0 ,72 —

-— deporcs * 0,23 —

L'ammoniaque ne se trouve qu'en irès-minime proportion dans Turine fratche des herbivores.

Cette substance est aussi plus ou moins abondante dans l'urine humaine, selon l'âge des individus. M. Boussingault a constaté les faits suivants :

Urine produite par un enfant de 8 ans 0 ,028 pour 100.

— par un homme de 20 ans. . . 0,114 —

— par un homme de 46 ans... 0,140 —

La quantité d'urée et de matières minérales dissoutes dans

Turine varie selon les individus. Ainsi elle est moindre chez les femmes, encore moindre chez les vieillards, et plus faible encore chez les enfants d*un Age peu avancé.

Qnaatlté d*iirliie produite. — A. Urine humaine, — La quantité d'urine qu'un homme évacue dans les vingt^quatre heures varie selon diverses causes. En général, la sécrétion urinaire augmente en été et elle diminue en hiver; en oulre, elle est moindre dans les contrées chaudes que dans les localités froides.

Voici les quantités moyennes qu'un homme rend en vingtquatre heures.

Banal 1^",272

Becquerel 1 ,228

Lecanu 1 ,268

Valentin , 1 ,199

Rayer 1 ,156

Lehmann 1 ,052

Moyenne 1^'»,196

{\e résultat moyen donne une production annuelle de 436 kil. d'urine. Cette quantité concorde avec la moyenne des chiflres résultant d'observations faites par Sauvage dans le midi da la France, Robinson etKiel en Ecosse, etGorleren Hollande. D'après W. Johnston, en Angleterre, chaque individu produit environ 450 kilog. d'urine par an.

2. Uriîie chevaline. — Un cheval donne en 24 heures, suivant :

MM. Boussingaull 4'''', 323

Valentin 5 ,000

Moyenne 4"', 662

Soit par an 1700 kilog. ou environ 17 hectolitres. B. Urine bovine^ — Une vache produit, d'après

MM. Boussingault 12"»,013

W. Johnston 10 ,920

Moyenne Il^",466

b76 ENGRAIS U^UIDES.

Soit par an 7183 kilog. ou près de 42 htctolitres. Norton porte cette production à 6000 kilog.

Poids de l'hecioiitre. — Un hectolitre d'urine pèse de 100 à 102 kilog.

■ode d'emploi. — On emploie les urines et le purin de deux manières :

I** On les conduit sûr les terres arables ou les prairies au moyen de tonneaux semblables à ceux dont on se sert pour répandre Vendrais flamand.

t" On les dirige par la gravitation seule au moyen de rigoles ouvertes et superficielles semblables à celles qui servent à arroser les prairies dans la méthode dite irrigation par rejn'ise (Teau, Ainsi , après avoir creusé des rigoles, suivant la plus grande pente, on en ouvre d'autres qui sont presque de niveau. Alors, l'engrais liquide se répand en nappe r^ulière sur le gazon. Quelquefois, on se borne à creuser des rigoles parallèles à la pente, comme cela a lieu dans la méthode dite irrigation ordinaire.

Les urines des animaux que l'on recueille dans des fosses situées près des étables et des écuries ne sont pas employées fraîches ; il en est ainsi des urines produites par l'homme et que Ton recueille dans les Tilles. Ces liquides doivent éprouver, avant leur emploi, un commencement de décomposition.

Pour atteindre ce but, on les laisse fermenter ou putréfier dans les fosses qui les ont reçues, pendant quelques mois, afin qu'elles perdent leur action corrosive et qu'elles ne brûlent plus les plantes. Toutefois, comme par suite de la putréfaction toute l'urée se transforme en carbonate d'ammoniaque, sel qui est très-volatil, on a reconnu depuis longtemps que l'urine fraîche avait sur les plantes des effets beaucoup plus apparents que celle qui s'était putréfiée peu à

peu dans les réservoirs ; c'est pourquoi beaucoup de cultivateurs la mêlent à trois ou quatre fois son volume d'eau , et l'emploient immédiatement pour arroser les prairies ou les terres arables. Mais quelque favorable que soit ce mode d'emploi, on ne doit pas l'adopter quand on peut disposer, chaque semaine, d'une forte quantité d'urines, parce qu'il exige beaucoup d'eau et nécessite l'entretien d'un matériel plus considérable et d'un plus grand nombre d'animaux de travail. Du reste, l'addition d'une forte quantité d'eau augmente considérablement les frais d'application et le prix de revient de cet engrais liquide.

Parent-Duchâtelet a constaté que 50 litres d'eau rendent peu odorante un litre d'urine, et que 250 à 300 litres lui enlèvent complètement son arôme.

■oyeiiB employés ponr empéeher la fermeBtmtion. — On

prévient la fermentation ou la putréfaction des urines en y mêlant des sels ou des acides.

Les sels qu'on peut employer sont au nombre de trois :

l*" Le sulfate de fer qft^on emploie à la dose de 6 à 7 kilog. pour 100 litres d'urine;

2"* Le sulfate de soude qu'il faut mêler dans la proportion de 5 à 6 kilog. pour 100 ;

S"" Le sulfate de chaux qu'on emploie à la dose de 6 à 8 kilog.

Sous l'action de ces sels le carbonate d'ammoniaque se transforme en sulfate d'ammoniaque, sel fixe dont les effets sur les plantes sont moins passagers; et le sulfate de fer, le sulfate de soude ou le sulfate de chaux se convertissent en carbonate de fer, de soude et de chaux.

Cette double décomposition est utile , en ce que l'urine ne pouvant plus se puiréfier conserve ses propriétés fertilisantes.

578 ENGRAIS UQUIDES.

On peut remplacer ces sels par 1 ou 2 kilog. d'acide sulfurique ou d'acide chlorhydrique. Le premier de ces acides transforme le carbonate d'ammoniaque en sulfate, et le second en chlorhydrate, sel peu volatil.

M. H. Bayard a proposé de remplacer ces sels et ces acides par le goudron de houille. Un kilogramme de ce goudron suffirait pour préserVer 100 litres d'urine de la fermentation ammoniacale. Ce goudron se vend, comme le sulfate de fer, à raison de 8 à 10 fr. les 100 kilog.

Ces moyens de désinfection doivent fixer l'attention des cultivateurs qui peuvent acheter dans les villes des urines humaines. Ces procédés économiques ont l'avantage de prévenir la volatilisation de l'ammoniaque et le développement d'odeurs nauséabondes, d'émanations insalubres.

On a prouvé que la volatilisation de 60 kilog. d'urine prive l'agriculture d'un kilog. d'ammoniaque.

Plantes sur lesquelles on les emploie. — Les urines fermentées et celles auxquelles on a ajouté des sels ou des acides, sont ordinairement conduitej, sur les prairies naturelles ou artificielles, et les céréales en végétation. Il n'en est pas de même de celles nouvellement produites. On doit les conduire sur les terres labourées ou sur les prairies, si celles-ci sont couvertes de neige, ou si elles ont été détrempées par des pluies abondantes. Appliquées par des temps secs sur des gazons ou des plantes en végétation , elles nuiraient à leur existence.

Urines employées dans In eonfecllon des eomposts. —

Lorsque la quantité d'urine d'homme et d'animaux dont on peut disposer, n'est pas assez forte pour qu'on puisse se procurer le matériel nécessaire pour efléctuer son transport sur les terres ou sur les prairies, il faut la faire absorber par des plantes sèches, de la tourbe ou des déchets de

grange. On peut aussi l'employer pour arroser des substances terreuses, telles que marnes, curures de fossés, boues de ville. Quand ces substances sont saturées d'urine, on les conduit sur des prairies naturelles ou artificielles de longue durée. On peut encore faire servir les urines à l'arrosement de composts de terre, de chaux, de feuilles, etc.

Valeur eonmiereUle du parla. — Le purin de vacherie se

vend en Flandre de 0 fr. 50 cent, à 1 fr. l'hectolitre.

BIBUOGRAPHIE.

fliebwers. — Préceptes d'agriculture pratique, 1839, in-8, p. 191. t. —Economie rurale, 1861 , in-8, 1. 1, p. 793.

SECTION II

Llxler ou lAmée.

Suisse, — GûUe. Allemand. — Mist-Waser.

Historique. — Nature. — Fabrication. — Application . — Quantité qu'on peut fabriquer. — Quantité qu'on emploie. — Plantes sur lesquelles on l'emploie. — Action fertilisante. — Bibliographie.

Historique. •» On emploie en Suisse un engrais liquide fabriqué avec de l'urine, des déjections et de l'eau. Cet engrais est principalement en usage dans les cantons de Zurich, d'Argovie et de Berne. Il est aussi employé dans divers États de TAllemagne, en Belgique , dans le Tyrol, ainsi que dans la Toscane.

Cet engrais a été imaginé, il y a plus d'un siècle, par un simple cultivateur dont le nom est resté inconnu. G*est certainement le manque de litière, l'étendue considérable des prairies, l'élevage des bétes bovines, qui ont conduit les habitants de la Suisse à adopter ce moyen de fertilisation, qui est devenu, d'après TschifTeli, la source de la prospérité et de l'aisance des habitants des environs du lac de Zurich.

Natore. — Le lizier bien préparé est un liquide muqueux, d'une consistance huileuse, d'une couleur brune verdâtre, sans odeur désagréable, et rarement mousseux.

Il contient 78 pour 100 d'eau et 0,55 d'azote.

Fabrication. — La préparation du lizier exige que les étables présentent une disposition intérieure particulière, et qu'elles soient garnies extérieurement de plusieurs fosses.

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